LA CHIMIE
Définition.
La chimie recherche la nature et les effets réciproques des éléments constitutifs ou substances élémentaires des corps, et cherche à reconnaître, par l'analyse, les substances dont se compose ini corps , ou encore à en former de nouveaux par la combinaison d'éléments connus.
Division.
On peut rationnellement diviser la chimie en chimie pure et en chimie appliquée. La première est ordinairement appelée chimie générale, et s'occupe principalement de la recherche des lois chimiques
et du développement de la chimie comme science théorique.
La CHIMIE APPLIQUÉE comprcud la chimie analytique et LA CHIMIE technique. La chimie analytique ne s'occupe que de l'analyse des corps existants et de la détermination des qualités et quantités de leurs éléments. On la sous-divise encore en zoochimie ou phytochimie etORYKTOCHiMiE, suivaut qu'elle soumet à son examen des corps du règne animal, végétal ou minéral.
La CHI3IIE TECHNIQUE cst particulièrement importante pour le forestier. Elle n'apprend pas seulement à désunir et modifier des corps existants, mais encore à imiter des corps naturels et à en former artificiellement, et toujours et uniquement dans la vue d'un but technique déterminé.
D'après ce but, la chimie technique se fractionne en plusieurs parties, dont les principales sont :
1° L'alchimie. Al est l'article arabe, et veut dire par conséquent autant que la chimie. Longtemps celle-ci n'eut pour but que de convertir des métaux communs en métaux précieux, et était par conséquent appelée l'art de faire del'or. Lorsque, plus tard, la chimie actuelle en prit naissance et s'éleva à une science, on conserva le nom d'alchimie pour cette branche parlicuhère de la chimie, qui a pour but l'art de faire de l'or.
2" La PHARMACEUTIQUE (pharmacologie) , OU l'art du pharmacien, s'occupe de la recherche, de l'exposition et de l'application de substances médicales, qui
agissent contrairement aux maladies des hommes et animaux.
3° La métallurgie est proprement la science de la préparation des métaux. De là ressort la science des mines , qui apprend à retirer les métaux des minerais.
4" Lahalurgie s'occupe de l'extraction et épuration des acides minéraux, alcalis et sels.
5" L'hyalurgie ou science de l'art de la fabrication du verre apprend à fondre ensemble en masse de verre homogène des substances hétérogènes et à en former un grand nombre de formes.
6° La lithurgie s'occupe du travail des pierres naturelles et de la fabrication des pierres artificielles.
1° La phlogurgie ou chimie phlogistique traite de la recherche, préparation et exploitation des substances combustibles. Dans cette section rentre également l'art de la carbonisation du bois.
8° L'hydrurgie apprend à préparer artificiellement des eaux minérales et à en tirer différentes parties d'eau ordinaire.
9" La phyturgie s'occupe en général de l'exploitation et de l'utilisation des matières et des produits végétaux.
Dans cettecatégorie entrent ladistillation du sucre, l'extraction et épuration des huiles , la distillation de la potasse, la tannerie, la préparation de la poix, goudron, noir de fumée, vins et vinaigres, ainsi que la charbonnerie.
10° La zouRGiE (zyjiologie ou zymotechnie) est l'extraction et l'utilisation des matières et produits
du règne animai; ainsi, par exemple , elle traite de l'emploi des graisses, du lait et de la fabrication de la colle et de l'usage du charbon animal, etc.
11° L'at.mosphérologie s'occupe de tous les gaz atmosphériques, tant pondérables qu'impondérables, et nous apprend à connaître leur action sur la végétation et sur l'économie animale.
Observation .
Le système de chimie théorique, généralement admis de nos jours , est celui de Berzélius. D'après lui , tout ce que l'on appelle affinités chimiques est ramené à l'électricité , et tous les éléments sont classés selon le degré de leur électricité positive ou négative. La théorie de la stœchiométrie ^ chimie composéeou analytique), d'après laquelle toutes les combinaisons chimiques ne s'établissent que dans des proportions de quantités déterminées , est en rapport immédiat avec le susdit système.
POUR 1- ÉTTDE DF L\ CHIMIE, SE P.ECOMMASDEKT LES TRAITÉS ET MAACELS SUIVA\TS :
1° Kroutzsch. — Guide dans renseignement physique et chimique à l'acadëmie royale forestière de Tharand. Dresde. 1820.
