Andelot dans la Haute-Marne, arr. de Chaumont
373». Était-il ainsi nommé parce que le seigneur de Bourlemont se rendait à la fête locale qui avait lieu sous l'arbre ? ou bien à cause d'une tradition rapportée par Jeannette Thiesselin, femme de noble homme Thiesselin de Vitel, écuyer, au procès de réhabilitation ? « J'ai entendu lire dans un roman que jadis, le chevalier Pierre Granier, seigneur de Bourlemont, et une dame que l'on nommait Fée, se donnaient des rendez-vous sous cet arbre et y avaient des entretiens. » Mais alors Jeanne Thiesselin aurait mêlé à ses souvenirs les souvenirs d'une lecture du roman de Mélusine, à ce qu'il nous semble.
374. Ceci manque dans les réponses de la séance du 24 février.
375. Le procureur veut-il insinuer que les fées les enlevaient? C'est bien possible. L'existence des fées était tenue pour réelle (Catherine de Médicis en eut la preuve en passant à Lusignan,en 1575. Cf. Brantôme, éd. Lalanne, t. V, p. 19). — Aux « lieux dits » de Lorraine, le pays par excellence des eaux et des bois, se rencontre très souvent associé le souvenir des fées (voir Marcel Hébert, Jeanne d'Arc a-t-elle abjuré ? Vans, 1914, p. 55).
376. Il y a ici une équivoque sur Bois Chesnu (Boscum Quercosum) et Bois Chenu (Boscum Canutum).
377. La version définitive dit « vers la vingtième année ». C'est une erreur manifeste, déjà signalée par Siméon Luce (Jeanne d'Arc à Domremy, p. clxxi) qui a proposé la correction « quinzième ».
377». On ne saisit pas très bien pourquoi cette référence est sous l'article XI. Elle semble répondre à l'article XXV.
578. Il s'agit ici de la taille des cheveux dite en écuelle, qui fut adoptée au tempi de Charles VI. Il devint alors de mode de porter les cheveux courts et tailles en calotte parfaitement circulaire, les tempes et la nuque étant complètement rasées aussi bien que le menton et les joues (cf. Camille Enlart, op. cil., p. 134). — Un exemple de cette taille de cheveux se rencontre dans le portrait du duc de Bedford conservé dans le fameux livre d'Heures (Ihe palaeographical Society, parts IX-XIII, pi. 173).
379. La chemise des hommes ne présentait au xve siècle, quant à sa coupe, que peu de différences par rapport à celle qui se porte de nos jours. Mais elle était très courte, fendue sur les côtés et elle avait des manches serrées aux poignets (Enlart, op. cit., p. 99). Cf. note 339.
380. Braies, hracae, hraccae, femoralia, vestis species qua crura teguutur, braes gaUice.quiasolehant cssc /'/-ew5(DuCange). — Les braies ou hauts-de-chausses constituaient, dans leur forme la plus exiguë, un caleçon susceptible d'atteindre, suivant les lieux, les temps et les usages, la longueur de nos pantalons modernes (Gay, op. cit., p. 209), c'est-à-dire de couvrir la jambe et même le pied. Les -hauts-dechausses du xve siècle montaient jusqu'aux hanches et portaient au bord supérieur des oeillets ou des aiguillettes servant à les lacer au pourpoint (Enlart, op. cit., p. 100). Vêtement de l'homme par excellence : aussi disait-on plaisamment des femmes qui commandaient dans leur ménage, et à leur mari, qu'elles portaient des braies.
381. Le gippon ou pourpoint était une sorte de plastron, ajusté sur»le buste, qui se portait, lacé ou boutonné, sur le surcot ou la jaque. Fait d'étoffes repliées ou rembourrées et couvrant le haut du corps, du cou à la ceinture, il servait, dans le costume militaire, à protéger l'homme d'armes du contact gênatit de la maille ou des plates. Au xv^ siècle, c'était un vêtement élégant, serré à la taille, que portaient les jeunes gens, et qui souvent était d'une extrême richesse. Il était taillé, avec ou sans manches. Souvent les hauts-de-chausses sont attachés au gippon au moyen d'aiguillettes (Gay, op. cit., p. 570; Enlart, op cit., p. 570; VioUet-le-Duc, op. cit., t. IV, p. 208-210).
