OUI
Pa
Fig. 92.
Travail des muscles de Tabdomen.
A. Tracé des mnscles de Tabdonien. — B. Tracé des mouTements de la colonne d'air parlante (les vibrations sont représentées schématiquement). — 1,1', 2, 2', débat do travail phonateur. — a, contraction des muscles de rabdomen pour la svUabe /a prononcée d'une voix modérée. — h^ contraction musculaire pour la même syllabe dite d'une façon très
énergique.
indice du travail vocal. Ainsi, dans la figure 92, le tracé supérieur (B), qui est celui de la colonne d'air prise au sortir de la bouche, ne fait connaître que le moment de l'explosion; mais le tracé de la contraction musculaire de l'abdomen (A) nous montre, en se redressant, l'instant précis où le mécanisme de la parole s'est mis en branle.
ÊXPLOftAÏlON DE lVpPAREIL RESPIRATOIRE 443
Certaines consonnes sont caractérisées par l'intervention des muscles expirateurs. Ce sont :
I** Les aspirieSy qui se distinguent nettement, à ce point de vue, de toutes les autres consonnes, y compris le ch dur allemand ;
2° Les consonnes dites redoublées ^ qui diffèrent des simples par l'intensité et la durée. Comparer (fig. 92) papa et oui ppa. L'amplitude du tracé (A) marque l'intensité de l'effort.
Les autres articulations ne demandent une action bien sensible des muscles expirateurs que dans la prononciation énergique. Comparer (fig. 92) pa prononcé d'une voix modérée (a) et dit avec effort (i). Si donc on voulait juger, par le travail musculaire de l'abdomen, de l'intensité relative des syllabes, il faudrait parler d'une voix forte et animée.
En dehors de l'exploration musculaire, nous pouvons encore, et même plus commodément, reconnaître le soufHe phonateur, en le recevant au sortir de la bouche et du nez dans le spiromètre ou le tambour à levier. Il y a cette différence entre les deux procédés que le spiromètre convient uniquement aux articulations isolées, tandis que le tambour peut également bien servir po'ur les groupes de syllabes (voir p. 131). La figure 92 montre la concordance des tracés de l'air expiré avec ceux des muscles expirateurs.
L'air est conduit hors des poumons par un canal rigide, la tracJm-arUre (fig.99, F), qui nous donne des indications concordantes avec celles des muscles expirateurs. On y ressent, en effet, très bien la pression de l'air comprimé dans les poumons en vue des ?irticulations énergiques et la production de sons très aigus.
Cagniard-Latour a eu l'occasion d'étudier directement,
sur un malade portant une fistule de la trachée, la pression de l'air dans le chant et le cri. Voici les indications fournies par son manomètre introduit dans la fistule :
Chant sur un ton modérément élevé, pression de i6o*"° d'eau; chant sur un ton plus élevé, avec même force de voix, pression de 200""; cris d'appel, 945 "»" *.
Pour l'expiration normale, Valentin avait trouvé une pression de 60°*"; pour une expiration énergique, 140™"*.
La trachée se compose d'une membrane fibreuse, de cercles cartilagineux et de fibres musculaires, le tout tapissé d'une membrane muqueuse. Elle est douée d'une grande élasticité : elle peut s'allonger, se raccourcir, entraînée ou repoussée par le larynx, et se dilater sous l'eflfet de la colonne d'air expiré.
La dilatation latérale de la trachée est saisie très commodément par les deux branches de l'explorateur des lèvres (p. 92) ; sa projection en avant et son mouvement ascensionnel par l'explorateur du larynx (p. 99).
ARTICLE II Larynx.
Le larynx est l'organe producteur du son proprement dit. Il est situé au sommet de la trachée-artère et maintenu en
1. De Meyer, Les organes de la parole^ p. 142. — Pour deux expériences analogues sur le ton normal, voir : C. R. deTAc. des se, t. IV (1837), p. 201 (cas Legris, 160™"); journal LInstituty 1837, p. 131 (cas Jeanne Colar, 130™**).
2. Ibid.y p. 141. — Le nez fermé, l'air était repoussé dans un manomètre assujetti à la bouche.
tARYNX 24s
position par des muscles qui le rattachent à l'os hyoïde et à la base supérieure du thorax. La charpente du larynx est formée de plusieurs pièces canikgîneuses (fig. 93) :
:, vue d£ Il face posrfrieure.) A. Caitilage ihytoldc. — B. Culiluc vjitnoidt. — C. Canibgn cnrni D. CiRitige cncolde. — £. Ot hyoldt.
i" Le cartilage crtcoîde (xpixoç, anneau), D, qu'on peut comparer à une bague dont le chaton serait tourné en arrière, est relié par une membrane au premier anneau de la trachée et sert de point d'appuîpour les cartilages thyroïde et aryténoïde.
2" Le cartilage thyroïde (OupEc?, bouclier), ou pomme d'Adam, A, s'articule par ses cornes inférieures avec le
cartilage cricoïde, auquel il est uni dans sa partie moyenne par une membrane très élastique et très résistante (cricothyrotdientK). Il est relié ;\ l'os hyoïde : sur les côtés, par ses cornes supérieures et de petits cordons fibreux (les ligaments ihyro-hyoUiens) (fig. 97, i); au milieu, par la membrane/fryro-i^wyjVnnf (fig. 96, s\ 97, /");
3° Les cartilages arylénoïdes (àp^Taiva, vase pour puiser), B, ont la forme d'une pyramide triangulaire et, au nombre de deux, s'articulent par leur base avec le bord supérieur du cartilage cricoïde. En avant et en arrière des fecettes
t. Cmîitf,t ihyroldt: A. i
Larynx (coupe ugittalï).
articulaires, les bases des aryténoïdes se prolongent par deux apophyses, l'une interne, l'autre externe.