1° Strauss. — Éléments de chimie appliquée à la science forestière. Gotha, 182.3. 6fr. 60 c.
3° Hermstaedt. —Principes de la chimie expérimentale, agronomique et industrielle. 2^ éd., Berlin , 1827. 7 fr. Soc.
4° ToDBXER. — Traité de chimie , traduit en allemand par Hartmann. Leipzig , 1829. i3 fr.
âo Dc.mas. — Manuel de la cliimie appliquée, traduit par Engelhard, i-ifi livraisons. Nuremberg, 1829-1834. 4o fr.
Go ScnûiBARTH. — Éléments de cliimie leclmiqiie. 2 v. i83i-33. 3c.fr.
■;o WoEHLEB. — Précis de cliiaûe. Berlin, i833. afr. (joc,
80 SliTscHERLica. — Traite' de cliimie. Berlin, depuis i833. isfr.
9° BtRzÉLics. — Traité de chimie , traduit pnr Wœhier. 6 v. 4* éd. Dresde et Leipzig, i835-i836. Prix de souscription, 48 fr.
10" ScHL'BLER. — Chimie agricole, faisant partie du Traite' d'agrojiomie el d'économie générale de Poutsche. 2 t. i83i. 6 fr. 5o c.
TROISTEIVIE SECTION, l'histoire naturelle.
Notions préliminaires.
L'histoire naturelle est la description des êtres de la nature, depuis leur origine jusqu'à leur dissolution.
Mais nous appelons êtres de la nature tous ceux qui se reproduisent dans la nature sous des formes particulières, el auxquels l'homme n'a pas fait subir de changement essentiel. Partout où il a apporté des modifications, ces produits ne sont plus appelés naturels , mais artificiels.
Division des êtres naturels.
Ordinairement on classe les êtres naturels en trois divisions principales qu'on appelle règnes, savoir :
1 " Le règne minéral (pierre ou terre) ,
2" Le règne végétal et
;i° Le règne animal.
Dans le régne minéral on comprend les sels , pierres, minerais et minéraux combustibles (Brenze); Oken les a désignés par le terme général « produits DE LA TERRE OU GEOLOGIE { Irde) ^ » ct nous consepvons cette dénomination.
Cependant il est encore d'autres produits de la nature qui ne sont ni sels , ni pierres, ni minerais, ni minéraux combustibles , et qui , néanmoins , peuvent tout aussi peu être comptés dans le règne végétal que dans le règne animal. Ce sont les substances ATMOSPHÉRIQUES , qui sc distinguent des substances de la terre par leur forme insaisissable.
Le second des trois règnes mentionnés s'occupe de la pbytologie, botanique ou science des plantes, et le troisième de la zoologie ou science des animaux.
Développement sur les minéraux, végétaux et animaux.
La question de savoir ce que c'est que minéraux, végétaux et animaux, et comment ils se distinguent, peut paraître oiseuse à beaucoup de personnes. Tout le monde sait que le chien est un animal , l'œillet une plante et le marbre une pierre ou minéral. Ainsi les pierres, plantes et animaux peuvent être distingués les uns des autres, ainsi que des terres , facilement , et sans laisser doute pos-
sible , lorsqu'ils sont arrivés à de hauts degrés de développement. Mais , aux degrés inférieurs, il v a des corps naturels sur lesquels il serait à peine donné de déterminer à quel régne ils appartiennent, et aucun des caractères distinctifs connus jusqu'ici ne suffit pour dissiper tous les doutes.
On croyait autrefois que les animaux se distinguaient essentiellement des plantes , parce qu ils prennent leur nourriture par une seule ouverture , la bouche, tandis que les plantes absorbent leur nourriture au moyen des racines et feuilles, par un grand nombre de pores.
Cependant ce caractère distinctif ne peut se soutenir, par cela même qu'il y a des animaux qui , à l'égal des plantes, attirent leur nourriture par d'innombrables conduits , par exemple beaucoup de mollusques (conchyle et autres semblables).
On crovait avoir reconnu un meilleur caractère distinctif dans lorgane de la génération. On disait donc :
L'animal conserve ses parties toute sa vie, les plantes, au contraire, les perdent après chaque fécondation, et les plantes âgées n'en recouvrent pas toujours de nouvelles.
