GiFFBN, dans J. R. SS., avril
Trois types d'Élals très divers présentent donc le même phénomène dans leurs dépenses publiques. En général, on trouve, chez les plus grands Étals, les mêmes proportions entre les dépenses, si bien que nait un doute sur la question de savoir si vraiment la politique internationale a réalisé les progrès dont nous nous vantons. Dans presque tous les États de l'Europe, de 65 à 75 et même à 80 0/0 des recettes de lÉtat servent à payer les dépenses constitutionnelles et les dépenses militaires : ce qui reste disponible pour le droit, la civilisation ou le bien-être représente une proportion relativement faible. Les pays mêmes qui se trouvent dans des circonstances plus avantageuses et qui, depuis plus longtemps, jouissent de la paix ne sont pas dans de meilleures conditions que les autres sous ce rapport. Les sociologues qui aiment à prévoir et qui, par conséquent, se laissent aller à leur fantaisie avaient toujours parlé de la civilisation militaire de l'Europe continentale, en opposition avec l'esprit mercantile des Anglo-Saxons d'Europe et d'Amérique.
Les dépenses publiques de l'Angleterre et de l'Amérique ne diffèrent pas notablement, si on les compare à celles des États de TEurope. Ce sont toujours les besoins premiers de l'existence qui absorbent la plus grosse part des recettes publiques.
D'après un rapport du ministre du Trésor des États- Unis (1), cette République a dépensé (pour les dépenses fédérales connues), de 1791 à 1901, la somme de 32.338.500.197 dollars. Eh bieni comment cette somme énorme a-t-elle été employée?
5. t)81. 778.167 pour la guerre (dont seulement 3.572 millions avant 1866) ;
1.628 343.213 pour la marine (dont seulement 717 millions avant 1866) ;
1. Annual Report of the Secretary of the Treaaury on the siate of Ihe finances for the présent year endedjune 30, 1901, Washington, 1901.