382. Chausses, partie du costume masculin couvrant le corps de la ceinture aux pieds. Cela s'entend des chausses entières qui souvent se divisaient en hauts-dechausses et bas-de-chausses ; de 1350 à 1500 environ, les chausses entières, ajustées, présentaient l'aspect d'un pantalon collant et à pied, serré d'abord à la taille par un nœud, puis, à l'époque de Charles VI et plus tard, rattaché au pourpoint par des aiguillettes (Gay, op. cit., p. 351). Le nombre des aiguillettes qui rattachaient ainsi au gippon ou pourpoint les chausses de Jeanne d'Arc était de vingt.
383. Le terme d'aiguillettes sert à désigner l'extrémité métallique et pointue d'une mince lanière ou d'un cordon ainsi ferré pour réunir, en les laçant ou les nouant, les différentes parties du costume ou quelques pièces de l'armure. Au xve siècle, l'aiguillette servait à attacher les cotes, jaques, pourpoints et chausses, à lacer le devant des houppelandes (Gay, op. cit., p. 17 ; cf. note 329). — Nous possédons un texte qui semble bien indiquer que les aiguillettes faisaient, au moyen âge, partie du costume militaire. Il met en scène un jeune laboureur qui, en 1424,
est surpris par des soldats anglais au moment où il portait des aiguillettes et « autres choses à eulx nécessaires » à des brigands (P. Le Cacheux, Actes de la Chancellerie de Henri VI, t. I, p. 72).
384. Souliers hauts, sotulares. Il s'agit bien ici de souliers serrés par un lacet, puisque le texte latin ajoute deforis /flgî(^a//5. Sans pouvoir préciser la forme exacte de ces souliers, rappelons que, à la fin du xive siècle et au xv^, les chaussures sont très variées, mais toujours pointues (chaussures à la poulaine); leurs pointes sont très effilées et parfois même soutenues par des baleines (Enlart, op. cit., p. 268).
385. Se dit du nouveau type de vêtement masculin inauguré vers 1340 et dont les diverses variétés, jaques, paletots, tabards, étaient des sortes de housses ne dépassant guère la taille. Celle de Jeanne d'Arc, nous le voyons, s'arrêtait aux genoux : ciirta rohci usque adgenu; celle de Louis XI descendait une pal ne plus bas (Enlart, op. cit., p. ici, 595).
386. Il s'agit du chaperon des hommes sur lequel il est impossible d'entrer ici dans beaucoup de détails, cette coififure ayant présenté aux xiv^ et xve siècles de très nombreuses variétés. Elle se composait essentiellement au xve siècle d'une coiffe ou touret, d'oreillettes, d'une cornette pendante et d'une coquille ou patte qui retombait et s'enroulait autour du cou. Il existait différentes manières de porter le chaperon. Sous le nom de capuciuin decisum, il faut entendre cette variété de chaperon masculin à bords festonnés et souvent même déchiquetés, qui a pu être la première forme de ce qu'on appela plus tard le bonnet à lu coquarde, ainsi dénommé à cause de sa crête découpée (Enlart, op. cit., p. 157-160).
387. Les heuses ou houseaux (equitabilia) étaient des variétés de guêtres ou jambières, soit en cuir, soit en toile, portées surtout parles cavaliers, et communes au xve siècle parmi les soudards des compagnies franches et les coureurs de grands chemins; longs, agrafés sur le tibia et le cou-de-pied jusqu'à la hauteur des genoux, les houseaux étaient fermés à la partie qui couvre le bas de la cuisse ; on y introduisait la jambe en tirant sur les courroies qui tombaient le long des revers, puis on agrafait le bas (Enlart, op. cit., p. 266 ; Viollet-le-Duc, op. cit., t. III, p. 455).
388. Vers la fin du xiv^ siècle, et pendant la plus grande partie du xv^, les hommes d'armes portèrent des sollerets à poulaines ; et la semelle des étriers, souvent très allongée et se terminant en pointe légèrement recourbée vers le bas, s'adaptait alors exactement à la forme de cette partie de l'armure. Viollet-le-Duc (op. cit., t. V, p. 415) reproduit un semblable étrier.
