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CHAP. XI. PRÉÉMINE\CE DES ORGANES

la plupart des muscles , suspendre périodiquement leurs fonctions ; on voit les poumons eux-mêmes momentanément cesser d'agir , tandis que le cœur ne discontinue jamais de palpiter tant que la vie subsiste : pour tous ces motifs, le cœur paraîtrait donc le plus important des organes dans les animaux les plus complexes.

Il faut avouer que dans un animal vertébré, sain, accru, d’une structure parfaite et dont chaque organe remplitexactement ses fonctions, il faut convenir que, dans un pareil être, il est difficile de préciser lequel des cinq organes principaux est le plus essentiel, Ilest en effet avéré que si l’ensemble des organes suppose l’action de l'estomac , qui les nourrit ; que si les pou mons et les branchies ont besoin du cerveau, le cerveau à. son tour a besoin de l’action du cœur, comme ce cœur lui-même ne peut se passer ni de l’action des poumons que le cerveau gouverne, ni de l'accession de la moelle épinière. C’est une chaîne de toutes parts adhérente. Il est vrai que si nous examinons un des organes subalternes en particulier, cet organe nous semble avoir besoin de sang plus que de nerfs, et pouvoir se passer plus long-temps de l’action du cerveau que de celle du cœur. Mais pour les rouages essentiels à la vie, l’enchaînement est réciproque et plusieurs fois compliqué. Si pourtant nous remarquons que le cœur a commencé d'agir avant l'estomac et les poumons; qu'il continue de battre en l'absence ou après la cessation de la respiration ; que de profondes altérations du cerveau ne produisent pas toujours une mort instantanée , tandis que la destruction de la moelle épinière fait promptement cesser

Lo LIV. I. DES CORPS VIVANS EN GÉNÉRAL.

ét l’action du cœur et la vie ; nous aurons d'assez puissans motifs pour penser que la circulation du sang est la première condition de l'existence d’uñ animal complexe ; nous regarderons le cœur, en conséquence, comme la pièce essentielle d’une pareille organisation; et puisque c'est la moelle épinière qui paraît fournir au cœur le principe de ses mouvemens , nous la regarderons comme l'organe le plus essentiel du corps; et comme nous verrons que la base de tout squelette osseux est une colonne de vertèbres destinée à envelopper cette moelle épinière , la considération de ces vertèbres sera pour nous le point.de départ de toute bonne classification des animaux.

Voici donc quelles sont les bases de notre classification , établie d’après l'importance comparée .des organes, d'après leur constance ét d’après les lois de leur subordination. |

Une Racine représente à nos yeux tout le Règne Végétal , comme un Estomac tout le Règne Animal. Mais comme ces parties peuvent exister isolées de tout autre organe , nous devons avoir recours à d’autres parties pour établir les divisions secondaires des deux règnes.

Pour les végétaux, nous prenons d’abord la graine, qui suppose des fleurs; puis les cotylédons, dont le nombre, la position ou l'absence entraîne avec soi de notables différences dans l’organisation de la tige; ensuite nous examinons la fleur, ses étamines, ses pistils, son ovaire , etc.

Pour les animaux , nous avons à examiner s'ils sont vertébrés, et, dans ce cas, s'ils sont vivipares ou ovipares, c'est-à-dire s'ils ont des mamelles ou s'ils en

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