‹ Principes du système musical et de l'harmonie théorique et appliquéeChapitre 47 sur 125 · ETAT DIRECT OU FONDAMENTAL · texte numérisé non relu

ETAT DIRECT OU FONDAMENTAL

280. La stabilité absolue caractérise les accords parfaits dans la position fondamentale, avec, au majeur, une noblesse majestueuse et au mineur, une teinte mélancolique.

Le parti pris de n'employer qu'une succession d'accords parfaits non renversés produit un effet de gravité éminemment propre à l'expression du sentiment religieux.

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Ans. Viinée, Lamenlo pour violoncelle et orchestre.

281. Cet effet serait très modifié par le mélange de raccord de tierce et quinte diminuée, contrastant vivement avec les accords parfaits par le caractère d'aigreur dissonante de la quinte diminuée, très peu atténué par l'interposition de la note de division égale donnant seulement un peu plus de corps à la sonorité. La nature de dissonance sans contact propre à cette agrégation, la place qu'elle occupe sur le 7e degré en complétant symétriquement la série des accords simples, lui font une situation à part. En outre la proximité, pour deux de ses composantes, de degrés voisins à distance de demi-ton, crée certaines tendances assez normales (273), existant du reste aussi bien dans le sens inverse. Mais si, en effet, dans la succession de deux accords comportant, de l'un à l'autre, deux notes en rapport de demi-ton

diatonique, le mouvement mélodique conjoint entre ces deux notes est très coulant et naturel, surtout au point de vue de la facilité d'intonation vocale, cette fréquente convenance n'a aucun caractère de loi.

Mouvement

par demi-ton

parlant de l'accord

avec demi-ton évité

Mouvement par demi-ton avec demi-ton évité

partant de l'accord partant de l'accord partant de l'accord

de quinte diminuée inverse de quinte diminuée inverse de quinte diminuée inverse de quinte diminuée

Ces observations s'appliquent également aux renversements de l'accord de quinte diminuée.

Dans une harmonie simple, lorsque l'effet voulu en comporte l'emploi, l'accord simple dissonant, sauf qu'il ne peut constituer un repos final, se traite en somme, par analogie et en tenant compte de sa nature, comme les accords consonants, surtout dans les marches, où l'assimilation est plus complète encore et où on tolère mieux des inélégances dans les mouvements de parties, la continuité symétrique primant ici toute autre considération.

282. Le tableau suivant indique tous les rapports directs entre accords simples dans la position dite fondamentale et dans la même série, la possibilité de ces successions ne pouvant être douteuse, en raison de leur caractère élémentaire.

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On remarquera que nous avons usé de la faculté indiquée plus haut comme de réaliser à 4 parlies des successions d'harmonies] de 3 sons, en redoublant notes ; on évite ainsi de disjoindre les parties supérieures de manière inélégante.

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ce qui serait difficile à 3 parties avec le parti pris de garder les accords toujours complets. Un autre avantage est d'indiquer le maintien des notes communes aux accords successifs. Il peut y en avoir une ou deux selon les cas, et il n'en existe pas quand la basse l'ait un mouvement conjoint.

284. Les exemples suivants synthétisent tous les mouvements de basse de même nature possibles dans une série donnée.

Naturellement les intervalles complémentaires deux à deux donnent lieu à la succession de degrés du même nom dans le mouvement inverse.

Ainsi : Quinte montante = Quarte descendante. Quarte montante = Quinte descendante.

Tierce montante = Sixte descendante.

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Pour éviter des mouvements aussi disjoints, on emploie plus volontiers la basse > /alternante en forme de marche à combinaison binaire produisant les mêmes degrés.

Et, en appliquant la même combinaison alternante aux parties supérieures, on obtient celle marche harmonique régulière et de même sens :

Une marche des parties supérieures de même sens que la montée ou descente simple de basse serait évidemment impraticable à cause de la grande disjonction.

etc.

286. Nous regardons comme une subtilité, tendant à nier la pluralité des tonalités de même série, l'opinion de Gevaert (§ 62), n'admettant dans ces marches que par tolérance l'accord de quinte diminuée parmi des agrégations ronsonantes. Simplement il est transitionnel et ne prétend pas à être accord de tonique, mais il peut être accord de dominante.

S'il diffère des autres termes accords parfaits, ceux-ci diffèrent bien aussi entre eux comme majeurs ou mineurs.

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Le mouvement de sixte dans le même sens est, comme on le voit, trop disjoint pour être praticable avec plusieurs termes de progression. Une basse alternante vaudrait mieux, quoique déjà assez disjointe.

La marche régulière dans le même sens ne serait pas impossible en somme, malgré le reproche que des puristes pourraient faire d'un mouvement semblable de 4 parties disjointes. *.

Secondes montantes

fondes descendantes

Septièmes descendantes Septièmes montantes

Nous ne les écrivons pas à cause de la trop grande disjonction dans le même sens. Elles seraient plus praticables alternant avec des secondes sous forme de marche à combinaison binaire.

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La marche régulière d'accords simples, avec mouvement alternant des parties intérieures, moins âpre et bien plus élégante que la réalisation de sens contraire, est très normale. Nous ignorons pourquoi les traités ne la mentionnent pas (serait-ce à cause des quintes cachées?). Nous ne saurions donc partager l'opinion de Gevaert(§56, D) à ce sujet.

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289. C'est ici le lieu de remarquer qu'à tout prendre, les marches sont en elles-mêmes une preuve de la pluralité des tonalités dans une même série.

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