CHAPITRE IV
Les anciens auteurs, qui ont traité de l'art du charpentier, citent comme merveilleux le déplacement d'un clocher opéré en 1776, par un maçon piémontais, qui s'était servi simplement de poutres et de rouleaux.
Les opérations de ce genre n'offrent plus aujourd'hui aucune difficulté, à cause de la puissance des appareils dont on dispose; nous avons vu qu'avec des presses hydrauliques on soulevait, en quelques minutes pour ainsi dire, à plusieurs mètres de hauteur, des navires qui jaugent plusieurs milliers de tonnes.
Nous ne voulons parler ici que des opérations relatives au déplacement d'édifices beaucoup moins pesants, tels que des maisons, des voûtes, des tabliers de pont, des locomotives, etc.
Deux genres de déplacements sont à considérer : l'exhaussement ou déplacement vertical, la translation ou déplacement horizontal ; parfois les deux sont combinés.
En réalité, l'étude des déplacements est celle que nous poursuivons dans tout le corps du présent volume ; mais nous n'avons guère visé jusqu'ici que le déplacement des matériaux élémentaires destinés à des constructions neuves ; il nous reste à dire quelques mots des procédés adoptés pour déplacer d'une seule masse des édifices ou des parties d'édifices existants; nous terminerons par des observations sommaires sur l'étaiement des édifices que l'on répare ou que Ton déplace.