‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 1 sur 66 · A LONDRES, MÊME MAISON, 2 1Q, REGENT -STREET · texte numérisé non relu

A LONDRES, MÊME MAISON, 2 1Q, REGENT -STREET

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Chevalier de la Légion-d’Honneur ; ancien Médecin du Grand Hôpital ; Président honoraire de la Société de Médecine ;

Membre du Conseil de Salubrité , du Comité de Vaccine , du Conseil municipal de Lyon, du Conseil général du Rhône;

Associé correspondant

de l’Académie royale de Médecine de Berlin ,, etc*

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PRÉFAGE.

L'Essai que je livre au jugement de mes confrères et du public n'est que le cadre d'un ouvrage plus étendu, qui eût renfermé le système général des connaissances relatives à l’art de préparer les médicaments et les principales données de toutes les sciences accessoires : sorte d’Encyclopédie Pharmaceutique

circonstances m’ont forcé de renoncer. Cependant, la pharmacie s’étant enrichie depuis peu d’années de plusieurs Traités importants relatifs h ses diverses branches , et qui n’attestent pas moins les progrès remarquables de l’art, que le zèle et le talent de leurs auteurs , j’ai cru le moment arrivé de lier entre elles toutes ces parties isolées d’une même science, d’esquisser une classification de toutes les études qui s’y rapportent, et de réunir par des vues d’ensemble les principes généraux sur lesquels se fonde l’art du pharmacien.

Il existe bien peu de bons livres élémentaires. En cherchant à combler cette lacune pour la pharmacie, j’ai compris les causes de cette disette, comme j’ai

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apprécié toutes les difficultés d’une pareille entreprise. La première, sans doute, consiste dans la nécessité de généraliser des faits qui ne sont pas censés connus de ceux à qui l’on s’adresse. Les aphorismes, dans les sciences , sont comme les sentences en morale : on ne les comprend bien , on n’en tire quelque fruit, que lorsqu’on en peut faire immédiatementl’application , ou que l’on possède par expérience une masse d’observations dontils forment le lien commun. Dans certaines sciences , les mathématiques , par exemple, tout s’enchaîne, et l’on peut commencer par le premier anneau ; mais dans les sciences physiques, il faut supposer beaucoup de choses connues, ou bien revenir sans cesse sur ses pas, et intervertir a chaque instant l’ordre naturel des démonstrations. L’art consiste donc ici à trouver la marche la plus rationnelle du connu h l’inconnu, sans transitions trop brusques , sans redites inutiles , et sans omissions importantes. Pour écrire des éléments, il faut aussi posséder une certaine habileté dans l’art d’enseigner, beaucoup de logique et de clarté dans l’énonciation ; il faut envisager la science de très-haut, et néanmoins savoir descendre à la portée de ceux qui l’ignorent ; choisir, parmi ses vérités fondamentales, les plus générales et les plus fécondes ; enfin , disposer tous ces matériaux avec assez de méthode pour qu'on en sai-

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sisse facilement l'ensemble , et avec assez de détails pour que chaque démonstration donne une idée , sinon complète, du moins préciseet satisfaisante de son objet.

Ces conditions , qui , heureusement pour moi , ne sont pas toutes indispensables , sont déjà assez difficiles à réunir; mais d’autres motifs , sans doute, éloignent aussi les écrivains de ce genre de travail. Un livre élémentaire n’est pas destiné à faire beaucoup d’honneur a celui qui le compose. Les savants, qui n’y trouvent rien de nouveau à apprendre, le rangent volontiers dans la classe des travaux de compilation ;

i’en apprécient rtance. Il faut donc, en l’entreprenant, borner toute son ambition a un succès d’estime, et s’arrêter a l’idée qu’un pareil travail consciencieusement exécuté, s’il ne sert pas directement aux progrès de l’art, peut du moins être fort utile à son enseignement.

