EXPLORATION DU LARYNX
brane thyro-hyoïdienne, pour obtenir le résultat voulu. L'explorateur électrique (p. 103) se place plutôt de façon à atteindre par son bord supérieur les cornes de l'os hyoïde. La capsule ouverte (p. 97) doit être introduite latéralement entre les cornes de l'os hyoïde et l'échancrurç du thyroïde, en avant des cornes; on se trouve, en cet endroit, dans le voisinage du sommet des aryténoïdes, et les vibrations s'y font sentir avec une plus grande amplitude. Du reste, la place la plus avantageuse pour l'exploration n'est pas la même chez tous les sujets : avec un peu de tâtonnement, on arrive vite à la trouver.
Ce n'est pas seulement sur le larynx que nous pouvons en recueillir les vibrations. La colonne d'air qui sort par la bouche et le nez nous les livre, modifiées sans doute, mais fidèlement reproduites pour le nombre et la place. La poitrine, l'abdomen tout entier, et, dans la région supérieure, les muscles qui forment le plancher de la bouche, la langue, les lèvres, les ailes du nez, le dessus du crâne même, vibrent à l'unisson du larynx et se Laissent explorer par l'embouchure de caoutchouc représentée figure 60, mise en communication avec un tambour rigide.
Lorsque les cordes vocales entrent en vibration, la glotte est fermée; lorsque le soufiîe sort librement, la glotte est ouverte. Il y a une position intermédiaire où les cordes vocales sont moins rapprochées que dans l'émission de la voix, moins écartées que dans le souffle. Cest cette position qu'elles prennent, par exemple, dans le chuchotement des sons laryngiens. Dans ce cas, le mouvement normal est exécuté, mais seulement d'une façon incomplète. On peut juger du degré de fermeture de la glotte par la quantité d'air qu'elle laisse passer, soit d'après les tracés de la cage thoracique, soit d'après l'exploration buccale.
Les mouvements auxquels obéit le larynx se font dans le sens vertical et dans le sens horizontal. Tous ces déplacements, qui varient suivant la pression de Tair dans la trachée, la tension musculaire, l'élévation de la langue, fournissent le moyen d'isoler plusieurs articulations, d'apprécier le degré d'intensité, de reconnaître l'élévation et l'abaissement du ton. M. Martel * a obtenu isolément les tracés du cricoïde et du thyroïde pendant la respiration normale et dans le chant. Celui du thyroïde reste toujours à la même place; celui du cricoïde monte à mesure que la voix s'élève. Les mouvements verticaux et horizontaux du larynx sont aisément recueillis avec l'appareil décrit p. 99.
ARTICLE m
Pharynx et voile du palais.
Pharynx. — Le pharynx est une sorte de carrefour où arrive l'air expiré au sortir du larynx et d'où il se dirige vers l'extérieur, soit par la bouche, soit par le nez, soit par les deux issues à la fois, une sorte de soupape suspendue à Tentre-croisement des deux voies, le vcdle du palais, pouvant obstruer l'une ou l'autre ou les laisser libres toutes les deux.
I . Étude expérimentale sur les fonctions du muscle cricathyroïdien, dans Archives de ùhysiologie, 1883, t. I, p. 582.
Fig. 99- Coape sagittale de U face ei
».».^l B". Vniibuli; £". Rtffoa •nblinguile. - — D. Oùaphigc. — t". Lorynii, — F. Trith*i-i |. CmiKt moytn. — 4. Corntt infirïe
On divise le pharynx en trois portions (fig. 99) : nasale (C), buccale (C), laryngienne. Les dimensions de chacune, à l'état de repos, sont :
Longueur
Diamètre Diamètre
transversal antéro-postérieur
Portion nasale 4*"™» 5 4*"" 2""
Portion buccale .... 4 5 4
Portion laryngienne. 5 de 3 à 2 2
Au moment de la déglutition, le pharynx peut perdre le quart de sa hauteur totale, soit de 3 à 4^"*.
Le pharynx se compose de trois couches superposées : la muqueuse, la couche fibreuse ou aponévrose, et la couche musculeuse.
L'aponévrose (fig. 100, 4; 10 1, /;) constitue la charpente du pharynx, mais elle n'occupe que la paroi postérieure et les parois latérales.
Les muscles du pharynx, pairs et symétriques, sont de chaque côté au nombre de cinq : trois constricteurs et deux élévateurs.
Les muscles constricteurs (fig. 100) se distinguent en supérieurÇi; fig. loi, f), moyen (2; fig. 102, ^; fig. 103, 9) et inférieur (j ; fig. 102, 70), qui s'imbriquent de bas en haut, l'inférieur recouvrant en partie le moyen, et celui-ci le supérieur. Leur action commune consiste à porter en avant la paroi postérieure du pharynx et à rapprocher l'une de l'autre les deux parois latérales. Les deux infé-r rieurs, possédant des points d'appui fixes sur le raphé de l'aponévrose pharyngienne, et une extrémité mobile sur l'os hyoïde ou sur le larynx, ont encore la propriété de soulever, en même temps que l'os hyoïde et le larynx, la partie inférieure du pharynx, qui leur est intimement unie.