‹ Problêmes d'astronomie nautique et de navigation, précédés de la description et de l'usage des instrumens, et suivis d'un recueil de tables nécessaires a la résolution de ces problêmesChapitre 306 sur 356 · JO.S · texte numérisé non relu

JO.S

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Comme la dépression du mercure dans le tube est une quantité additlce constante pour chaque baromètre ( pour le nôtre , dont le diamètre intérieur est de 8 millimètres , elle est de 0,684, Tab. IX.}, nous aurions pu la faire entrer daus la formation de la Table précédente; il en serait résulté que les observations faites avec cet instrument 11'auraient plus exigées , avant que de faire usage de cette Table , que les réductions à des températures déterminées , effectuées au moyen de la Table XI.

Ve l'hjgromètre. Cet instrument sert à mesurer la quantité de vapeur d'eau contenu dans l’air. Il eu existe de plusieurs sortes, mais nous ne parlerons que de l’un des hygromètres dits d’absorption , parce que sa construction est fondée sur l'affinité qu'ont plusieurs substances pour la sapeur. L'hygromètre à cheveu ou de Saussure , dont la construction est fondée sur la propriété que possèdent les cheveux , de s'alouger par l’humidité et de se raccourcir par la sécheresse.

La partie principale de l'hygromètre de Saussure est un cheveu ; mais le cheveu dans l'état naturel est recouvert d’une matière grasse qui le défend jusqu’à un certain point de l’action de l’humidité : les variations qu’il éprouve dans cet étal ne sont pas régulières; il faut donc le préparer. Après avoir fait choix des cheveux les plus doux , ou eu forme un paquet de la grosseur d’un tuyau de plume ; on le fait bouillir pendant vingt à trente minutes dans une eau contenant un ceutième de carbonate de soude ; les cheveux sont ensuite lavés et séchés. Ils doivent paraître doux , transparens , brillans. La dilatation des cheveux bien préparés , est de la cinquantième partie de la longueur depuis la sécheresse jusqu’à rhumidité extrême , taudis que les cheveux non dépouillés uc leur matière grasse ne se dilatent que de la deux centième partie , et encore d’une manière irrégulière.

Le cheveu ainsi préparé est fixé à sa partie supérieure par le moyen d’une pînee, et est roulé autour d’un axe horiionlal ; à cet axe est attaché une aiguille dont les mouvemens sont mesurés sur un arc gradué. Le cheveu est tenu verticalement par un contre-poids de 16 centigrammes ( 3 grains ) , suspendu à un fil de soie enroulé sur le même cylindre. Quand, par l’absorption d’une petite quantité d'eau de l’air, le cheveu s’alonge , le contre-poids fait tourner le cylindre , et par suite l’aiguille ; par cette disposition , une variation très-petite dans la longueur du cheveu , devient sensible par le mouvement beaucoup plus considérable qu’elle occasionne daas l’aiguille.

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Pour rendre comparables tous les hygromètres construits sur les mêmes principes , Saussure prend deux termes fixes , dont l’uu est celui de l'extrême humidité , et l'autre celui de l'extrême sécheresse. Il détermine le premier en plaçant l'hygromètre sous une cloche de verre , sous laquelle il y a de l’eau et dont il mouille les parois. L’air sous cette cloche est nécessairement saturé ; aussi le cheveu s’allonge , et arrive au bout d’une heure à l'humidité extrême. On note sur l’arc gradué le point ou s’arrête l'aiguille , et on porte ensuite l'instrument sous une autre cloche aussi petite que possible , qui renferme un morceau de tôle de fer couvert de carbonate de potasse , et chauffé jusqu’au point d’étre rouge. On le laisse dans celte position jusqu’il ce que l’aiguille soit stationnaire. Au momeut oit l'hygromètre est renfermé avec le carbonate de potasse , il marche au sec avec une grande rapidité , an point de faire u5 degrés dans les dix premières minutes ‘ mais peu à peu sa marche se ralentit , et il fait sur la fin à peine un degré en a£ heures. Si le sel est convenablement préparé , l'hygromètre se fixe au bout de trois jours , ce"

§oint de l’arc gradué correspoud à 0 ou à la sécheresse extrême. L’intervalle entre les eux termes fixes vaut cent parties , chaque partie prend le nom de degré. Il y a cette différence entre l’hygromètre et le thermomètre , que les deux points fixe du premier répondeut à deux états absolus, tandis que les deux points lises du second consistent en deux limites prises au milieu d’uue série de points qui s’étend indéfiniment au-dessus et au dessous de ces limites. L’instrumeut ne peut être construit qu’eu cuivre , puisqu’il doit être exposé au grand air , et quelque confiance que mérite l’artiste , il est toujours bon de vérifier les deux termes de la sécheresse absolue et de l’humidité extrême.

