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DE LA BÉCOLTE DES BOIS

Premier chapitre.

PRINCIPES GF.NÉliAOX ET nÈClES A CET ÉGARD.

Époque de la récolte.

Avec les fruits des champs on peut déclarer exactement le temps de la maturité ; avec le bois , au contraire , il n'y a , pour cela , aucune donnée certaine , et ce même bois peut déjà, à dix ans et même d'abord à cent ans et plus tard encore, être considéré comme bon à exploiter , suivant que l'on a besoin de bois faible ou vigoureux. Le genre de consommation ou l'emploi qu'on veut en faire est donc un objet principal , qui entre forcément en considération dans le choix de l'époque.

Mais le genre d'emploi du bois n'est pas le seul point d'où dépende son exploitation ; l'on a , en outre , encore à observer les vues suivantes :

1° La possibilité à obtenir le recru naturellement;

2" L'obtention de la plus grande quantité de bois;

3° La valeur à laquelle peut atteindre le bois dans ses différentes grosseurs ;

4° Le profit , garanti par un prompt usage ;

5° Les frais et dangers qui accompagnent le repeuplement des bois ;

6° Les opérations mercantiles ;

7° Les profits secondaires des forêts ;

8" Les prétentions d'autrui à l'usage des bois conjointement avec le propriétaire de ces bois ;

9° L'influence qu'entraîne cet usage des bois depuis la plus haute antiquité , relativement à la détérioration du sol.

Conclusion.

Il ressort de là que l'époque de la récolte des bois ou l'âge auquel ils doivent être exploités pourra être très-différent, et que , de plus, avec une seule et même espèce de bois employée à une seule et même destination, l'âge pourra être non-seulement inégal, mais souvent aussi devra l'être, parce qu'un arbre a besoin , pour arriver à une certaine grosseur, d'un bon sol , et y met moitié autant d'années qu'il lui en faut sur un mauvais terrain. Veut-on , par conséquent , avoir un arbre d'une grandeur déterminée , naturellement l'exploitation de celuici ne peut pas avoir lieu partout au même âge.

RcvoliJtion.

Le nombre d'années qu'on estime , après l'examen de toutes les considérations proposées dans le § 79 , comme étant le plus convenable à l'exploitation d'une essence de bois , se nomme révolution (ou tour de régénération ) , et celle-ci doit servir de point de départ relativement à l'époque de la récolte des

On établit ordinairement à l'avance, par cette révolution , le nombre d'années qui est nécessaire pour en effectuer le tour, avec les abatages de bois dans la forêt. Si, par exemple , on divise un taillis simple en vingt coupes et qu'on exploite, toutes les années , une de ces coupes, on a établi alors une révolution de vingt ans pour celte forêt , et, après l'expiration de ce temps, on trouvera de nouveau , dans chaque coupe, du bois de vingt ans.

Ce qui est bon et convenable avec les taillis simples et les taillis composés ne l'est pas avec les futaies. Dans ces dernières, souvent le bois d'une forêt , déjà arrivé au moment où il dépérit , se trouve placé dans une division, alors que dans une autre division le bois commence seulement et justement à croître. La supposition d'une révolution fixe pour une semblable forêt conduit donc souvent, de toute nécessité, au plus grand préjudice, et il est à peine explicable comment il serait possible, ainsi que chacun le sait, que, dans un district où le sol est

ordinaiieniet)l si différent, un forestier pût déterminer une période invariable. Si on a trois districts, dans lesquels on assigne à l'un une révolution de 60 ans , à l'autre uue révolution de 80 ans , et au troisième une révolution de 1 20 ans, personne ne balancera, en effet, à établir comme révolution du premier district 60 ans, du second 80 ans, et du troisième 1 20 ans. Mais si, maintenant, dans un seul et même district, d'après ses différents peuplements, il y a lieu de partager la forêt en d'autres sous-divisions (ou séries, puis périodes), ce qui est ordinairement le cas, comment établira-t-on alors la révolution pour ce district?

Règles sur le choix des coupes (ou assiettes de coupes).

Le juste choix des coupes annuelles dépend nonseulement de la quotité du revenu, mais aussi et surtout de la sûreté de l'exploitation. Les règles sur le choix des coupes sont dès lors d'une grande importance; elles se présentent comme suit :

1 ° Le bois le plus âgé doit être pris avant le plus

jeune.

2° Prenant, en général, l'ensemble des lieux et de semblables essences , celles qui croissent moins bien qu'elles ne devraient, d'après le sol, doivent passer avant les plus vieilles. 3° Lorsque , dans les localités propres à être coupées, il y a des essences qui, déjà jeunes, ont un accroissement non atteint de corrup-

tion, ou qui sont justement riches en semences, on doit alors préférer ces essences à celles qui n'ont pas d'accroissement, ou qui, dans l'année, n'ont point de graine.

4" Lorsque dans un taillis simple se trouvent des essences de bois sur pied qui ne repoussent plus, on doit exploiter immédiatement ceux qui ont l'âge normal pour l'accroissement. 5^* liCS lieux où sont des pâturages ne doivent point être, sans nécessité, rendus difliciles au pacage, ou doivent être assez éclaircis par les coupes.

6° Les coupes doivent être réparties de manière que la vidange soit le plus facile possible pour ceux qui reçoivent le bois.

1° On doit réunir les assiettes de coupes dans l'ordre où elles se joignent convenablement les unes aux autres.

8° On doit prendre en conside'ration , dans l'ordonnance des coupes, qu'il n'est pas nécessaire, dans les coupes les plus récentes, de fournir en bois celles-ci, au moyen du recru des coupes plus anciennes.

9*> On devra opérer des coupes sans réserves dans les futaies, lorsque, à cause du recru, l'on a l'intention de changer l'ordre régulier des abatages.

10° La conduite des abatages ne doit se faire en coupes à blanc estoc que tout autant que l'ensemencement naturel , plus facile , en sera la

conséquence, dans le cas où ou recherche cet ensemencement de préférence à l'éducation du bois.

11° On doit, avant tout, dans l'arrangement des abatages, avoir principalement en vue le moindre des dommages qui pourraient résulter pour eux des influences atmosphériques.

12° Si des essences se présentent en forêts, lesquelles exigent une exploitation prolongée, on ne peut pas classer ces peuplements dans l'ordre ordinaire des assiettes de coupes.

Ue la conduite des coupes mêmes.

Dans la conduite des coupes, on doit avoir en vue principalement le recru du bois, et la récolte des bois doit, par conséquent, s'exercer de manière que le repeuplement en soit une conséquence naturelle, et si ce recru n'est pas le point qui intéresse, on doit néanmoins opérer de manière que, dans tous les cas, l'éducation des bois en soit la plus favorable possible.

Or maintenant, comme le recru résulte très-différemment d'espèces distinctes d'exploitations, on est conduit à séparer les genres particuliers de traitement.

Deuxième rltapitre.

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