Mais^ comme il y a beaucoup d'espèces d'animaux et plantes qui manquent absolument d'organes de génération, le caractère distinctif nous fait défaut, chez ces mêmes êtres naturels, d'un développement peu avancé, où nous en aurions cependant le plus besoin.
11 est maintenant presque généralement reconnu encore que des plantes , comme des animaux , sont formées par ce qu'on appellela generatio spontanea, sans fécondation préalable ou conjonction , et sans participation ou coopération d'un individu de la même espèce, par conséquent sans conception maternelle. Si maintenant on considère la première formation de pareils êtres naturels, on se sent convaincu que, au premier acte de la naissance, diverses substances, qui se juxtaposent pour composer un tel corps naturel, ne concourent pas de leur propre mouvement, de leur propre volonté, et qu'il ne peut encore v avoir aucune trace de cette activité indépendante , que nous attribuons à la plante et à l'animal, même aux degrés les plus inférieurs. Les substances qui coopèrent à former une plante ou un animal s'associent certainement d'une manière aussi PASSIVE que dans une formation de dendrites ou cristaux, et, au moment de la production, aucune différence essentielle ne peut avoir lieu.
Par conséquent, il n'y a aujourd'hui aucune espèce de caractère distiaclif entre minéraux (matière minérale), VÉGÉTAUX et animaux; car tout ce qu'il y a de tant soit peu hétérogène dans leur composition chimique n'en peut être, a priori , reconnu comme caractère distinctif , parce que nous ne parvenons à connaître leur principe que dans les êtres naturels arrivés au développement complet.
Mais, si maintenant l'objet formé a acquis la propriété d'immobiliser ses parties aussitôt après leur
composition et de se maintenir dans un repos inerte, l'objet ainsi formé est une matière minérale, quelles que soient les substances élémentaires dont il se compose.
Si, au contraire, un mouvement des substances continue à l'intérieur de l'objet formé, même après l'acte de la formation proprement dite, c'est un être ORGANIQUE, et cclui-ci se distingue, par conséquent, de la matière minérale d'une manière tranchée, par l'action constante de ses parties.
Or, maintenant , cette action peut avoir lieu
(a) sans la volonté de l'être naturel ,
(b) avec sa volonté.
Nous appelons végétaux les corps de la nature qui montrent le premier mouvement sans le second, et animaux les corps qui sont doués de l'un et de l'autre genre de mouvement; car dans l'animal aussi le mouvement involontaire a lieu à côté du mouvement volontaire, comme, par exemple, la circulation des sucs nourriciers.
Par là, les corps naturels de ce qu'on appelle les trois règnes seraient ainsi fortement distingués, et les caractères ci-dessus indiqués suffisent pleinement aussi pour reconnaître, facilement et d'une manière tranchée, lescorpsdelanuture placés sur une échelle de développement très-avancée. Mais, aux degrés inférieurs de l'échelle , il est souvent de toute impossibilité de reconnaître ces caractères ; nous ne saurions distinguer alors le mouvement involontaire du mouvement volontaire, et par conséquent nous ne
savons pas non plus si nous avons devant nous un animal on une plante.
Peut-il s'établir des métamorphoses de telle sorte que des plantes se transforment en animaux, et que des animaux se transforment de nouveau en plantes, comme beaucoup de naturalistes le prétendent? C'est ce que nous ne déciderons pas, nous bornant à bien fixer ici les trois principaux caractères dislinctifs :
1° Tous les orp-anes du mouvement, et tout ce que nous comprenons par l'idée de vie, manquent au MINÉRAL.
2° Le VÉGÉTAL a des organes de mouvement et de vie, mais ne peut en faire emploi volontaire; chez lui tout mouvement ne résulte pas d'une volonté individuelle , dont le végétal manque tout à fait, mais seulement des lois générales de la nature.
