PRÉFACE XV
Tels sont les deux points que je veux examiner.
« Le philistin, a écrit Engels (i), par le mot matérialisme, entend la goinfrerie, l'ivrognerie, la paillardise, la soif de l'argent, la cupidité et la lésine, la fabrication du profit et la tricherie à la Bourse, bref, tous les vices crapuleux auxquels lui-même s'adonne en cachette ; par idéalisme il entend la croyance à la vertu, à l'amour de l'humanité et à un meilleur monde en général, choses qu'il pose pour aimer devant le monde » (a). C'est cette façon stupide de
(1) Etude sur « Ludwig Feuerbach », déjà citée, VEre nouvelle^ avril 1894, p. 458.
(2) « Ceux qui maintenaient la primordialité de Tesprit... formèrent le camp de Tidéalisme. Les autres qui considéraient la matière, la nature, comme préexistantes, appartiennent aux différentes écoles du matérialisme. • (Idem, p. 451). Si on prend les mots matérialisme et idéalisme en ce sens, il est parfaitement exact de dire que les marxistes sont matérialistes et non idéalistes.
Mais il n'en est pi us de même si on donne au mot matérialisme le sons vulgaire dénoncé ci-dessus par Engels, et au mot idéalisme le sens de « poursuite de buts idéaux ».
'i Les influences exercées par le monde extérieur surThomme s'impriment dans son cerveau, s*y réfléchissent en guise de sensations, pensées, impulsions, déterminations de la volonté, bref, en « courants idéaux », et sous cette forme deviennent des « puissances idéales ». Si la circonstance au'un