DE L'ESSAI DES M1NÉRAIS
brasqué , et quelquefois à nu ; on chauffe celui-ci dans ua fourneau à vent. Le culot de cuivre , qui est .formé après une demi-heure ou une heure de feu , et que l'on retire en cassant le creuset après refroidissement, doit être bien pur et dégagé de toute scorie ; car, s'il se trouvoit entouré de inattes, c'est-à-dire d'un anoeau de matière métallique cassante , c'est une preuve que le grillage du minérai a été incomplet, et l'essai doit être recommencé.
Le culot de cuivre que l'on obtient d'un essai, ne présente un métal pur que dans le cas où le minérai ne contient que très-peu de fer et point d'autres métaux : mais lorsque le fer est un peu abondant, son oxide se réduit en partie pendant l'opération et, ce métal s unissant au cuivre , rend l'essai toutà-fait incertain , en augmentant le poids du culot d'une manière entièrement indéterminée. On s'aperçoit , au reste, de l'alliage du fer à la couleur que le cuivre obtenu présente d;ms sa cassure, et au manque de malléabilité. On peut obtenir d'un essai deux' sortes de combinaisons: ou beaucoup de fer avec peu de cuivre , ou bien du cuivre qui a retenu une petite proportion de fer; dans ce dernier cas c'est du cuivre noir, produit le plus ordinaire de la fonte des minerais de cuivre»
C'est par tous ces motifs qu'on ne peut que rarement calculer immédiatement le produit d'un essai de cette espèce; il faut faire subir au culot une nouvelle opération, afin d'en séparer les métaux étrangers, et qui sont, outre le fer, quelquefois ^'arsenic , l'antimoine, le zinc, etc.
Le culot de cuivre impur qu'il s'agit de purifier doit être mis dans une coupelle, et celle-ci est placée sous la moufle d'un
fourneau d'essai pour lui faire éprouver une très-forte chaleur blanche. On a soin de laisser la porte de la moufle entr'ouverte, de manière que l'air s'y introduise avec facilité et donne seulement à la superficie du métal fondu un petit mouvement d'ondulation. On incline de temps en temps la coupelle
en avont et en arrière, pour que cet effet se produise plusaisément,et Ton continue ainsi jusqu'à ce que la masse fondue ne montre plus aucune de ces variations de couleur que l'on y remarquait auparavant. A cette époque, et pendant quelques instans seulement, on donne une chaleur encore plus forte, en bouchant l'orifice de la moufle avec des charbons ardens, et ensuite on retire brusquement la coupelle avec le bouton de cuivre pour plonger le tout dans l'eau. Si l'on voyoit que le culot de cuivre, après qu'il a demeuré pendant quelque temps sons la moufle, exposé à la chaleur blanche, ne se fond pas, ou* bien, qu'étant fondu, il ne s'affine pas, il faudroit y ajouter, pour déterminer l'aflinage, 1 , 2 ou 3 fois le décuple du poids total de plomb non argentifère , et l'affinage commenceroit tout de suite.
Pou r calculer d'ap rès cela le poids du cuivre donné par l'essai, il faut, lorsqu'on n'a pas mis de plomb, ajouter au poids du bouton de cuivre affiné un dixième de la perte qui a eu lieu dans l'opération : mais, lorsqu'on a fait usage du plomb, il faut en outre comp.ter une perte en cuivre de 1 livre pour chaque décuple de plomb ajouté. Ainsi , pour un culot qui est de 48 livres fictives après sa purification, mais qui provient d'une quantité de cuivre brut de C8 livres, et a éprouvé une perte de 20 livres, on aura à ajouter le dixième de cette perte, c'est-à-dire 2 livres-, ce sera donc 5o livres pour le poids du résultat del'essai. Mais si l'on a employé 1 , 2 ou 3 décuples de plomb, il faudra compter en sus 1 , 2 ou 3 livres, c'est-àdire, admettre qu'il y avoit en cuivre pur ou 53 livres dans celui qui a été essayé.
