OBJET ET DIVISION DE LA TROISIÈME PARTIE
Fonder un édifice, c’est lui donner une base capable de le supporter sans lassement ni déformation.
Les édifices en général n’agissent sur leur base que par leur poids; la base n’a donc à résister qu’à des efforts verticaux et, naturellement, doit être horizontale afin qu’aucun glissement ne soit à craindre. Cependant il arrive, notamment dans les travaux publics, que certains ouvrages ont à résister non seulement à des charges verticales, mais encore à des efforts horizontaux ou inclinés; l’horizontalité ne convient plus alors pour la base de fondation, et on est conduit à la placer normalement à la résultante des efforts qui lui sont transmis; ce cas exceptionnel se présente pour les murs de soutènement.
La définition même du travail appelé fondation nous indique qu’il est impossible d'appliquer à ce travail des règles fixes; les dispositions à adopter dépendent de la nature du terrain, du genre de l'édifice et des matériaux que donne le pays. Un simple mur de clôture peut reposer sans crainte sur une terre ordinaire, incapable de recevoir la base d’un viaduc; pour le même ouvrage, la fondation sur pilotis conviendra, dans une région forestière où l’on a le bois sous la main, tandis que la fondation sur maçonnerie établie dans une enceinte sera plus économique dans une région rocheuse.
On ne saurait donc, en cette matière, formuler des règles absolues ; cependant tous les systèmes ne sont pas également applicables dans un cas donné; celui qu’il convient d'adopter est presque toujours nettement indiqué, et le choix est commandé par la seule inspection des sondages; parfois, le choix est douteux, et deux ou trois systèmes sont acceptables à première vue. C’est alors qu'intervient la considération d'économie et la comparaison des dépenses afférentes à chaque système dicte le choix définitif.
Les systèmes de fondation peuvent être rangés en quatre grandes classes :
4° Les fondations effectuées directement sur le terrain solide et à l’air libre, dans une fouille ou dans une enceinte plus ou moins profonde, avec ou sans le secours de machines d’épuisement;
2% Les fondations sur pilotis, parmi lesquelles nous rangerons, non seulement les fondations sur pieux de bois ou de métal, mais encore les fondations sur piliers isolés en maçonnerie;
3° Les fondations sur massifs immergés, massifs de béton, massifs d’enrochements, massifs de blocs artificiels ;
4 Les fondations par l’air comprimé qui, comme celles de la première classe, pénètrent directement jusqu'au terrain solide.
De cette classification résulte la division de notre étude en cinq chapitres :
Chapitre I. — Généralités sur les fondations. Chapitre II. — Fondations directes sur le solide. Chapitre III. — Fondations sur pieux ou piliers isolés. Chapitre IV. — Fondations sur massifs immergés. Chapitre V. — Fondations par l'air comprimé.
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