FONDATION DIRECTE DANS UNE FOUILLE, AVEC OU SANS ÉPUISEMENT
Fouille étrésillonnée, fouille blindée, — Lorsqu'on a à exécuter une fouille de fondation, il est bien rare qu'on ait affaire à des terres se tenant seules; il faut soutenir les parois de l’excavation sans quoi il se produirait des éboulements dangereux, ou bien on serait forcé de donner à ces parois le talus naturel de la terre coulante, ce qui entraînerait un déblai et une dépense considérables. Du reste, l'espace est généralement limité à l'emplacement des fondations d'édifices et l’on est forcé d'effectuer les fouilles presque à pic.
S'il en était autrement, si l’on était libre de creuser une fouille avec parvis en talus, il pourrait y avoir parfois économie à adopter cette solution plutôt que de recourir à un étaiement coûteux; c'est une étude comparative de la dépense qui permet de trancher la question.
Considérons une fouille à base carrée de côté a et de profondeur #; si on l'exécute avec parois verticales, le cube de terre à extraire est a°h; avec des parois à 45 degrés ce cube devient
ah + 2ha+ SU;
l'accroissement du cube de déblai est donc ? = h?:
quant aux frais de blindage et d’étrésillonnement ils sont, pour une profondeur donnée, au moins proportionnels au périmètre de la fouille, c'est-à-dire à a; ces frais croissent plus vite que le cube de déblai, et il n'est pas douteux que s’il s’agit d'une fouille de grande superficie, il arrive un moment où il est avantageux de l’exécuter avec parois en talus.
Le plus souvent c’est la fouille à parois verticales que l'on rencontre, et, comme dans les terrains en apparence les plus résistants on voit souvent des éboulements partiels se produire, éboulements toujours dangereux pour des ouvriers entassés au fond d'un trou, l’architecte et l'ingénieur ont le strict devoir de prendre toujours les plus grandes précautions en pareille matière. |
Si la terre est coulante, argileuse ou vaseuse, on recouvre les parois d’un plancher continu, derrière lequel on place même parfois un fascinage; ce plancher ou blindage, est formé de planches horizontales ou
de dosses que l'on pose -<+ aufuret à mesuredel’ap- "7 profondissement. Les deux parois se rapprocheraient évidemment si on ne maintenait l’écartement au moyen de fermes verticales: ces fermes se composent de pièces appliquées à plat suivant la ligne de plus grande pente des parois qui possèdent presque toujours un léger fruit sûr Ja verticale: entre ces pièces, on chasse à coups de maillet des étrésillons ou pièces obliques inclinées alternativement vers le haut et vers le bas de manière à produire un arcboutement.
La figure 4 représente une fouille blindée et étrésillonnée.
Les pièces a a sont des étrésillons.
Les pièces & b sont des couchis debout qui constituent, avec les étré-
sillons, des fermes transversales plus ou moins espacées suivant la fluidité du sol.
Les pièces c c sont les couchis ou planches dont est formé le blindage.
Dans certains cas, on pourra supprimer les couchis c ou en réduire beaucoup le nombre; quelquefois même les pièces debout & deviendront inutiles et on ne conservera que les étrésillons portant par leurs extrémités sur des bouts de planches.
Le mode de soutènement que nous venons de décrire s’applique à des tranchées, c’est-à-dire à des fouilles en longueur comme celles qui conviennent pour la construction d’un mur, d’un aqueduc ; pour des fouilles carrées ou rectangulaires, il ne saurait suffire.
Les parois des fouilles de ce genre sont, d'ordinaire, soutenues par des cadres horizontaux, plus ou moins espacés suivant la cohésion du terrain, et derrière ces cadres on glisse des planches verticales d'autant plus rapprochées que le sol est plus fluide. C'est le système que nous avons décrit dans le premier volume de cet ouvrage pour le creusement des puits et le percement des galeries, mais dans les fouilles de fondation il s'applique, en général, sur une plus grande échelle.
Soit une fouille rectangulaire ABCD, on garnit les parois avec des planches ou dosses verlicales plus ou moins espacées et l’on pose, pour les soutenir, les petits côtés n n d'un cadre; pour A me Re ds RE maintenir l'écartement des ‘* 2 pts pièces n, on pose les grands côlés m du cadre; mais ‘-:
ceux-ci ont eux-mêmes tendance à se rapprocher l'un de l'autre, et il faut