Au reste , l'essai des minérais de cuivre, et surtout la purification du culot par la voie sèche, laisse toujours quelque incertitude, et les essayeurs les plus exercés ont de la peine à obtenir d'un même minérai, et par des essais répétés, des produits qui soient parfaitement d'accord entre' eux. 'L'essai des minérais de cuivre parla voie humide est fondésur
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la propriétéque possèdeson oxîde de se dissoudre dans l'ammouiaqueavec Facilité» Les minerais sulfureux doivent être grillés complètement , et ce n'est que dans cet état qu'ils pourront être traités comme les autres par l'acide nitrique. Précipitant ensuite par l'ammoniaque en excès , k cet alcali dissoudra loxide de cuivre et laissera celui de fer; saturant alors la dissolution alcaline ûltrée par un acide, on pourra en précipiter le cuivre à l'état métallique par le moyen d'une lame de fer pien décapée. Dans le cas où l'on se seroit assuré que le minéral ne contient aucun autre métal précipitable par le fer, que le cuivre, l'opération seroit plus simple encore; car il seroit inutile de dissoudre l'oxide de cuivre dans l'ammoniaque , et l'on pourroit précipiter ce métal immédiatement de la premiète dissolution.
; ' Essais de plomb,
§. 7. Lorsqu'il s'agit de faire l'essai du minéral de plomb carbonaté, ou des ox ides de plomb quelconques, il suffit de mêler ceux-ci avec un peu de poussière d\e charbon , de colophane, et d'y ajouter un peu de verre de borax et de spath fluor, suivant qu'il s'y trouve plus ou moins de gangue : en fondant ce mélange dans un creuset ordinaire, sous la moufle d'un fourneau , ou dans un fourneau à vent et .avec une chaleur modérée, on obtient le plomb réduit au bout de très-peu de temps. * .
Pour les minérais sulfureux il y a un grand nombre de moyens d'essai fort différens. Lorsqu'ils sont très-purs, c'està-dire complètement débarrassés des gangues, ïe procédé le plus facile, et en même temps le meilleur , c'est-à-dire, celui qui donne les résultats les plus certains, consiste à fondre avec de la limaille de fer. En mettant de 20 à 26 pour 100 de cette limaille bien pure avec un- peu de borax- calciné dans un creuset brasqué , et en chauffant vivement sous une moufle , • a obtient un culot de plomb dégagé de toute espèce desco-
56 CHAPITRE f.
rie ou matte. Cet essai donne jusqu'à 82 deplomb pour 100 de
galènç.
Au reste, lorsqu'on a de la galène bien purifiée parle lavage, exempte de blende et de pyrite dé fer, iresf-in utile d'en faire l'essai, puisque sa composition est constante, et qu'elle contient toujours environ 83 de plomb métallique pour 100. Il convient donc alors de s'en tenir à l'essai parle lavage, dont nous avons parlé.
Dans beaucoup d'usines on fait l'essai des minérais de plomb sulfuré en les grillant dans un test, de manière à volatiliser aussi complètement que possible le soufre du sulfure , et pour cela il faut ajouter à plusieurs reprises de la poussière de charbon , qui décompose le sulfate de plomb; on parvient ainsi à n'avoir plui guère que de l'oxide de plomb mêlé dans la gangue , et on le fond comme, nous avons dit pour les minérais oxidés. Ce procédé donne toujours moins de plomb que h précédent, et d'autant moins qu'il y a plus de gangue -, les galènes les plus pures ne montrent jamais plus de 0,70 , à 0,72 de plomb.'
Nous avons dit qu'en Allemagne, dans les grandes fonderies, on avoit cherché des moyens prompts et économiques pour faire les nombreux essais de plomb qui ont lieu chaque semaine. Le procédé auquel on s'est arrêté n'est pas plus exact que le précédent, mais il exige beaucoup moins de temps, et un même opérateur peut en conduire une certaine quantité à la fois. Au reste, il s'agit moins, dans les circonstances où l'on pratique ce procédé, d'obtenir des résultats exacts, que d'en avoir d'uniformes et de bien comparables entre eux.