3° L'animal non-seulement a des organes de mouvement et la vie, mais encore une libre volonté, moyennant laquelle il peut mettre ses organes dans une activité individuelle, indépendamment encore des lois généralement déterminées par la nature. La volonté est en même temps la première trace d'une faculté intelligente qui n'appartient qu'aux animaux. Mais s'agit-il de savoir , maintenant , s'il n'y a pas aussi des corps naturels qui , simultanément , appartiennent a plus d'un règne, qui, par exem- ])le , dans une telle partie se présentent comme un
minéral, dans telle autre comme une plante , dans telle autre , encore , comme un animal ; c'est là un point qui , ainsi' que la transformation ci-dessus indiquée , n'a pu être encore décidé d'une manière positive. Il y a, par exemple , des êtres naturels, espèces de voiles verdâtres recouvrant la surface des eaux i^Conferven), qui commencenl à croître comme des plantes , plus tard se présentent comme des animaux , surnagent comme tels, parcourent les eaux en nageant, et ensuite redeviennent plantes (algues-agames de la 24'' et dernière classe de Linné, végétaux cryptogames).
Dans beaucoup d'êtres naturels , la «ature végétale est, même simultanément, unie à la nature animale, comme, par exemple, la gorgone lignée ( zoophyte proprement dit, polype à polypier; ^^ classe, les polypes; h'' grande, division, les layonnés , Cuvier), dont la tige croit et végète comme un arbuste , pendant que les fleurs vivent et se remuent arbitrairement comme les ani maux.
Nous connaissons déjà plus de mille produits de la nature, que précisément on appelait, par cette raison , animaux- plantes (zoophytes) , ne sachant si on devait les compter dans le règne animal ou dans le règne végétal.
Ces transformations de l'un à l'autre ont, par conséquent, chez les animaux , même des ordres supérieurs , une imperfection de tous les caractères (listinctifs reconnus jusqu'ici entre minéraux, vé-
gétaux et animaux. Considérons-nous, par exemple, l'inlérieur d'un œuf frais , nous y découvrons un être naturel qui n'a ni sensibilité, ni mouvement spontané , ni organisation. Cet être sera donc, d'après les caractères distinctifs indiqués en dernier lieu, une matière minérale.
Nous donnons l'œuf à couver à une poule, et , après un certain temps , nous retrouvons un être naturel, organisé et vivifié, mais auquel manquent la sensibilité et le mouvement volontaire ; il correspond donc alors à un végétal.
Plus tard, le jeune poussin, qui s'est développé dans l'œuf , offre des traces irrécusables de sensibilité et de mouvement volontaire ; il est, par consé- ' quent, un animal.
Dans l'espace de peu de semaines , un seul et même être naturel parcourt donc les trois phases du minéral, végétal et anlmal.
De même qu'ici , la transformation de l'être inorganique, sans vie, et privé de la mobilité de l'être organique, vivifié, et pourvu de sensibilité et de volonté, en des êtres doués de faculté intelligente , se fait sous nos yeux par gradations insensibles et imperceptibles ; de même, dans toute la nature, en général , peut s'opérer la transition d'un règne à l'autre. La nature ne procède pas par bond; partout nous ne trouvons que des successions imperceptibles. Où trouver une différence plus grande que celle entre le jour et la nuit? Mais où trouver la limité qui les sépare? Ce n est qu'imperceptiblement
que s'opère la transition du jour à la nuit, et pourquoi devrait-il en être autreraeiit dans les trois règnes que nous reconnaissons dans la nature ? La masse informe et sans vie, voile verdàtre à la surface de l'eau {Conferven), celle des animaux microscopiques (infusoires, classe des rayonnes), présente d'abord une masse qui n'est ni plante, ni animal , mais doit être comptée parmi les minéraux. Cependant , après quelque temps , cet être nous apparaît coordonné , et il est ensuite subordonné à la nature de la force qui se montre active à le former, soit minérale, soit végétale, soit animale. La force qui imprime la forme ne produit que des minéraux , la force qui vivijie produit des végétaux , et la force qui anime engendre des animaux. Par là s'explique aussi pourquoi il y a tant d'êtres dont nous ne pouvons définir la nature, parce que plusieurs forces ont agi simultanément, mais sans prédominer d'une façon suffisante l'une sur l'autre.
Conséquence.
