C'est-à-dire Dieu le père tenant le monde dans sa main
200. Au chapitre 1 30 qu'Honoré Bonet consacra dans son Arbre des Batailles à la couleur des armes, il est dit que le blanc, « aprez l'asur, est le plus nobledes autres, car plus que les aultres est prochains des corps luisans etlumineulx.Etpour ce que moult est noble est signifiée pour saignossence : dit l'escripture que ses vestemens apparoissaient blans comme neige. Et ceste couleur de blanc représente l'eaue, laquelle aprez l'air est le plus noble ».
201. Une futaine de couleur blanche qui servait surtout pour la doublure des vêtements TGodefrov, supp. ad. v. boucassin).
202. Sur la restitution de l'étendard de Jeanne d'Arc. Cf. [E. de Certain], Note sur V étendard de Jeanne d'Arc, dans la Bibl. de V Ecole des chartes, 1859; André Marty, L'histoire de Jeanne d'Arc d'après les documents originaux, Paris, 1907, in-4, no 84.
203. Une armée de 10 à 12.000 hommes était une des grosses armées de l'époque. (Voir l'Introduction.) En 1440, Jouvenel des Ursins estime que les Anglais, y compris leurs partisans français, disposaient de 3 .coo à 4.000 combattants (Bibl. nat., ms. fr. 16259, p. 160). Un rassemblement de 2.500 hommes qui courut devant Lihons-en-Santerre est tenu par le même auteur pour une force très considérable.
204. La Bastille Saint-Loup sur la rive droite de la Loire, en face de l'Ile de Saint-Loup (cf. P. Mantellier, Histoire du siège d'Orléans, 1867, plan).
205. La Bastille du Pont ou les Tourelles (cf. Vergnaud-Romagnési, Notice historique sur le fort des Tourelles, Paris, 1832, plan).
206. Le capitaine de Jargeau sir Henry Biset, qui fut tué. Il avait figuré à la bataille de Cravant en 1423 (J. Stevenson, Letlers and papers, vol. II, part II, p. 585), puis à Verneuil en 1424 {Ibid., p. 394).
207. Ces traités 4^e reddition à terme étaient alors très fréquents.
208. Sans rien d'autre que les vêtements qui se portaient sous l'armure.
209. Philippe Le Maréchal ou Maréchal, Marescalli, licencié en droit canon à Paris en 1424 (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d'Arc, p. 25). Dès 1420, comme procureur de la Nation de France, avec Jean Basset, procureur de l'Université, il était envoyé en ambassade auprès du roi d'Angleterre et vers le duc de Bourgogne, pour la conservation des privilèges universitaires. Les ambassadeurs leur recommandaient aussi Pierre Cauchon (Chart. Univ. Paris., t. IV, p. 384).
210. Pierre Cave, qualifié de licencié en droit civil. Ce nom ne se rencontre
pas dans les documents universitaires parisiens. Mais il y avait une famille de ce nom possédant une maison à Rouen (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 4398).
211. Jean IV, comte d'Armagnac (1418-1450), fils du connétable Bernard VII d'Armagnac, victime des émeutes parisiennes. On sait que ce prince, qui avait épousé Isabelle de Navarre et prêté serment de fidélité au roi d'Angleterre en 1421, suivit une politique fort ondoyante, et dont il fut plus tard la victime. Dans la question du schisme il avait d'abord soutenu Benoît XIII (f 1422) puis Clément VIII (Gilles Munoz). Rebelle et soumis tour à tour, le 4 mars 1429, Jean IV fut déclaré schismatique, relaps et interdit. Après la renonciation de Clément VIII, Jean fit demander à Martin V son pardon. Le 4 mars 1430, il était relevé de l'interdit et rétabli dans ses dignités. Quel motif l'incita à consulter Jeanne sur une question qui paraissait apaisée ? A-t-il eu une croyance naïve dans l'inspiration de Jeanne ? a-t-il voulu colorer son changement d'attitude d'un prétexte pieux? (Cf. Ch. Samaran, La Maison d' Armagnac au XV^ siècle, 1907, p. 50 et s.; N. Valois, La France et le grand Schisme d'Occident, t. IV, p. 442 et suiv., 470-471.)