389. Les cavaliers portaient, avec la lance, l'épée d'arçon ou estoc suspendu à l'arçon de la selle, à gauche, la masse étant attachée à droite. Cette épée se maniait à deux mains ; aussi la fusée, longue et fine, présentait-elle deux évidements à partir du centre renflé. Mais il y avait dis épées plus courtes et que l'on portait pendues à la ceinture. — L'épée d'armes du type le plus ordinaire au xv^ siècle nous est fournie par une pièce du Musée d'Artillerie dont nous empruntons la description sommaire à M. M.â\ndron(Les Armes da.nsla. Bibliothèque de F Enseignement des Beaux- Arts, p. 200, fig. 155) : «la longueur totale est de plus d'un mètre; la lame tranchante, avec légère gouttière médiane, s'effile en allant vers la pointe fournie par une retaille légère de la ligne des tranchants. La garde se compose de deux quillons
courbés vers les tranchants, horizontalement aplatis, avec les extrémités élargies, enroulées et quelque peu obliques. Le pommeau est un disque à bords talutés avec lentille centrale. Cette épée très forte était excellente pour donner des coups de taille, mais sa lourdeur l'empêchait d'être aussi bonne pour l'estocade, car la brièveté de la prise indique qu'il fallait la manier d'une seule main. » — La garde simple, en croix, e^t le type absolu au xv^ siècle. L'épée se portait, à cette époque, suspendue à un bauJrier presque parallèle à la ceinture à laquelle il était attaché, sur le côté droit, dans une partie de sa longueur (Maindron, op. cit., p. 203).
390. La dague était une arme de main, courte, que l'on portait, à dater du milieu du xive siècle, à la ceinture, du côté droit, la poignée en avant. Cette sorte de poignard affectait des formes variées : il y avait la dague longue, à deux tranchants, assez semblable à une petite épée large, qui servait aux archers, et la daguette ou dague courte, à lame large très plate et très effilée, qui servait aux gens de pied, appelés coustillieux, à égorger les hommes d'armes démontés ; ces lames aiguës et très plates passaient aisément entre les défauts de l'armure (Viollet-le-Duc, op. cit., t. V, p. 315).
391. Haubert, tunique de mailles, à manches et habituellement à capuchon. Sous le surcot d'armes, au temps de Charles V, on portait encore le haubert de mailles, assez juste pour ne pas former des plis gênants sous ce corset très serré. Avec l'armure de plates complète disparut le haubert proprement dit, et les mailles ne furent plus conservées que par parties, cousues sur le vêtement de dessous, au droit du cou, des aisselles et de la saignée, pour couvrir les défauts. Pendant le xve siècle, la maille, comme vêtement, n'est plus portée que par les archers et arbalétriers, en même temps que la brigantine ; on donne alors à ce vêtement le nom de jaque (Viollet-le-Duc, op. cit., t. VI, p. 93).
392. La lance était l'arme véritable du cavalier. A partir du milieu du xiv^ siècle, on vit s'allonger les fers de lances qui prirent alors l'aspect de dagues, avec forte douille ou solide attache les fixant à la hampe. Aussi ce fer long, aigu, bien fixé au bois, pénétrait-il aisément entre les plates dont l'usage rendit précisément nécessaire l'allongement non seulement du fer, mais aussi de la hampe ; ce qui était facilité par l'existence du fautre ou arrêt de cuirasse, puisqu'alors, en chargeant, la main n'avait plus qu'à diriger le bois porté par ce support fixé au corselet d'acier, en avant de la main et derrière la garde circulaire. Il faut en eff"et rappeler que, à partir de la fin du xiii^ siècle, on y avait adapté des rondelles ou gardes d'acier d'abord plates ou convexes, plus tard en forme de pavillon de trompette ; passées dans la hampe, elles garantissaient les mains de l'homme ^'armes, en même temps que, complétées par d'ingénieux perfectionnements qu'il est impossible de décrire ici et pour lesquels nous renvoyons aux explications de Viollet-le-Duc, elles empêchaient le bois de glisser dans la main au moment du choc. La lance atteignit à la fin du xive siècle une longueur de 5 mètres de bout en bout. Le bois pouvait en être peint ou doré, surtout s'il portait flamme ou bannière (Viollet-le-Duc, op. cit., t. VI, p. 156-167).
593. Huques courtes (tunicx- brèves). Sous Charles VI et depuis, la huque consista en une sorte de paletot ou casaque courte, sans ceinture, demeurant ouverte du haut en bas et à laquelle, seulement sous Charles VII, s'ajoutèrent des manches flottantes (Enlart, op. cit., p. loi, 573).
394. Tabard, vêtement adopté spécialement depuis le xiv^ siècle par les officiers civils et militaires, assez analogue, mais en plus court, à la dalmatique des diacres; il présentait l'aspect d'un paletot flottant à manches larges et courtes formant ailerons et à fentes latérales très hautes (Enlart, op. cit., p. 50, 600). — François Villon a parlé de son long tabard.
395. Il s'agit ici d'un vêtement de dessus, fendu latéralement, ainsi qu'il était alors de mode pour certains costumes, tels que la huque.