De ce qui précède , il résulte qu'au fond toutes les tentatives faites jusqu'à ce jour pour indiquer des caractères au moyen desquels , dans tous les cas, avec une certitude parfaite , on put reconnaître si l'on a devant soi un animal ou un végétal , ont été infructueuses. Tous les trois règnes convergent vers im seul but, ou plutôt prennent leur terme de dé part d'un seul point; et, dans la proximité de ce
point , ils se confondent de telle sorte, qu'aucun caractère distinctif proprement dit n'a lieu.
Nécessité de caractères distinctifs.
Nous devons néanmoins adopter des caractères distinctifs; car les corps de la nature se présentent en si grand nombre et avec une variété tellement indéfinie , qu'il serait impossible à l'intelligence humaine de les apercevoir d'un seul coup , de les embrasser, si on ne les divisait en certaines classes. On connaît déjà environ 120,000 espèces d'animaux et presque autant d'espèces de plantes : qui pourrait les distinguer et apprendre à les connaître, si on ne les réunissait systématiquement en différentes classifications ?
Mais il faut que la classification soit faite sous ce point de vue , que l'on aperçoive d'abord leurs caractères les plus généraux , et que l'on indique ensuite ceux qui sont d'un genre de plus en plus tranché , de manière qu'à la fin les corps de la nature se présentent à nous dans un ordre systématique.
Outre les caractère.s généraux , nous devons admettre maintenant , malgré cette imperfection dont nous nous sommes plaint , les caractères ci-dessus mentionnés, empruntés des organes de la vie et du mouvement volontaire , par lesquels les trois règnes viennent d'être fondés.
Division de l'histoire natiirelle ou science de la natiiie.
Chacun des trois régnes de la nature a fait naitre à son tour une division particulière de la science de la nature, savoir :
1 ° Le règne 3ii>'Éral , la science des aiatières minérales ( minéralogie et autres) ;
2° Le règ.ne végétal , la botanique , ou mieux
PHYTOLOGIE ;
3° Le règne ammal , la zoologie , ou mieux SCIENCE des anmaux ; alors que les substances sans formes déterminées , eau et gaz , sont traitées dans TatmosphÉrologie ou science des substances , comme partie contenue dans la chimie et physique, larement traitée à titre de science spéciale , mais devant cependant servir de base aux trois précédentes.
La science minérale.
(La minéralogie proprement dile est seolement une partie de celle-ci.)
Elle apprend , en général , à connaître la partie solide du globe terrestre , les éléments qui le composent en particulier, et se sous-divise , par conséquent , dans les parties suivantes :
1°La géographie physique, science trés-imporlaiile pour tout homme en général et pour le fores- I ier en particulier , puisqu'elle soumet à son examen non-seulement les i apports de la terre au soleil et à
la lune , mais encore les rapports de la surface du globe terrestre. Elle apprend à connaître la forme , le mouvement et la division générale de la terre en zones , la répartition des eaux , de la terre ferme et cbaines de montagnes , la situation et le climat des diverses contrées , les courants atmosphériques et mariâmes , flux et reflux , magnétisme terrestre , etc.
2° La géologie est ordinairement synonyme de GÉOGÉNIE , qui s'applique à pénétrer dans l'hisloire originaire de la forme de la terre, par rapport à son développement , ce qui fait qu'elle trouverait plutôt sa place en dehors du domaine de la minéralogie , comme histoire proprement dite de la nature TERRESTRE. En tant qu'elle s'occupe de plantes et d'animaux pétrifiés , on pourrait la compter tout aussi bien dans la botanique ou zoologie que dans la minéralogie; mais, ayant été développée d'abord par les minéralogues , on la subordonne ordinairement à cette science.
Longtemps dura la discussion des géologues entre les neptunistes et les vulcanistes , jusqu'à ce qu'enfin les théories de ces derniers se répandirent généralement. De nos jours , parmi les minéralogues instruits, on entend à peine prononcer les noms de ces sectes. Cependant , maintenant encore, existent toujours les opinions les plus divergentes concernant la formation des roches et congestions des montagnes. La terre , suivant l'opinion de beaucoup de géologues, était [)rimitivement en état de fusion m-
QUiDE ; par le refroidissement de sa surface et par des ascensions volcaniques postérieures de la masse, encore aujourd'hui liquide dans son intérieur , se sont formées les montagnes appelées primitives ou roches irréguliéres ; toutes les espèces cristallisées, ardoise micacée, gneiss, granit, porphyre, basalte et laves; pendant que les dépôts accumulés par l'action des eaux ou roches régulières se superposèrent^ les pierres calcaires à couches horizontales ou siliceuses , grès , marne , etc. La science des fossiles ou pétrifications constitue une branche principale de la géologie et nous apprend à reconnaitre les débris de créations animales et végétales antérieures à la formation actuelle du globe , lesquels débris se trouvent ensevelis entre les couches particulières des rochers entassés , et par suite desquels nous sommes porté à conclure , avec raison , pour plusieurs périodes de créations successives.
