‹ Procédés et matériaux de constructionChapitre 32 sur 69 · ALL · texte numérisé non relu

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quand la fiche est devenue suffisante et que la direction est assurée, on frappe à coups plus rapides et on augmente la chute.

La figure 63 représente la disposition générale de la sonnette ; elle est montée sur quatre roues et peut se mouvoir sur deux rails parallèles à la ligne de pieux à battre, le mouvement de progression étant donné soit par un petit treuil à vapeur, soit par un treuil à bras. La sonnette

Fig. 64.

porte une chaudière tubulaire verticale , susceptible de monter rapidement en pression; la vapeur est conduite au cylindre par un tuyau formé d'un bout de tube vertical en cuivre prolongé par un tube flexible dont la longueur est réglée par la hauteur maxima à laquelle doit s'élever le mouton. Le tube flexible M est soutenu en son milieu par une corde qui va passer sur la poulie N au sommet de la bigue, redescend à la base de la sonnette, passe sur deux poulies portées par cette base, puis remonte pour venir s'attacher au mouton mobile; par cette disposition, le point d'attache M de la corde et du tuyau flexible suit le mouvement du piston. Le tuyau flexible est soumis à des chocs perpétuels, et s’use très rapidement s’il n’est point de parfaite qualité; c’est le point faible du système; son diamètre intérieur est de 0"035, et son épaisseur de 0"0140, il est composé de toile et de caoutchouc.

Quand le mouton nue fonctionne pas, on le soulève au moyen d'une chaîne manœuvrée par un treuil à bras; cette même chaîne sert au levage des pieux; le mouton peut, du reste, être maintenu en place à toute hauteur, pourvu que l’on serre suffisamment les boulons des oreilles-guides ; on peut encore le soutenir sur un taquet de retenue comme on le fait dans les sonnettes ordinaires.

Il se produit toujours un certain jeu entre le piston et le cylindre et il y a perte de vapeur; mais cet effet n’a pas grand inconvénient, il se traduit par une consommation supplémentaire de quelques kilogrammes de charbon; c’est peu de chose sur la dépense totale. Une condensation de vapeur assez abondante se produit, surtout au commencement du battage, quand le mouton est froid; l’eau condensée s'écoule par le trou =, qui serten même temps d'avertisseur en livrant passage à un jet de vapeur lorsque le cylindre est en haut de sa course; le trou n sert à Ja purge et à l’admission de l'air pendant le mouvement ascensionnel: la rentrée de l'air pendant la descente du mouton se fait également par ces deux trous et par le jeu au pourtour de la tige.

Il est facile de donner à l'appareil un mouvement automatique en attachant le levier du robinet de vapeur à une chaïînette reliée au pieu par l'autre extrémité, et l’on arriverait ainsi à battre 80 ou 400 coups à la minute. Mais à ce procédé inconscient on préfère la manœuvre du levier à la main, qui permet de régler le battage suivant la marche du pieu. De la sorte, on ne dépasse guère le nombre de 50 coups à la minute.

C'est un spectacle fort intéressant que de voir le mouton obéir instantanément à la volonté du mécanicien et faire sa besogne comme un outil intelligent.

L'appareil Lacour est avantageux dès qu'il s’agit d'enfoncer un nombre important de pieux; il fait de trois à cinq fois plus de travail que les sonnettes à déclic et le fait économiquement. Aussi est-il employé avec succès sur un grand nombre de chantiers; au port de Dunkerque notamment, les expériences comparatives auxquelles il a été procédé l'ont fait reconnaître supérieur aux autres systèmes, et les ingénieurs ont acheté douze sonnettes Lacour de 43 mètres de hauteur avec mouton de 1,200 kilogrammes et chaudière de 17 m* de surface de chauffe.

Le mouton peut à la rigueur être adapté à toute sonnette, mais il est

préférable de se procurer l'appareil complet avec tous ses accessoires : chaudière, treuils, chaînes, échelles, planchers, ferrures, etc... Les prix sont les suivants :

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