396. II s'agit d'une huque en drap d"or (voir plus haut, note 395, ce qui a été dit de ce vêtement).
397. Chapeau ou chapel, cappelliis, terme générique et très compréhensif, désignant, lorsqu'il est employé seul et sans plus de précision, toute espèce de vêtement ou d'ornement de tête, soit masculin, soit féminin. Ici il s'agit évidemment, d'après le contexte, d'une coiffure masculine. Le chapeau des hommes affecta toujours des formes très diverses; la matière et la couleur en étaient également variables. A côté du chapeau à coiffe en demi-sphère aplatie et à grands bords ronds, presque plats, tel que celui de Charles VII dans son portrait par Jean Fouquet, vers 1445, une des formes les plus courantes à partir de la fin du xive siècle fut le chapeau à bec, tel que Louis XI le portait encore (Enlart, op. cit., p. 165).
398. Ternie générique désignant toute coiffure souple sans rebords, autre que le chaperon (Enlart, op. cil., p. 542).
399. Cette démarche n'a pas été consignée dans l'interrogatoire du 3 mars.
400. Cette réponse ne se trouve pas dans l'interrogatoire du 17 mars.
401 . La Lettre aux Anglais dont une édition critique a été donnée par Germain Lefèvre-Ponlalis (Les Sources allemandes de rhistoire de Jeanne d'Arc, p. 42-64) est le document le plus important que nous possédions sur la pensée de Jeanne d'Arc. C'est vraiment le cri de son cœur, une lettre dictée où s'entend comme sa parole (voir note 191). On y retrouve la pensée de la croisade commune contre les infidèles et aussi le souvenir du passage de la Bible {Dent., xx, 10), si souvent allégué dans les traités de droit et d'art militaire, qu'il convient, avant de porter la guerre chez son ennemi ou d'attaquer une cité ou une nation, de faire des propositions de paix.
402. William Pôle, comte de Suffolk, né en 1396, suivit très jeune les campagnes de Henri V ; employé en 1417-1418 au recouvrement du Cotentin, il fut fait amiral de Normandie l'année suivante, puis capitaine de Pontorson, de Mantes et d'Avranches. En 1420, William Pôle prenait part au siège de Melun. Fait prisonnier à Baugé en Anjou (3 avril 1421), il recevait l'ordre de la jarretière le 3 mai. Gardien du Cotentin en 1422, il guerroyait en Champagne l'année suivante (20 mai 1427) ; commis capitaine général en Vendômois, Chartrain, Beauce et Gâtinais (Bibl. nat., fr. 26049, P- 7^4); capitaine de Saint-Lô en septembre 1428 (fr. 26051, no 952). Quand la Pucelle parut devant Orléans, William Pôle servait sous Salisbury ; et lorsque ce dernier eut la tête emportée par un boulet de canon, William le remplaça dans son commandement des troupes anglaises en France (13 novembre 1428). Il n'y fut pas heureux. Il dut lever le siège d'Orléans et, de nouveau, il devenait prisonnier des Français à Jargeau (mai 1429) : journée
fatale pour sa famille, dans laquelle son frère John Polo fut également fait prisonnier et Alexandre, un autre de ses frères, fut tué. Pour obtenir sa liberté, William devait payer 20.000 livres et il laissera en otage son frère Thomas. John Pôle fut renvoyé généreusement sur parole par le bâtard d'Orléans. Capitaine d'Avranches en 1432 (Bibl. nat., fr. 26056. n" 2018), nommé en 1456 capitaine de Tomhelaine pour 2 ans (Bibl. nat., fr. 26058, p. 2371), le 10 novembre 1436 William Pôle est dit capitaine de Renueville (Bibl. nat., fr. 26061, p. 2993).
William Pôle était un homme cultivé et bon et qui écrivait pour se distraire des vers en français (H. Noble Mac Cracken, an etiglish friend oj Charles of Orléans, 191 1). Il se montrera plutôt l'ami du duc Charles d'Orléans dans sa captivité, travaillera beaucoup k la paix anglo-française, obligera Jean d'Angoulême. Suffolk conduisit l'ambassade anglaise qui passa en France, en 1444, pour chercher l'épouse de Henri VI, Marguerite d'Anjou. On sait qu'il mourut massacré en 1450, soupçonné de trahison, en réalité victime de ses sentiments pacifiques et de ses sympathies françaises. (Cf. Pierre Champion, Vie de Charles d'Orléans, p. 196 et suiv.)
403 . John Talbot, premier comte de Shrcwsbury (i 388?-i45 3) qui est tenu pour le plus audacieux des généraux anglais de son temps.
