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CHAPITRE U

Procédés de montage chez les Anciens. — Le plan incliné paraît avoir été le principal engin de montage des constructeurs primitifs, mais les Grecs et surtout les Romains eurent recours de bonne heure à des procédés mécaniques plus perfectionnés.

« Tantôt, dit M. Choisy dans son Art de bâtir chez les Romains, les pierres présentent sur deux faces opposées des rainures en forme de fer-à-cheval permettant de les suspendre à des cordages et de les amener en place ; tantôt un canal de môme forme est creusé dans la masse pour donner passage au câble qui doit servir à la monter. D'autres fois, une mortaise s' évasant vers le fond décèle l'usage de cet ingénieux système de coins que les modernes emploient sous le nom de louve pour saisir les blocs et les fixer à des cordages ; ou bien deux mortaises voisines semblent ménagées pour donner prise à une sorte de tenaille mentionnée par Vitruve parmi les instruments destinés au maniement des pierres.»

Tout cela suppose l'emploi de câbles, de poulies et d'échafaudages, et en effet Vitruve décrit les moufles, les chèvres, les cabestans et les bigues.

Pour les édifices élevés, les Romains se servaient d'échafaudages volants posés sur des corbeaux saillants en pierre de taille, corbeaux que l'on retrouve dans un grand nombre de monuments, le pont du Gard par exemple ; on peut voir une réminiscence de ces corbeaux dans l'usage des rails posés en travers des piles de viaduc et les débordant à droite et à gauche de manière à supporter les cintres des voûtes.

Échalfeudages ; définition et classification. — Les appareils élémentaires de levage, que nous avons décrits au chapitre précé-

dent, sont connus depuis longtemps; mais c'est depuis quelques années seulement qu'on les a vus se répandre sur les plus petits chantiers où tout se faisait auparavant par la main de l'homme.

Les moteurs modernes, machines à vapeur, machines à gaz ou à air comprimé, ont permis de donner aux appareils de levage les plus simples une puissance indéfinie et d'imprimer à l'exécution des édifices une rapidité qui n'est limitée que par l'espace disponible.

On appelle échafaudages, les constructions provisoires, généralement en charpente, qui servent an montage, à la distribution et à la mise en place des matériaux d'un édifice.

Ces constructions provisoires varient avec l'importance et avec la forme de l'édifice ainsi qu'avec la rapidité voulue pour l'exécution.

S'il s'agit d'une maison ordinaire, on aura recours aux procédés les plus simples et les moins dispendieux; une grande maison de Paris exigera davantage, elle se développe surtout en hauteur et les assises successives peuvent être desservies par un ascenseur unique, logé dans une cage verticale en charpente et rencontrant une série de planchers convenablement étages ; si la maison ou l'édifice sont considérables et que les dimensions en plan l'emportent sur les dimensions en hauteur, on pourra être amené à recourir à plusieurs cages d'ascension et même à poser des treuils roulants sur les planchers de service, ou bien on adoptera une cage d'ascension unique roulant sur des rails posés sur le sol; pour construire une tour, une grue à bras incliné, mobile autour de son axe vertical et posée au centre de l'édifice, sera l'appareil indiqué tout d'abord.

S'il s'agit d'un pont, la longueur remporte de beaucoup sur les deux autres dimensions ; il convient donc de recourir à un pont de service établi dans le sens de la longueur et parcouru par un treuil ou par une grue roulante. Le même système ne conviendra pas toujours à un viaduc, parce que la dimension verticale devient alors prédominante, le pont de service serait trop onéreux comme construction et comme manœuvre et l'on est amené à se servir de charpentes verticales analogues à celles qui conviennent pour des maisons élevées.

Nous étudierons donc successivement :

i° Les échafaudages ordinaires usités en architecture ;

2° Les échafaudages pour tours et phares ;

3° Les ponts de service et grues roulantes pour ponts ordinaires ;

4° Les échafaudages et apparaux de levage pour viaducs ;

5° Les apparaux divers.

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