Leschlich à essayer étant bien pulvérisé, 011 y joint 4 parties de potasse blanche, calcinée et réduite en poudre. Le tout est mêle' dans un petit creuset de terre, puis recouvert de sel commun, et placé sous la moufle d'un fourneau de coupelle, qu'on a soin d'ail u mer au moins une heure auparavant. Trentecinq essais peuvent avoir lieu ensemble dans te même four*
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neau. Quand les creusets y ont séjourné «ne heure et demie ou sept quarts d'heure, on les retire dans l'ordre indiqué par le registre d'essai : on les laisse refroidir; on les casse avec précaution; on nettoie le culot de plomb, on te pèse et l'on connoît ainsi la teneur de chaque schlich en plomb argentifère. Il ne reste plus qu'à déterminer la teneur en argent du culot de plomb obtenu, ce qui a lieu sur des coupelles formées avec de la terre d'os calcinée , suivant le procédé qui est généralement connu de la coupellalion en petit.
Les produits divers des usines sont essayés par le même procédé; seulement, comme il s'agit de désoxider le plomb qui s'y trouve, on ajoute aux 4 parties de potasse un quart de partie de charbon en poudre.
Les minérais de plomb et les produits des fonderies peuvent être essayés, parla voie humide, d'une manière simple et fort exacte, de sorte que la pratique doit en être recommandée. Il suffit de dissoudre les oxides de plomb dans l'acide nitrique un peu aflbibli, d'étendre la dissolution et de précipiter par le sulfate de soude ; le précipité de sulfate de plomb , recueilli sur un filtre et séché, contient toujours de 68,29 de plomb métallique sur 100. La même dissolution pourroit aussi servir à nous faire connoître également parla voie humide la quantité d'argent contenue; mais on n'emploie pas ce moyen pour de très-petites quantités d'argent.
Le procédé que l'on vient d'indiquer seroit insuffisant pour les produils de fourneau ou minérais grillés qui coatienëroient du sulfate de plomb. Il ne seroit point dissous par l'aciile nitrique foiblejil faudroit employer ensuite l'acide muriatique concentré.
Êssai des minérais d'argent.
§. 8. L'essai par la voie sèche des minérais d'argent est fondé
sur la grande affinité que le plomb montre pour ce métal ; on
les fond ordinairement avec de la litharge, qui a la propriété
de vitrifier les terres, et dont une partie, e*n se réduisant , entraîne tout l'argent contenu. L'opération se fait sous la moufle
d'un fourneau d'essai et dans un petit vase de terre appelé scorificatoire ; l'opération est alors réduite à extraire l'argent du plomb par l'opération connue sous le nom de coupellation.
Ainsi , pour essayer un minérai terreux ou bien un minérai sulfuré qui a été grillé, on ajoute huit parties de plomb grénaillé, tenant le moins d'argent possible; on fond complètement toutes les matières, et pour s'en assurer on promène dedans un" petit crochet de fer; cçla fait, on verse le tout dans une espèce de moule de fer, où la matière se refroidit; çprès cela on concasse avec précaution, afin de recueillir tout le plomb argentifère. V
Quand on veut essayer, pour l'argent, des minéraîs qui côntiennentdéjàdu plomb, il suffit, comme nous l'avons dit ailleurs, de faire l'essai pour le plomb et de coupeller ensuite le culot obtenu. Quand il s'agit de galène pure, on peut la coupeller directement avec du plomb.
L'essai des ruinerais d'argent par la voie humide est fort simple et pourroit être pratiqué aisément s'ils étoient fort riches, car on ne peut espérer d'apprécier par ce moyen de petites quantités d'argent avec autant d'exactitude que par la voie sèche; c'est pour cela qu'on préfère celle-ci à l'autre.
Nous ne nous arrêterons pas à décrire la coupellation, qui est un moyen de séparer , en petit comme en grand et avec beaucoup d'exactitude, l'argent du plomb.
Çssai des minéraîs d'or.
§.9. Lorsque l'or se trouve à l'étal natif, en paillettes , dans des sahks, on en fait l'essai par le lavage, moyen qui est également employé en grand pour obtenir ce métal des minéraîs d'alluvion. Lorsque l'pr est disséminé dans des roches dures , on les bocarde et on les lave avec précaution : on y trouve encore de l'avantage en grand , lors mpme qu'il ne s'y trouve que
DE l'E9SAI DES MINORAIS. 0$
4 gros d'or par quintal de &chlich obtenu; mais il faut arrêter
le lavage à un certain point, parce qu'on perdroit bientôt une trop grande quantité du métal précieux. L'essai par la voie sèche, que l'on ne doit pratiquer que sur des minerais déjà lavés, lorsqu'ils se présentent très- pauvres, est fondé sur le même principe que celui des minérais d'argent, c'est-à-dire, sur l'affinité du plomb pour l'or.