212. Le pape de Rome est peut-être une locution toute faite. Martin V était mort le 20 février 143 1. Eugène IV sortit du Conclave de la Minerve le 3 mars
213. On a tiré des conséquences infinies du choix de cette devise, qui figurait aussi sur l'anneau que Jeanne reçut de sa mère. Certes le culte du nom de Jésus fut propagé en ce temps-là par frère Bernardin de Sienne et par les prédications des moines populaires; mais il est difficile devoir dans la réunion de ces deux noms une invocation directe au roi du ciel, et surtout une protestation contre la féodalité épiscopale et terrienne. Cette pieuse invocation était courante. Catherine de Sienne commençait ses lettres par ces mots : « Au nom de Jésus crucifié et de Marie pleine de douceur... »
214. Jean, duc de Bedford (1589-143 5), troisième fils de Henri IV, régent du royaume à la mort de Henri V, époux d'Anne, sœur de Philippe de Bourgogne. Le meilleur artisan de l'alliance anglo-bourguignonne, ce grand politique, ferme et patient tout à la fois, travailla chez nous à réparer les malheurs de la guerre, à réprimer aussi et à prévenir toutes les velléités du réveil national. Au témoignage du bon Français, Jouvenel des Ursins, il avait presque réussi dans cette entreprise, car l'évêque de Beauvais déclarait, en 1433, ^^e « de présent les choses sont aucunement amendées par la venue des Anglois ». Bedford avait noué des intelligences avec la noblesse locale, dans le Beauvaisis par exemple, par l'entremise des familles attachées au parti de Bourgogne. Mais il ne compta pas assez avec le peuple de France, le pauvre peuple des campagnes (Epîtres de Jouvenel des Ursins, Bibl. nat., ms. fr. 16259, P- ^4» 75)-
Il n'a pas tenu à Bedford que la France ne devînt anglaise. Il avait déployé une extraordinaire activité à mettre Paris en défense, dès le mois de juillet 1429; il avait détourné de leur destination les troupes anglaises levées contre les Hussites, dénoncé Charles VII comme faisant usage du secours d'une femme dévie dissolue pour abuser son peuple. Après l'assaut infructueux de Jeanne contre Paris, Bedford se rendit à Saint-Denis pour châtier ses habitants. Son initiative militaire et diplo-
matique a certainement causé la perte de Jeanne. Il sut rattacher à sa cause le duc de Bourgogne, alors louvoyant dans un système de trêves, en lui cédant l'investiture de la Champagne, en lui offrant une sorte de régence do France : lui, il prit le parti de se consacrer aux affaires de Normandie, fit de Rouen une citadelle anglaise et le siège du gouvernement. C'est le conseil anglais de Bedford qui désigna Cauchon afin qu'il réclamât Jeanne comme sorcière, lui qui fournit les lo.ooo livres nécessaires à son achat. Encore que Bedford n'ait paru qu'une seule fois au cours du procès, et dans une singulière attitude pour un noble duc, encore qu'il semblât avoir passé la main au cardinal Beaufort, ce prélat violent et orthodoxe, il n'est pas douteux que Bedford ait conduit personnellement toute l'affaire (cf. H. Debout, Jeanne d'Arc et les archives anglaises, 1894). On v reconnaît partout son esprit puissant. C'est ce que Perceval de CagnvCp- '79) affirme d'ailleurs.
Car il est évident que Bedford tenait sous sa main le chapitre de Rouen, où Jeanne trouva plutôt des ennemis que des juges. Le 5 avril 1450, on délibérait en réunion capitulaire au sujet de deux pièces d'or que Bedford avait offertes, ainsi qu'Anne de Bourgogne, sa femme, à la messe célébrée dans le chœur de la cathédrale (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 2126); le 25, il fait annoncer au chapitre cette bonne nouvelle que le roi Henri VI avait débarqué à Calais (Ibid.). Le 20 octobre, le duc prend l'habit canonial et il est admis à la distribution du pain et du vin (Ibid.). Le 13 janvier 143 1, des processions sont faites dans l'égHse pour la prospérité du duc et de la duchesse (Ibid.). Ce grand duc reposera au chœur de la cathédrale, non loin du corps du roi Henri, parmi ses confrères (Ibid., G. 2127, 30 septembre 143s). Sur sa pompe funèbre (Ibid., G. 54(^9). On sait aussi que Bedford favorisa beaucoup les Carmes de Rouen (lettre du 31 décembre 1450. Ibid., G. 2126, 3573 ; BibL de l'École des Chartes, t. XXXIV).
Un magnifique portrait du duc de Bedford et celui de la duchesse Anne se trouvent dans lecélèbre livre d'heures conservé au British Muséum, add. ms. 18850.
215. Cf. article XXXIII : « Je le sais aussi bien comme vous êtes ici ! »