L’hygromètre n’est , quant à présent , d’aucune utilité pour les mesures des hauteurs barométriques, et il n’y a guère d'apparence qu’il s’y introduise, non seulement parce que la correction serait très-petite, mais encore parce qu’elle serait très incertaine , vu l'ignorance où nous sommes de la loi que suit le décroissement de l'humidité dans la colonne d’air, et vu l’extrême difficulté , si ce n’est l’imjiossibililé , de démêler cette loi dans le résultat d’expériences toujours faites à terre, c’est-à-dire à la source même des influences qui modifient partiellement et irrégulièrement l’humidité de l’atmosphère. La part de l'humidité moyenne, comprise dans la valeur du coéfficient constant et du facteur de la température (dans la formule qui sert à la mesure des hauteurs ) , occasionnera encore moins d’erreurs que ne ferait une théorie mal secondée par l’observation.

Ue l'installation des ins I rumen s , et manière d'obsetoer. Le baromètre doit être dans une position verticale. S’il n’est pas construit de mauière à la prendre lui- même , il faut la lui donner et l’y maintenir invariablement.

Il convient de le tenir dans une pièce close , dont la température varie peu ou change du moins très-lentement. O11 en sera d’autant plus sùr, que le thermomètre de correction exprime fidèlement la température de l'instrument. Pour profiter de cet accord , il est à propos de noter l'indication de ce thermomètre avant d’observer l'élévation de la colonne de mercure , parce que l’approche de l’observateur peut modifier la température superficielle et agir sur le thermomètre , sans que la variation ait le temps de se propager jusqu’au tube du baromètre, qui résiste à la communication par sou cuveloppe et par son volume.

En général l’aspect du Nord ou de l’Est est préférable à celui de l’Ouest et du Sud. Bans le Finistère, les vents violents qui soufflent de ces dernières régions, occasionnent en heurtant les murailles, des compressions auxquelles le mercure du harumctre répond par des oscillations souvent très-grandes et toujours très incommodes; mais il en arrive autant si des murs ou des toits opposés à la station du baromètre , viennent à réfléchir ou tourmenter eu divers sens les courans d’air dont ils sont frappés ; 011 peut voir , dans de pareilles positions, la colonne de mercure non seulement livrée à des balaucemens qui rendent l’observation impossible , mais se soutenant des heures entières au-dessus ou au-dessous du point ou elle revenait dans les iustaus ylc calme. On se comportera suivant les localités : tout se réduit à choisir , pour le baromètre , la pièce où la tourmente se fait le moins sentir.

Tout le monde sait que dans un baromètre qui est parfaitement en repos , le mercure résiste à monter et descendre pat un effet de son adhérence aux parois du tube. Cette résistance est d’autant plus grande, que le tube est purgé d’air et d’humidité. On amène le mercure à son véritable point , en frappant rinslriiment b petits coups répétés , de manière à vaincre peu à peu le frottement, mais avec assex de mesure, peur ne pas

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imprimer des oscillations, dont l'effet serait d’arrêter de nouveau le mercure au-dessus ou au-dessous de sa hauteur véritable.

Dans 1rs observations sédentaires, il faut indiquer l'élévation du lieu de la station an-dessus du niveau absolu, le manque de cette donnée enlèverait à des observations, d'ailleurs bien faites, tout leur mérite. En France celle condition est facile à remplir, par snite des beaux travaux géodésiques exécutés dans ces derniers temps par les ingénieurs géographes du dépôt de la guerre ainsi que par les directions du génie ; les résultats fournissent des points de repères assez multipliés , pour y rattacher les innombrables nivetlenu-ns faits et à faire, si nécessaires à la connaissance parfaite de notre sol. Voici les élévations de quelques points de Brest et des environs , au-dessus du niveau absolu.

Elévations de plusieurs points de Brest et des environs ,

nu-dessus du niveau absolu.

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