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LA PRÉSENTATION DES RÉSULTATS STATISTIQUES

sorte de permettre de nouvelles combinaisons de données et de nouvelles recherches interprétatives.

C'est à l'expérience à apprendre la manière de présenter les données statistiques en tableaux clairs, bien ordonnés, ni trop simples, ni surchargés. Cet art ne peut guère s'enseigner, mais il est un ensemble de recommandations dont on fera bien de ne pas s'écarter si l'on tient à rester dans la norme des publications ayant une bonne tenue scientifique.

A quel moment faut-il s'occuper de la préparation des cadres de publication? Nous répondons, sans hésitation : dès le début du travail, avant même de rédiger le questionnaire ou bulletin. Il faut savoir où l'on va pour ne pas surcharger le bulletin de questions inutiles, ni omettre l'un ou l'autre point essentiel. Dresser un schéma du cadre de publication est la meilleure préparation qu'on puisse imaginer à la rédaction du bulletin. Puis, après la critique, on verra quelles sont les données utilisables et on décidera dans quelle forme elles doivent être publiées : c'est la phase définitive de la préparation des cadres. Les différentes parties de la statistique sont ainsi solidaires : le contenu du bulletin dépend du but de la statistique, qui est exprimé dans les cadres et les cadres eux-mêmes dépendent des réponses du bulletin, modifiées par la critique. Les trois parties de la statistique que nous avons exposées jusqu'ici se compénètrent donc réciproquement.

Le principe essentiel en la matière est l'ordre et la clarté. On ne perdra pas de vue que les statistiques sont faites pour fournir des renseignements au public et non pour exercer l'ingéniosité du lecteur en lui posant des énigmes. Tout, dans la présentation, doit obéir à ce principe fondamental : énoncé des titres, disposition des colonnes, rédaction des notes. Un tableau bien fait doit se lire facilement, les recherches doivent y être aisées, on doit ressentir, en le regardant, une impression d'ordre, comprendre qu'on se trouve devant un plan logiquement ordonné. Nous passe-

rons rapidement en revue quelques points se rattachant à cette question générale.

A) Faut-il un cadre unique, ou est-il préférable d'en composer plusieurs? Il est rare qu'une statistique, tant soit peu complexe, puisse tenir en un cadre unique. Si l'on veut s'astreindre à cette règle, on court risque d'aboutir à une grande confusion, de manquer absolument de clarté. Un cadre doit avoir son objet propre et présenter au complet les données numériques concernant cette question. En général, il est donc préférable qu'une statistique soit présentée en plusieurs cadres, chacun d'eux étant relatif à une question ou à un groupe de questions.

B) Chaque tableau doit avoir son titre et ce titre doit indiquer exactement, sans omission et sans ajoute, le contenu du tableau. Le lecteur doit être informé, en lisant le titre seul, de ce qu'il va trouver dans le cadre statistique. Non seulement, l'objet matériel doit être indiqué, mais encore le point de vue sous lequel il est envisagé. Si l'on éprouve quelque difficulté à libeller cet énoncé, ce peut être un indice que le cadre est surchargé. Ces remarques s'appliquent aussi aux intitulés des colonnes.

C) En général, une donnée statistique pour acquérir toute sa signification, doit être présentée en nombres absolus et en pourcentages. Mais faut-il réunir ces deux espèces de données en un cadre unique, ou consacrer un cadre spécial à chacune d'elles? Dans- les tableaux statistiques qui forment l'exposé systématique du matériel, les tableaux de publication proprement dits, il ne faut pas de chiffres proportionnels. On se borne là à montrer les résultats tels qu'ils ont été calculés, on n'a pas à les comparer à d'autres. Il en va autrement dans les tableaux d'analyse : là, les chiffres proportionnels trouvent un emploi constant et sont un moyen d'investigation indispensable. Nous ne sommes pas partisan de les publier isolément, car un pourcentage séparé du nombre absolu qu'il représente est souvent trompeur.

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