John Talbot était passé en France dès 1419, assista aux sièges de Melun et de Meaux : il avait combattu à Verneuil et avait été fait chevalier de la Jarretière, en 1424. En 1425, il devenait lieutenant du roi en Irlande. Au mois de mars
1427, Talbot avait accompagné Bedford en France ; fait capitaine de Pontorson, on le retrouve au siège de Montargis qui fut levé par La Hire et Dunois. En mars
1428, John Talbot avait pris Laval, recouvré Le Mans; il était fait par Bedford, au mois de décembre, gouverneur d'Anjou et du Maine, capitaine de Falaise. Au siège d'Orléans il occupait la bastille de Saint-Loup. Après la levée du siège, John Talbot se retira à Meung, puis à Beaugency : il fut capturé à Patay par les archers de Poton de Saintrailles et ne devait recouvrer la liberté qu'en 1433. Capitaine, gouverneur de Rouen, où on le trouve encore, en 144 1 (Bibl. nat., fr. 26068, p. 4383), lieutenant du roi entre Seine et Somme, maréchal en France, lieutenant d'Aquitaine après la perte de la Normandie, il périt héroïquement à Castillon, en 1453. Ce modèle de chevalerie et d'honneur, Talbot, le « bon' chien » de l'Angleterre', est représenté dans une miniature du Shrewsbury book.
404. Thomas, lord Scales, né vers 1399. En 1422, Thomas était passé en France avec une compagnie de gens d'armes et servait sous Jean, duc de Bedford. En 1423, capitaine de Verneuil (Bibl. nat., fr. 26046, pièce 75) aux appointements de 2.461 1. {Ilnd., p. 143.) En 1424-1425 Thomas avait guerroyé avec Falstolf dans le Maine et avait été fait chevalier de la Jarretière. En 1427 il prit part au siège de Pontorson. Capitaine de Saint-Jacques-de-Beuvron, il était défait, le 17 avril 1427, aux Bas-Courtils, entre Pontorson et Avranches. Dit encore capitaine de Pontorson en 1428 (Bibl. nat., fr. 26051, no 951), le 16 décembre 1428, on le trouve lieutenant du roi d'Angleterre en Orléanais et il reçoit 300 livres pour conduire une armée sur Orléans (Bibl. nat., fr. 26051, no 998). Jeanne, dans sa lettre du 22 mars 1429, le désignait comme un des lieutenants de Bedford.
Fait prisonnier et mis à rançon tandis qu'il essayait de secourir Orléans,
Thomas fut encore défait devant Beaugency et fait prisonnier à Patay (18 juin 1429).
Procès de Jeanne d'Arc. — II. 26
Capitaine avec ses hommes d'armes et devant Louviers (mandement du 28 septembre 1430. Bibl. nat., fr. 26053, ^° I4i3)> ^" H3i on le voit parmi les chefs anglais envoyés par Bedford à Jean V, duc de Bretagne, pour combattre le duc d'Alençon. Capitaine de Domfront en 1433 (Bibl. nat., fr. 26056, no 2021), nommé garde et capitaine de Saint-Lô, en 1435 (Bibl. nat., fr. 26060, n" 2660), il est dit sénéchal de Normandie avant 1436 (Bibl. nat., fr. 26061, p. 2875), capitaine de Rouen en 1436 (Bibl. nat., fr. 26061, p. 2897). Le 14 août 1457, comme sénéchal de Normandie, il avait sous ses ordres 260 hommes d'armes et 780 archers (Bibl. nat., fr. 26063, P- 3262). Le 26 septembre 1441 on trouve le pavement à Thomas, sire de Scales, des gages de la garnison de Granville (Bibl. nat., fr. 26068, pièce 4380). De nombreux délais lui sont accordés pour l'aveu des terres qu'il tenait par don royal (Bibl. nat., fr. 26068, p. 4312). Ainsi Thomas, lord Scales, consacra toute sa vie à la guerre de France et à la dynastie de Lancastre pour laquelle il mourut en 1460.
405. On lit au cliap. 133 de VArhre des Batailles où Honoré Bonct a exposé la théorie du roi : « Mais retournant à mon propos il fault veoir quelles choses se requièrent en ung bon roy. Et je dy pour la première que il doit venir deuement ou royalme, c'est par droite succession ; car se deucment n'estoit roy, je doubteroie que jà il ne feyst son bien ne son honneur... » Cf. note 191 et le texte que nous avons cité de Jouvenel des Ursins.