3° La géognosie indique les espèces mêmes de roches (pierres), ainsi que leur expansion, leur rapport mutuel et les rapports des couches entre elles, dont elles se composent. La géognosie trouve une application multiple et très-importante pour la recherche et l'exploration des fossiles qui peuvent être utilisés, des houilles, lignites, des sel, chaux, gypse, ainsi que des divers minerais dont on extrait les métaux. Une application de la géognosie particulièrement importante pour le forestier est la connaissance du SOL. Elle s'occupe de juger de la fertihté de celui-ci par la nature des terrains qu'on y trouve et par les
indices de vélusté qu'ils présentent, de l'amender le mieux possible par des traitement, mélange, préparation , arrosement et dessèchement convenables. Elle cherche , de plus , à reconnaître la préférence de chaque plante pour certaines qualités du sol et à en tirer parti.
V L'oRYCTOoosiE ne s'occupe que des substances et coips minéraux , en tant qu'ils sont considérés distinctement et individuellement. Pour l'oryctognoste , les minéraux ne sont que des corps solides inorganiques, composés, par conséquent, départies homogènes, de telle sorte que l'oryctognosie est aussi exclusivement consacrée à l'étude de ces corps ; elle se subdivise en plusieurs parties , qu'il serait trop long d'examiner séparément.
§ oo.
La botani((ue ou phytologie.
On la distingue en phytologie , théorique et appliquée. La premicjc a poui" but de reconnaître la vie végétale en général et de rechercher les formes extérieures et intérieures de toutes les plantes existantes. Elle recherche, dans l'oRCANOGRAPHiEOudans I'anatomie des PLAINTES, Iciir structurc extérieure et intérieure, ainsi que les destination et liaison de leurs organes (physiologie végétale), s'occupe, dans la TERMINOLOGIE , dcs divcrscs formes et parties des plantes, et apprend, dans la systématique, à grouper les espèces reconnues , suivant les degrés de leur
affinité et à les coordonner selon l'ëchelle de leur développement.
La BOTA.MQUE PRATIQUE, au Contraire, nous instruit de l'utilité qu'ont les plantes pour des buts particuliers. Par là elle prend une diversité aussi grande que celle des objets qu'elle se propose ; mais on établit, de préférence , sous ce rapport , les distinctions suivantes :
1° La médecine botanique,
2" La technique —
3° L'esthétique —
4° L'économique — et
5° La forestière. —
La botanique forestière rentre, au fond, pour une grande part , comme matière principale, dans la science forestière, en ce qu'elle ne se borne pas à déterminer et à apprendre à connaître les végétaux importants pour les bois , mais en ce qu'elle nous instruit encore de leurs propriétés et des conditions dans lesquelles les plantes forestières sont à élever. Il faut , par conséquent , qu'elle nous apprenne à connaître quel est le terrain , quel est le climat et quel est le traitement qu'elles exigent. Elle doit nous enseigner comment procède la croissance d'un arbre et les différentes périodes de vie -, combien il lui faut de temps pour son développement ; quelles sont les durée , solidité et vertu de combustion du bois dans des conditions différentes.
Nous voyons par là que la botanique forestière, proprement, est une partie de la science principale ;
mais, comme elle est en quelque sorte inséparable des parties de l'histoire naturelle , qui ont été énoncées comme sciences élémentaires, nous nous en tiendrons là , et nous nous bornons à faire observer, d avance , que plus bas nous exposerons les principes généraux de la science forestière , et que nous passerons dés lors sous silence , comme déjà connu , tout ce qui rentre dans la botanique forestière.
La zoologie ou sdîence des animaux.
