‹ Principes fondamentaux de la science forestièreChapitre 51 sur 105 · TRAITEMENT DES AUTRES BOIS FEUILLUS COMME FUTAIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES AUTRES BOIS FEUILLUS COMME FUTAIE

Age anqiirl on doit fixer Texploitation.

Le meilleur âge d'exploitabilité est , avec les chênes, entre 1 50 — 200 ans; avec les ormes , frênes, érables , aunes et tilleuls , entre 60 — 1 20 ans ; avec les bouleaux et trembles , entre 40 — 80 ans,

Règles pour rexploitation .

En règle ^ on doit aussi pour ces essences, comme avec les hêtres, suivre préférablement la seule méthode du réensemencement naturel. Mais l'enlèvement des arbres de semences , avec les espèces désignées , peut s'effectuer après la croissance des jeunes brins, déjà même dans la première année, et on doit , pendant ce laps de temps , achever les coupes de nettoiement ou d'amélioration aussitôt que possible. Avec les essences pourvues de graines entièrement légères , ces nettoiements des plants peuvent être entrepris , si les circonstances le permettent , immédiatement après la chute de la semence avant la pousse des brins de semences.

BÉGÉNÉRATIOX DES FORÊTS nÉSIMEUSES.

Genres d'exploitation.

Les sapins peuvent être traités de la même manière et exploités au même âge que les hêtres. Mais, pour les épicéas et pins , il y a quatre différents genres d'exploitation , savoir :

1 ° Coupes avec arbres de semences réservés (coupes de réensemencement) ;

2° Coupes par bandes sautées de proche en proche, abatages en coulisses ou coupes par bandes alternées ;

3° Abatages par bouquets ou massifs de bois , ou petits blocs ;

A° Coupes à blanc estoc ou sans réserves.

Avec ces quatre méthodes , la principale chose consiste dans la soigneuse prévoyance des vents dangereux. Les vents dominants et à craindre viennent en Allemagne , du côté de l'ouest et du midi ; de ces côtés , les essences ne doivent donc pas être abattues , mais il faut conduire les coupes en allant contre le vent. La régénération doit , au reste , se prendre entre le terme de 60 à 140 ans.

Des coupes irenseniencement avec e[)iceas et pins.

Lorsqu'on a des coupes d'ensemencement avec épicéas et pins , on doit les limiter à l'année seulement où les graines existent déjà dans les cônes ou strobiles , ou bien encore là où des indices permettent d'attendre une année fertile en semences. Toutefois, dans l'intervalle, on enlève avant tout, dans les précédentes coupes d'ensemencement exercées après la pousse du recru , à peu prés tous les arbres restés encore debout , et on opère donc ainsi de vrais abatages préparatoires ou intermédiaires , immédiatement après qu'on a déterminé les parties exploitables , ainsi qu'on l'a déjà énoncé pour les hêtres au § 90. Mais on est obligé, dans les abatages préparatoires , d'avancer l'exploitabilité seulement tout au plus de trois à quatre ans. Si, dans ce temps, on n'obtient pas d'année de semences , on établit alors la coupe ordinaire sans réserves et on ensemence ou on plante les surfaces exploitées le mieux possible aussitôt après qu'elles ont été vidées.

Les coupes par bandes sautées de proche en proche, ou abatages en coulisses — alternés .

On comprend sous ces dénominations l'exploitation de bandes de coupes larges de (10 — 15 îHutbenperches)43'" ,040"""''" à 64" ,560™'""°-, espèces de coulisses alternées au moyen de bandes pas tout à fait

aussi larges, le bois restant sur pied dans ces dernières bandes.

Cette conduite de coupes a maints avantages sur celles d'ensemencement, parce que les épicéas et les pins profitent à proximité des vieux arbres beaucoup mieux qu'immédiatement sous ces mêmes arbres. Les vents orageux permettent toutefois rarement de semblables coupes alternées , et on doit , à cause de cela, les limiter seulement, d'après des espérances certaines, à la présente année d'ensemencement.

Les abatages par bouquets (massifs de bois ou petits blocs ).

L'expérience, qui a prouvé que le jeune bois pousse plus facilement à la proximité du vieux bois, a jadis amené à réserver partout, au milieu des peuplements propres à être exploités, de petits massifs à l'entour desquels on établissait, d'année en année, des places vides par l'enlèvement du bois placé à leurs côtés. Le but de réensemencement naturel était ainsi atteint, mais en même temps aussi il en résultait facilement cette conséquence, à savoir, que le vent pouvait causer de grands dommages, et pour ce motif on doit bannir des forêts ces abatages par bouquets, et les mentionner uniquement comme

fait historique.

