Si elle ne scait pas que ledit jeune homme a
esté languissant depuis ledit temps? — R. Ne scavoir ce que cela est et n’avoir cogneu ledit Bourgey.
I. Si elle n’a pas touché l’enfant de la fille de Malbuisson? — R. Que non.
I. Si elle ne scait pas que ledit enfant soit languissant? — R. Qu’elle ne luy a jamais baillé aucun mal ni à personne autre.
I. Si c’est pas vray qu’elle est marquée en plusieurs endroits de son corps? — R. Qu’ouy mais qu’elle ne scait pas comme cela est arrivé.
I. Si elle ne s’est pas grattée sous la mamelle droicteoù elle est marquée pour effacer la marque? — R. Qu’elle s'est grattée mais qu’elle n’avoit pas intention d’effacer la marque.
I. S’il n'est pas vray qu’elle est marquée à la lèvre et à la cuisse? — R. Qu’elle ne scait pas mais qu’on le dict.
1. Si elle n’a pas senti quand le Diable l’a marquée ? — R. Que non et que jamais il ne s’est apparu à elle.
I. S’il n’est pas vray que le malin esprit l’a incitée à tenir silence et à nier la vérité ? — R. Que non que jamais il ne luy a parlé.
I. S’il n’est pas vray qu’elle a heu de grandes fascheries? — R. Qu’ouy mais que jamais il ne luy a parlé.
I. S’il ne luy a pas fait parler par quelcun des frères, quelque sorcier? — R. Que non et qu’elle n’en cognoist point.
Assise sur la sellette et liée
DE MICHEE CHA.UDERON
A dict qu’il y a environ un an qu’estant allée au bois des frères (environs de Genève) ayant heu quelque fascherie à son retour passa devant elle une ombre et qu’elle dict « Dieu soit avec moy » et que si elle est marquée il faut que ce soit ceste ombre qui la marquée.
I. Si le Diable ne s’est pas apparu à elle? — R. Que non si ce n’est une ombre qu’elle vist venant du bois des frères.
I. Que c’est que luy dict cette ombre ? — R. Qu’elle ne luy parla pas.
I. Quelle fascherie elle avoit heu? — Qu’elle ne s’en souvient.
I. Si elle n’a pas apperçeu dès ce temps là ceste ombre? — R. Que non.