‹ Principes de phonologieChapitre 59 sur 60 · TAMOUL · texte numérisé non relu

TAMOUL

M. Meile, professeur de langues de l'Inde à l'École Nationale des Langues Orientales Vivantes, a bien voulu examiner les passages des « Principes de Phonologie » relatifs au tamoul, notamment les pp. 159-160, 186, 307, 309, 313. Il me communique les remarques suivantes :

Il n'y a pas en tamoul cinq, mais six classes de localisation des consonnes : labiales, apicales plates, apicales alvéolaires, apicales rétrollexes (donc trois séries apicales, fait inconnu ailleurs), dorsales prépalatales, dorsales postpalatales. Le phonème que Troubetzkoy appelle, selon l'usage, R, n'est pas une sonante, mais la bruyante alvéolaire : à l'intervocalique, ce phonème est réalisé comme spirante sonore, ce qui fait qu'on entend quelque chose qui ressemble à un r, mais s'il est géminé, on entend approximativement ^fZr, et le groupe NR est perçu à peu près comme ndr ; en outre, géminé ou devant une autre bruyante, cet R n'est pas sonore : le groupe Rk est sourd. Ce phonème ne se rencontre jamais à l'initiale : en effet la seule apicale admise à l'initiale est î, les apicales alvéolaires et rétroflexes étant exclues.

A l'initiale, les quatre autres bruyantes sont plutôt réalisées comme des spirantes sourdes que comme des occlusives aspirées. A l'intérieur du mot, entre voyelles, les bruyantes sont réalisées comme des spirantes sonores (donc y et non x), à la seule exception de ç, qui est toujours sourd à l'intervocalique. Après r, les bruyantes ne se rencontrent que géminées (occlusives sourdes) ; /î ne se trouve jamais en contact avec r.

En ce qui concerne les sonantes, on peut proposer les correspondances suivantes : y semble la sonante de la série prépalatale, / celle de la série apicale rétroflexe, v celle de la série labiale ; / est la sonante de la série apicale alvéolaire, tandis que r semble celle de la série apicale plate. Ainsi r rentre dans le système consonantique. Peut-être X est-il la sonante de la série postpalatale. Il convient d'observer que r ne peut pas être géminé, alors que R, qui est une bruyante, peut l'être ; d'autre part, / et / peuvent être géminés, mais ni r, ni X ne peuvent l'être.

En ce qui concerne les signes démarcatifs négatifs (p. 307), / rétroflexe et X postpalatal apparaissent fréquemment en fin de mot, contrairement à ce que dit Troubetzkoy. Quant à l'initiale (p. 309), ce qui la caractérise quand elle est une bruyante, c'est qu'en cette position elle n'est ni géminée ni sonore.

Enfin (p. 313) le tamoul n'a pas d'accent de mot, mais seulement un accent de phrase.

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