Les coupes à blanc estoc (ou sans re'serves ).

Par coupes à blanc estoc on comprend l'exploitation complète des surfaces de coupes.

Quand on ne considère pas l'épargne des frais, et quand on cultive de nouveau tout de suite chaque surface exploitée, ces coupes méritent alors en général la préférence, bien que ce genre d'exploitation ne soit pas convenable. Dans lesdits cas, on doit opérer d'une manière complète les coupes d'ensemencement et les abatages par bandes alternes ou en coulisses, car beaucoup de dépenses peuvent nonseulement être souvent évitées par ces dernières, mais encore, sous certains rapports de la situation où il est placé, le recru doit par elles s'obtenir avec une plus grande garantie.

La principale considération dans les coupes à blanc estoc des épicéas est, dans la règle, avec appréciation des influences atmosphériques, de ne pas prendre une coupe d'une largeur démesurée. On ne peut mieux faire que de fixer la largeur de cette coupe exactement semblable à la longueur que doivent avoir les arbres à exploiter parmi les essences propres à la coupe. On peut rarement Teffectuer avec exactitude, mais d'ordinaire on est obligé, par les circonstances, de tracer les coupes plus larges.

Il y a une dernière règle : on doit souvent alterner dans les coupes à blanc estoc d'épicéas, pour que le jeune bois jouisse du bienfait de la proximité des vieux.

Avec les pins, la grandeur des coupes est plus indifférente , et dés lors aussi le changement moins nécessaire ; pourtant, il est encore plus facile d'élever les jeunes plants rapprochés du vieux bois que

sur de grandes surfaces dépouillées de réserves.

Application particulière des coupes par bandes sautées de proche en

proche.

Dans de très -rudes situations et sur de trèshautes montagnes, la conduite suivante avec les épicéas est à recommander :

On assied l'exploitation de manière à laisser toujours debout, entre une bande de coupe large d'environ (25-35 eci)rttt-pas) 1 A^^l OO"'^'"- à 1 g*", 740™""'" , une ligne aussi large où le bois, d'un âge moyen, n'est admis à être exploité qu'en temps opportun. Quand on emploie cette économie par ordre de tour, le sous-bois, lors de chaque coupe, se trouve toujours protégé par les vieilles essences.

Des me'lèzes.

L'âge de Texploitabilité des mélèzes tombe entre 50-110 ans; leur régénération peut, d'après les principes généraux ci-devant posés, être établie uniquement par un réensemencement naturel, dans une juste proportion , et de la même manière qu'avec les épicéas et les pins; il convient beaucoup mieux cependant d'user du moyen de la plantation relativement aux mélèzes.

Troi$^iènic chapitre

DES ÉCLAIRCIES (oU ÉCLAIRCIES PERIODIQUES).

Explication .

Sous le terme éclairciej on comprend l'enlèvement du bois dominé et du bois qui est embarrassant au progrés de la croissance. Lorsque déjeunes plantes sont sur pied ensemble, sur une surface quelconque, plus que cette surface ne peut en contenir constamment, alors elles doivent se déposséder, de toute nécessité, l'une par l'autre; mais ceci ne peut pas avoir lieu sans un grand préjudice pour toutes, et il est bien , par conséquent , d'en supprimer en temps opportun , et cette opération doit s'effectuer au moyen d'éclaircies.

§ iOl.

Règles pour les ëclaircies.

Pour obtenir la plus grande masse de bois, le sol doit être recouvert par le bois de l'âge le plus tendre , garanti par ces mêmes jeunes plants; mais le nombre des tiges ne doit pas être considérable à ce point , qu'elles se gênent dans leur accroissement , et c'est pour cette raison que le jeune bois ne peut rester ainsi serré Tùn contre l'autre , et c'est encore pour

cela que, déjà même dans la première période de la jeunesse , un ëclaircissement, ou bien encore un déplacement, devient obligatoire. Maintenant, d'après ce principe, les règles de la tbéorie pour les éclaircies découlent naturellement; mais l'exécution peut rarement s'en faire comme le comporte la tViéorie. Les règles pratiques principales se rapportent aux suivantes :

1" On doit commencer de bonne heure les éclaircies, et les répéter aussi souvent que cela est nécessaire ; 2" On ne doit jamais aussi interrompre l'achèvement d'une éclaircie commencée; 3° Plus le bois a été serré dès le principe^ moins

on doit en lever en une seule fois ; 4" Sur les limites des peuplements on ne doit y opérer que tout autant qu'un bon manteau servant d'abri y est formé.

Quatrième chapitre.

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