‹ Problèmes de morale socialeChapitre 167 sur 228 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

çaisi J'en ai trouvé Torigine inattendue et comme TannoDce prophétique au chapitre cent soixante et unième de Tristram Shandy, Le mot naquit d'jan hasard un jour que le père Shandy était particulièrement en veine d'éloquence. « Les royaumes et les nations, disait-il, n'ont-ils pas leurs périodes? et ne viennent-ils pas eux-mêmes à décliner quand les principes et les pouvoirs qui au commencement les formèrent ont achevé leur évolution? — Frère Shandy I s'écria mon oncle Tobie, quittant sa pipe, évolution^ qu'est-ce, ce mot? — Révolution, j'ai voulu dire, reprit mon père. Par le ciel! j'ai voulu dire révolution. Evolution n'a pas de sens. — Il a plus de sens que vous ne croyez, repartit mon oncle Tobie. » Ce mot, qui devait plus tard soulever l'orthodoxie de l'Église établie, éveillait-il par un secret pressentiment les scrupules de l'honnête et religieux capitaine? Cette fois encore l'oncle Tobie eut raison contre son frère. Il avait deviné le mot magique et l'idée maîtresse de la philosophie de ses compatriotes au siècle suivant.

C'est dans l'école positiviste que l'on rencontre la première application régulière, méthodique, de la loi d'évolution aux phénomènes humains et sociaux. C'est elle qui la première, en déterminant l'ordre de subordination des sciences selon leur degré de complexité, a entrepris de faire de la sociologie une dépendance et comme la dernière province des sciences naturelles, et de la loi de progrès, qui est la loi des sociétés humaines, une simple dérivation de la loi universelle de la vie. « De quelque faron, nous dit-on, que Ton envisage les sociétés, soit dans leur groupe-

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ment actuel sur la face du globe, soit dans leur encliaînement le long du passé, on y feconoait un mouvement intérieur et spontané qui les porte d'un état inférieur à un état supérieur. Cela est vrai pour l'ensemble, quels que soient les accidents qui surviennent à des peuples particuliers, et quelques perturbations que subisse la trajectoire de la civilisation'. > Ce mouvement intérieur est précisément ce qu'en langage ordinaire on appelle le progrès ; mais le mot d'évolution doit être préféré, nous dit-on, parce qu'il marque mieux le caractère de ce mouvement, qui est un phénomène naturel. L'histoire a pour théâtre les sociétés; tes sociétés sont composées d'êtres humains, doués de vie, d'instincts, de facultés. Cette vie, ces instincts, ces facultés, se développent suivant une loi qui leur est inhérente. Et de même que dans chaque corps vivant réside une force évolutive qui le fait passer de la simplicité apparente de l'état embryonnaire à la forme de la vie la plus compliquée, revêtue de tous ses appareils distincts et subordonnés, ainsi dans le corps social réside une force analogue, mais infiniment plus complexe, composée de toutes les forces de la vie individuelle, physiques et mentales, qui produit le développement de chaque société et l'élève de l'état inférieur aux états supérieurs par un mouvement inhérent et continu.

C'est le déterminisme physiologique appliqué à riiisluire. La croissance du rurpa social est un effet de cette force évolutive qui émane de toutes les vies individiiwUftfli^^l^gjfgn^ j^jgJ^jq^ Collective. L'histoire

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