Elle peut, ainsi que la phytologie, être divisée en THÉORIQUE et pratique. La première a pour but d'examiner la vie animale en général , et de rechercher les animaux de toutes les formes existantes. Elle considère , dans Taxatomie, la structure extérieure et intérieure, ainsi que le but et les fonctions des divers organes ; donne, dans la terminologie, des expressions déterminées pour les formes et parties d'animaux en particulier, et cherche, par la systématique , à distinguer et à grouper toutes les espèces existantes d'animaux , selon les degrés de leur développement.
La zoologie pratique , au contraire , fait connaître l'influence de la vie des animaux sur la vie humaine , et ensuite se subdivise en un grand nombre de parties. Les suivantes sont d'une importance particulière poui- le forestier :
1° L'enseignement des animaux utiles et nuisi-
— Gables dans les forêts ; par exemple , la connaissance des insectes des forêts.
2° La zoologie des chasses, ou enseignement des animaux formant l'objet de la vénerie.
POIR I.'ÉTCDE de l'histoire NATLRELLE , E\ GKXÉRAl. , SE BECOXHAIVDEXT LES OUVRAGES SUIVANTS :
Histoire naturelle des trois règnes, traitée par Bischofl", Bliim brown , de Le'onard , Leukart et Voigt. Stouttgart. Depuis i834, en livraisons à I fr. 6 c.
Hesiprich. — Précis d'histoire naturelle, publié par Reichenbacb lierlin , 1829. 8 fr.
Okex. — Histoire naturelle populaire . Stouttgart. Depuis i834. en livraisons à 80 c.
POUR l'ÉTCDE de la géographie physique , GÉOLOGIE ET GÉOGXOSIE ;
DE Léonard. — • Géologie, ou Histoire naturelle de la terre mise à la portée de tout le monde. Souttgart , depuis i83G.
DE Léonard. — Eléments de la géologie et géognosie. Heidelberg . i83i. 9 fr.
DE LA Bêche. — Manuel de géognosie , traduit en cdlemand par de Dechen. Berlin, i832. 10 fr. 5o c.
Dans le nouveau Manuel annuaire de minéralogie, géognosie , géologie et connaissance des pétrifications de de Léoxard et 1îbo>-.\ , on trouve toujours des extraits des écrits nouvellement publiés, concernant ces sciences.
POUR la coxvaissaxce du sol :
Kkoutzsch. — Science des montagnes (roches) et terrains. Dresde, 1827. 7 fr. 4 oc.
ScHUBLER. — Chimie agricole, 2 t. i83i . 6 fr. 5o c.
PODB OBYCTOGNOSIE :
Naumann. — Traité de minéralogie. Berlin. 1828. 10 fr. Soc.
DE Léoxard. — Eléments d'oryctognosie. Heidelberg, i833. ii f. 10 c
POUB MI\ÉBALOGIE APPLIQUÉE :
Nacmaîin. — Essai sur la minéralogie économique. Leipzig, 1816. G fr. 5o c.
VoÉL&AEB. — Manuel de minéralogie économique et technique. Weimar.
POUR BOTANIQUE THÉOBIQUE :
WiLDEîïOAv. — Eléments de la science des herbes (botanologie). 6' éd. publiée par Li\k, 3 t. Berlin, 1829-33. 24 fr.
G\vI^^ER. — Système des plantes sous le rapport de réconomie forestière. Stouttgart, i832. i fr. 5o c.
MoESSLEE. — Manuel de la science des végétaux , revu par Reicheh- BACH. 3^ éd., 3 V. Altona, i834. 28 fr.
Rou\TH. — Manuel de botanique, Berlin, i83i . 8 fr.
Otto. — La clef de la botanique. Roiidolstadt, i835, 6 fr. 60 c.
Reuh (Roium). — Physiologie des plantes. Dresde et Leipzig, i835. 4 f. 20 c.
Tréviramts. — Physiologie des végétaux. Bonne, i835. i4 f.
POUR EOTAKIQUE APPLIQUÉE :
Reum. — Botanique forestière. 2e éd. Dresde, 1826. 8 fr. GuiMPEL et Hayxe . — Figures en planches des espèces de bois de TAllemagne. 36 liv. Berlin, 1810-1820. 191 fr.
Becbstein. — Botanique forestière. Gotha, i8ai. igfr.ôoc.