On prend une partie de minérai, qu'il vaut mieux griller lorsqu'il contient de l'arsenic ou de l'antimoine, et on y ajoute 8 pour 100 de plomb; on fond dans nn scoriticatoire, sous la mon lie d'un fourneau d'essai; si le min. rai est très-difficile à fondre, on y joint un peu de verre de plomb ou bien d'une demie à une partie de verre de borax : on fond jusqu'à ce que tout devienne liquide, ou du moins jusqu'à ce que les scories surnageantes soient bien transparentes; on coule ensuite pour obtenir le plomb métallique qui aura réuui et retenu tout l'or du minérai : il ne reste plus qu'à coupeller pour séparer ce dernier métal avec l'argent qui pouvoit se trouver soit dans le minérai, soit dans le plomb dont on s'est servi.
Lorsque la pauvreté du minérai oblige à employer une masse un peu considérable, comme de 3, 4 ou 5oo grammes, l'opération se fait dans un creuset et en ajoutant 4 parties de minium et 12 de flux noir; on recueille ensuite le plomb pour le coupeller. M. Sage dit avoir reconnu que le meilleur procédé consiste à traiter les minerais, et principalement les pyrites aurifères, avec 8 ou 10 parties d'acide nitrique et à seorifîer le résidu avec du plomb, comme nous l'avons dit: il assure avoir obtenu, parce procédé, moitié plus d'or des pyrytes aurifères de Hongrie , que par i'ainalgaination.
L'amalgamation pratiquée en petit, en triturant dans un mortier les minérais aurifères grillés et réduits en poussière très-fine, est un assez bon moyen d'essai, surtout lorsque l'or n'est pas combiné. Il faut employer six parties de mercure.
40 c ha mut: 1.
L'essai, parla voie Humide, des minerais très-pauvres, est «ne opération fort délicate et sujette à erreur , à cause de la difficulté d'apprécier une quantité extrêmement petite d'or; car il y a des schlicjis ou des miriérais qui ne contiennent que — et même d'dr. Il vaut mieux, dans -tous les cas
semblables, employer la voie sèche et l'addition du plomb i suivant M. Karsten, il faut préférer celui qui contient un peu d'argent, et en ajouter s'il ne s'en trouvait pas : on mettra du plomb depuis deux jusqu'à six fois le poids du minérai, et J'oii fondra sous la moufle, dans un creuset brasqué en charbon; Dans le cas où le minérai contiendroit du soufre , et sur* tout de l'arsenic ou de l'antimoine, il recommande de griller avec soin.
Essai des minerais d'élàin,
§. 10. La grande pesanteur spécifique de l'étain oxidé permet d'appliquer le lavage comme moyen d'essai aux roches et aux sables qui le contiennent; lorsqu'on arrive à l'avoir bien pur, il n'y a pour ainsi dire pas besoin d'autre essai, puisqu'il contient 7^,67 d'étain métallique.
L'essai par la voie sèche, desminérais d'étain convenablement laVés, se fait dans un creuset brasqué et à une tempérai ture aussi élevée que celle des essais de fer: en remplissant
cette .dernière condition, on réussit toujours.
On a fait usage pendant long-temps, pour cessortes d'essais, du Jlux noir; mais la potasse qu'il Contient dissout une trop grande quantité d'oxide d'étain , et il y avoit toujours une perle notable sur le métal : il vaut mieux se servir du verre de borax en y ajoutant un peu dépoussière de charbon , le tout exactement pulvérisé et mêlé avec le minérai. On doit regarder l'essai comme bon lorsque le culot d'étain bien réuni est . malléabLe, et qufe les scories sont bien transparentes et sans mélange de grains métalliques. Suivant M. Lampadius , on peut employer trois quarts de partie de verre de borax avec un quart de partie de chaux vive.