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Cloche pneumatique et ses accessoires, tuyaux, garnitures, etc., 7,000 kilog. à 2 fr. 14,000
Une pompe à air pesant 1,200 kilog., à 4 francs, .................. . 4,800 Contrepoids en fonte brute, 40,000 kilog., a Ofr. 10...........+.... 4,000 Total. ............. 22,800
Installation de vieilles locomotives servant de chaudières à vapeur, sur des pontons. Si l'on avait pris des appareils spéciaux, il eût fallu compter pour cet objet, . . . 11,200
Une heure de travail des appareils coûtait 10 fr. 60.
En somme, le prix moyen du mètre courant de fiche pneumatique a été, pour les douze colonnes du pont de Szegedin, de 445 fr. 93, non compris la fourniture et l'entretien des appareils, leur échouage et leur direction.
Pont de Bordeaux, fondations tubulaires (1860). — deux poutres métalliques qui constituent le tablier reposent sur deux culées et sur six piles, formées chacune de deux tubes, en tout douze tubes.
Le fond de Ja Garonne se compose de sable fin, suivi de couches alternantes d'argile, de petit gravier et de sable fin. A 15 mètres au-dessous des basses mers on rencontre une couche de gravier, sur laquelle on fit reposer les tubes en les y engageant sur deux mètres de hauteur.
Les colonnes ont 3"60 de large et 0"040 d'épaisseur. On a voulu qu'elles pussent résister aux chocs; car cette épaisseur est beaucoup trop forte, si on ne considère que la charge verticale à supporter.
Les contrepoids employés au pont de Szegedin reposaient directement sur la tête du tube; il y a à cela plusieurs inconvénients : 1° lorsqu'il faut ajouter de nouveaux anneaux pour augmenter la longueur du tube, il est nécessaire de déplacer, non seulement la cloche, mais toute la surcharge, c'est-à-dire une masse considérable; 2° quand on met l’intérieur du tube en communication brusque avec l'atmosphère pour produire la descente, le tube tend naturellement à descendre par son propre poids, et la surcharge, qu'on ne peut ni enlever, ni modérer à volonté, agit de toute sa force pour augmenter la vitesse de l’enfoncement instantané: dans ces conditions, il devient impossible de diriger le tube ; 3° enfin, la nécessité d'opérer par enfoncements brusques amène à extraire un cube beaucoup plus considérable que celui du tube, abstraction faite du foisonnement ; en effet, l’eau qui rentre violemment par la base amène avec elle des masses considérables de terre et de gravier.
La planche XXIX représente les dispositions générales mises en œuvre pour la fondation d'une pile.
On remarque sur la tête du tube deux poutres horizontales formant une manière de joug, fixé par ses extrémités aux tiges verticales de presses hydrauliques solidement réunies à l'échafaudage. Les presses transmettent leur traction au joug qui appuie sur la colonne; en suivant le manomètre, le mécanicien fait varier à volonté la pression de l’eau, et donne à la surcharge transmise par le joug telle valeur qu'il lui plaît. La direction et le redressage des tubes sont beaucoup plus faciles qu'à Sze-
edin.
$ Un tube est formé d'anneaux en fonte dont nous avons donné plus haut les dimensions; un anneau s’assemble au suivant par une bride . que serrent les boulons; les surfaces en contact sont tournées; le bord de l'anneau supérieur est en saillie, celui de l'anneau inférieur est en creux, et dans l’angle de ce creux on place un petit cordon en caoutchouc ; lorsqu'on rapproche les surfaces, on peut exercer une pression assez forte pour comprimer ce cordon et obtenir un joint étanche.
La chambre d'équilibre, ou sas à air, se trouve dans le corps même de la colonne, à la partie supérieure; on ajuste dans la colonne deux diaphragmes en tôle munis de clapets, et l'espace ainsi formé sert de cloche pneumatique.
L'équipe employée au fonçage se composait de 8 hommes, savoir :
2 mineurs au fond pour charger et accrocher les bennes. 4 ouvrier sur le plancher intermédiaire, pour guider les bennes. 4 ouvrier au treuil.
2 hommes, plus le chef d'équipe, à pousser le chariot roulant et à arrimer les bennes.
{ garde au-dessus de la chambre d'équilibre, pour ouvrir et fermer le sas suivant les signaux.
Le treuil qui sert à monter les bennes était mu par une locomobile extérieure dont l'arbre traversait le tube dans une boîte à étoupe; les bennes pleines s'accumulaient sur de petits chariots dans la chambre d'équilibre. Gette chambre une fois pleine, on la mettait en communication avec l'atmosphère, et on vidait les bennes par une ouverture à clapet qu'elle présentait latéralement.
Lorsqu'il fallait produire un nouvel enfoncement, on laissait baisser la
pression intérieure, sans toutefois permettre aux terres de faire irruption violente ; puis, la tige verticale du piston des presses étant complèlement tendue, on exerçait à l’intérieur de ces presses, et de baut en bas, unc pression variable, qui, transmise au tube, le forçait à descendre de toute la hauteur des tiges. On pouvait alors recommencer une seconde opération.
"Ce procédé de la rentrée des terres pour déterminer l’enfoncement du tube en lâchant brusquement la pression est parfois dangereux, car il est difticile de modérer la rentrée dans des terrains fluides, et il arrive que le tube s'incline sous les efforts inégaux qu'il supporte.
On descendait le béton en Île faisant tomber, d'abord du pont de service dans la chambre d'équilibre, puis de celle-ci dans le tube, où les ouvriers allaient ensuite le régaler.
Signalons un accident sérieux qui se produisit avant le bétonnage : les quatre tiges verticales des presses se brisèrent, et le tube sauta en l'air à quatre mètres de hauteur.
Cet accident est dû à la cause suivante : le tube était presque plein d'eau; on mit les pompes en pleine pression; l'air fut comprimé presque instantanément à plusieurs atmosphères, et souleva la masse entière.
Voici le détail des prix appliqués aux fondations du pont de Bordeaux :
Pour les six piles, c'est-à-dire pour les douze tubes :