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Principes élémentaires de chimie philosophique, avec des applications générales de la doctrine des proportions déterminées

Les divers articles qui composent ces PrincirES devaient être soumis , comme lectures oblii gées, à une Académie des Pays-Bas. De là leur I peu de cohérence, les répétitions qu’on y ren-

I contre et le langage disparate dans lequel ils sont écrits. Plusieurs motifs m’ont engagé à les réunir en élémens philosophiques de la science, et particulièrement le désir de présenter un ensemble des principales applications de la doctrine des proportions déterminées.

On a dit que l’introduction du calcul proportionnel dans une science qui se compose essen-

Itiellement de faits, ne peut qu’en retarder les progrès ; on aurait dit avec plus de vérité , qu’elle doit en avancer la perfection.

A quoi , en effet, oblige l’introduction du calcul en chimie, sinon à répéter toutes les analyses, à revoir tous les phénomènes et à vérifier tous les rapports; et avec la perfection actuelle des méthodes, peut-on entreprendre un pareil travail sans rencontrer des nouveautés sans nombre et sans découvrir, si ce n’est toujours de nouveaux corps, du moins souvent de nouveaux états j de corps? Et telle est aujourd’hui la sensibilité I des réactifs jointe à l’adresse de l’expériinenî tateur que 1 indication la moins frappante au- I torise a soupçonner, ou un corps inconnu, ou

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un composé indéterminé j d’ailleurs , la théorie» des proportions constantes , en faisant connaître des équivalons de composition pour la plupart des corps , a fourni à l’analyse des moyenss de contrôle pour la plupart des produits*, et: l’on peut dire que les divers résultats de l’expérience sont devenus justiciables de la théoriee par l’épreuve que la détermination des rapports^ et l’examen de la possibilité de composition d’après les loix du calorique, permet de leur appliquer.

Il y a dans l’ouvrage une proposition que j€ ; conviens n’avoir pu déduire que de la vraisemblance et qui apparemment restera longtemps> hypothétique; c’est celle de la nature de la basée inerte ou masse inactive des corps. Il faudrait., pour la mettre en évidence, pouvoir résoudre en élémens sans base une matière qui est connueo pour posséder de cette base , ce qui ne pourraiit avoir lieu que par le feu. Une autre hypothèse^ qui dérive de cette propnsirinn , est celle d(^ la qualité combustible que j attribue exclusive*** ment à 1 hydrogéné. Davy a partagé avec moi cette opinion, qui est justifiée par 1 analyse dn métal de l’ammoniaque , et il n’y a pas encore^ publiquement renoncé. Je ne mets point au rang des vues hasardées la préexistence des acides; secs dans les acidifiables non métalliques. Je n’a<* vance au reste ces idées que comme rendant le: explications plus simples et donnant à la science un ensemble plus circonscrit.

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J’ai continué d interpréter les phénomènes d’après la théorie du calorique, dans laquelle, non-seulement on rend mieux raison des phénomènes, mais hors de laquelle, plus on avance dans la science , plus les causes deviennent obscures. Quelles sont, en effet, les nouvelles combinaisons qu’on peut encore espérer d’obtenir après que, dans les circonstances ordinaires et avec les conditions les plus avantageuses pour l’engagement , les diverses matières ont été mises en présence et essayées dans leur réaction ? Sans doute, peu d’autres que celles qui résulteront de la demeure en combinaison forcée, par défaut de calorique , de l’oxigène et de ses composés. Eh bien! ces combinaisons, la théorie du calorique les prévoit, les procure, les explique et les modifie, sans jamais se tromper. Tout ce que l’on a pu dire de contraire à cette théorie, se trouve, dans le corps de l’ouvrage, réfuté par des faits.

Je n ai compris dans la table des proportions chimiques, qui est à la fin de l’ouvrage, que les corps dont les élémens de composition m’ont paru suffisamment déterminés. J’ai donc dû omettre , et les terres dont la réduction n’a encore pu être opérée, quoique leur capacité de saturation indiquât assez leur contenu en oxigène, et les substances, plus sûrement métalliques, mais dont pas plus le même contenu en oxigène que la capacité de saturation n’a jusqu’ici été exactement spécifié.

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J’ai aussi omis les combinaisons de l’arsenic et du tellure avec l’hydrogène, malgré que dans l’ouvrage il en soit fait mention. C’est que 1 état des métaux dans ces composés est encore toutà-fait problématique.

Dans des Supplémens successifs à cet ouvrage, nous donnerons, avec les applications de la doctrine des proportions déterminées, les résultats des recherches en chimie qui seront rendues publiques dans les différentes parties du monde, et dans la théorie du calorique, les résultats des recherches en chimie , puisées dans toutes les sources et dégagées des superfluités et des répétitions. Nos lecteurs seront ainsi tenus au courant des progrès de la science , et cet écrit restera toujours neuf.

DE

CHIMIE

DE LA CHEMIE, DE SON OBJET, DE SA DIVISION ET DE SES MOYENS; DES CORPS NATURELS.

La chimie peut être définie la recherche expérimentale et spéculative de l’échange que l’hydrogène et le calorique font entre eux pour la saturation de l’oxigènej et en effet il ne se fait aucune composition ou décomposition dans lesquelles cet échange n’ait lieu.

En se livrant à ses recherches avec ou sans ce Lut, le chimiste est parvenu à connaître les élémens prochains et éloignés des corps et en outre les quantités proportionnelles dans lesquelles ces élémens sont unis.

La détermination de ces quantités d’après les poids des corps , qu’est venue si heureusement confirmer la même détermination d’après leurs volumes, forme aujourd’hui la partie éminemment philosophique de la science. C’est cette partie , rapportée à un mode d’estimation simple et avec lequel le moins instruit peut à l’instant se familiariser , que nous avons pour objet principal de mettre sous les yeux de nos lecteurs.

Higoureusement , la chimie pourrait éti’e divisée en

CHIMIE

dumie naturelle ou embrassant les corps composésqu on trouve natifs, et en chimie artificielle ou comprenant les corjis composés qui n’ont encore été produits que par l’art, malgré que les limites de ces divisions soient à chaque instant dans le cas de se confondre. On la sous-divise en chimie philosophique et en chimie pratique : ses recherches s’étendent sur les. quatre règnes de la nature ; et les procédés des arts dans lesquels les corps éprouvent un changement de composition, sont tous de son ressort.

Au point où est parvenue la science , la grande étude • du chimiste qui cherche à se procurer de nouveaux corps , doit consister à mettre en rapport des substances au sortir de combinaison. C’est une circonstance qui n’est pas difficile à saisir lorsqu’on conçoit bien la nature de ce que l’on appelle état naissant des co?j)s. On considère trop généralement cet état comme ne présentant que les avantages mécaniques de la condensation ou de la division actuelles, tandis qu’il se fonde sur le pouvoir de déterminer des engagemens obligés et qui ne sont sollicités par aucune attraction. Ce sont toujours des comhurans que l’on décide à de pareils engagemens : les combustibles ne peuvent en avoir d’obligation , existans dans un composé pour suppléer à un défaut de calorique, mais n’ayant pas eux-mêmes ce défaut. L’oxigène , les comburans acidifîables , les acides, l’eau et jusqu’aux comb ustibles acidifîables , sont ainsi aisément repris eu combinaison lorsqu’à des corps qui les attirent peu ils sont présentés avec un défaut de calorique ; il faut bien que ces corps les reprennent, puisqu’ils ne peuvent avec ce défaut de calorique exister incombinés. La faiblesse d’attraction peut consister en une trop

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