C’est là, en effet, que s’ arrêtent, mes vœux. Ce livre fut d’abord rédigé pour l’instruction de quelques élèves particuliers. J’ai voulu, en le publiant, témoigner de mon zèle pour leurs progrès. Quel que soit donc le sort de cet ouvrage, leurs succès dans la carrière pharmaceutique m’auront indemnisé de tous mes soins.

et les élèves , pour qui il est écrit-, i pmT toujours les difficultés et t’impo

PRÉFACE

Je n’ai pas osé donnera ces éléments le titre un peu ambitieux de PHILOSOPHIE PHARMACEUTIQUE, bien que ce soit là peut-être leur titre véritable., et qu’un auteur espagnol, Gregorio Baûarès , ait déjà réuni ces deux mots pour les placer à la tête d’un traité de pharmacie publié en 1804, et qui, dans le fond comme dans la forme, n’a rien de bien philosophique. J’ai fait un emprunt plus réel à un autre savant de la même na tion , le vénéra ble Ca rbonne 11 , dont j ’ ai a dopté les vues principales sur la classification des médicaments. Quant aux données fondamentales relatives aux diverses parties de la science, je les ai puisées, pour la plupart , dans les traités spéciaux , les meil-

leurs et les plus récents. Je me suis applique a coordonner toutes ces généralités éparses, à établir un certain ordre dans la série des études pharmaceutiques; j’ai cherché, en un mot, à rendre plus faciles les abords de notre profession, par le soin que j’ai mis à en disposer les principes avec méthode, et à les définir avec précision et clarté.

On a beaucoup écrit pour la pharmacie considérée comme science , et fort peu pour la pharmacie appliquée, c’est-à-dire, pour la profession. La cause en est due, sans doute , à ce que les hommes voués à l’étude des théories ou à l’enseignement, perdent de vue, ou dédaignent trop souvent les détails de la pratique ,

PRÉFACE

tandis que les praticiens ont rarement le loisir on le goût d’écrire. Le point de vue pratique de la pharmacie n’est pas d’ailleurs le plus séduisant. Le haut intérêt que présentent les spéculations de la science , laisse bien loin en arrière les détails techniques , les calculs froids et souvent routiniers de la profession. Aussi voit-on les jeunes élèves s’appliquer avec assez d’ardeur à l’étude de la chimie et de la physique, beaucoup moins à celle de l’histoire naturelle, etmoins encore à la lecture des pharmacopées. N’y ‘auraitil pas quelque avantage à ramener l’attention des jeunes pharmaciens sur la pratique del’art, qui, après tout, est l’objet essentiel , le but final de toutes leurs études , et a faire qu’ils attachent un peu plus d’importance à leurs travaux d’oflicine, quelque fastidieux qu’ils semblent être? C’est ce que j’ai tenté de faire en disposant ces principes généraux dans l’ordre des études successives de la profession, et en traçant aux élèves quelques préceptes applicables aux diverses périodes de leur éducation pharmaceutique. La pharmacie appliquée assujettit celui qui l’exerce a certains devoirs qui font une partie essentielle de la profession, et qui pourtant ne sont enseignés nulle part. A la vérité, durant le stage oflicinaî, l’exemple des condisciples, les avis multipliés du chef, et même les exigences du service public, {missent à la longue

PRÉFACE

par imprimer les habitudes morales de la profession. J’ai cru, toutefois, utile de les réduire en préceptes : ce sont des conseils de bon patronnage, qu’un assez long exercice comme praticien me donne peut-être le droit de présenter aux jeunes gens, et que les pharmaciens eux-mêmes me sauront sans doute quelque gré d’avoir formulés.

Il m’eût été plus facile d’augmenter l’étendue de ces Éléments que de la restreindre. Conçus d’abord sur un plan assez large, les voilà, après beaucoup de soins, réduits à un mince volume. Si, éclairé par la critique et encouragé par l’accueil de mes confrères , je dois bientôt revoir mon ouvrage , il est probable qu’au- lieu de l’étendre, je m’efforcerai de le restreindre encore.

Paris, 20 avril 1857.

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