GALERIE DES MACHINES
«Les figures 1,2,3 et 4 planche XVIII, donnent l'ensemble des dispositions adoptées par la compagnie de Fives-Lillc pour la galerie des ma* chines.
L'échafaudage roulant se composait de deux parties :
1° Un plancher formant cintre au-dessous de l'arc ;
2° Un pont de service avec treuil mobile au-dessus de la ferme.
Chaque demi-ferme arrivait décomposée en trois morceaux principaux de la manière 'suivante :
1° Un pilier avec une portion de l'arc, limitée au montant qui doit recevoir la première panne : poids total, 8,350 kilogrammes;
2° Un tronçon d'arc partant du faîtage et comprenant trois intervalles de pannes: longueur 42 mètres, poids 2,600 kilogrammes;
3° Un tronçon de raccord comprenant seulement l'intervalle de deux pannes : longueur 5 mètres, poids 1,300 kilogrammes.
Les deux piliers étaient d'abord couchés de part et d'autre de la galerie : l'un reposait sur le sol, l'autre sur un chariot roulant qui rachetait la profondeur des sous-sols.
Le socle était boulonné aux fondations, et relié au corps de l'échafaudage par un cadre en charpente ; un arbre de rotation était fixé au pilier, et le cadre de charpente en recevait les coussinets.
A l'aide de poulies et de treuils indiqués planche 18, figure 1 , on dressait simultanément les deux piliers symétriques ; les seules précautions à prendre consistaient à prévenir par des haubans l'effet d'un coup de vent sur le pilier, et à modérer par des palans de retraite le mouvement de descente au moment où le pilier allait reposer sur son socle.
Huit hommes levaient un pilier en quarante-cinq minutes.
Pendant cette opération, une équipe spéciale, placée sur le pont de service, posait, au moyen du treuil mobile, les tronçons de l'arc sur le plancher faisant cintre ; il suffisait pour effectuer l'assemblage de faire rouler le chariot dans le sens de l'emboîtement des pièces.
Ensuite on montait les pannes en transformant, à l'aide d'une flèche additionnelle, le treuil mobile en une grue.
Cette grue (fig. \ , 2 et 5), combinée en vue de saisir à 7 m ,50 de son axe des pannes de 750 à 1,200 kilogrammes, n'eût pu, sans courir le risque d'un mouvement de bascule, servir au levage des chéneaux, dont le poids était de 2,140 kilogrammes ; on montait un chéneau en le saisississant d'un bout par le treuil du pont de service, et de l'autre bout par un treuil auxiliaire porté sur les chéneaux de la travée précédente.
Les chéneaux une fois posés, on y fixait des poulies servant au levage des montants de vitrage et de la frise qui entretoise les piliers à leur sommet.
Le poids de métal mis en place peut être évalué moyennement à 20 tonnes par jour ; 16 hommes, en une heure de travail, transportaient l'échafaudage d'une de ses positions à l'autre. »