‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 167 sur 182 · Chevaliers dit la minute · texte numérisé non relu

Chevaliers dit la minute

496. Lagrossetour du château de Rouen, que l'on nommait encore maistrcsse tour ou donjon, à l'angle nord-est du château, dans la partie la plus élevée. On sait qu'elle subsiste encore. Sur son aspect, cf. le Livre des fontaines, éd . Sanson, planche 5 ; F. Bouquet, Jeanne d'Arc au château de Rouen, p. 65 et s.

La grosse tour servait de prison. On voit que le 10 novembre 1431,1e roi

Henri VI faisait payer à Nicolas Basset, connétable du château de Rouen, ce qui

lui a été taxé pour la pension des prisonniers qu'il a tenus en la « grosse tour dudit château » (Bibl. nat., fr. 26055, 'i° 1683).

497. Jean Dacier, bénédictin, licencié en droit civil, prieur de Bcsson, abbé de Belfont en 1418, abbé de Saint-Corneille de Compiègne depuis le 23 juin 1424 (Denifle et Châtelain, Chartularium Univ. Paris., IV, p. 523).

Il était tout à fait acquis au parti bourguignon comme le montrent les notes de dom Gilesson qui conservent quelques copies des anciennes archives de la ville de Compiègne. (Voir Pierre Champion, Guillaume de Flavy, p. xiii.) Ex-aumônier du pape Martin V, Jean Dacier était mort le 4 mai 1437 après avoir assisté au concile de Bâie comme représentant des abbés de la province rémoise (Alex. Sorel, La Prise de Jeanne d'Arc dei'ant Compiègne, p. 180).

L'abbaye de Saint-Corneille se trouvait au cœur de la ville, près de la grande Halle.

498. Guillaume Erart, originaire du diocèse de Langres, docteur en théologie, qu'il ne faut pas confondre avec Guillaume Evrard (voir note 228). Maître es arts, bachelier en théologie, recteur de l'Université le 26 février 142 1 (Chart. Univ. Paris., t. IV, p. 391), procureur de la Nation de France en 1426 et en rapport avec Jean Gravèrent, l'inquisiteur, au sujet d'hérétiques qui en avaient appelé au pape {lbid.,p. 452), ilfut reçu licencié, puis maître en théologie, en 1428 (Ihid., p. 4^0). Il enseigna à Paris dès le mois de septembre 1428, en même temps que Pierre de Dyerré, Pierre Le Mire, Jean Gravestain, Guillaume Adelie {Ibid., p. 478). Au mois de décembre 1430, il plaidait devant le Parlement contre Geoffroy le Normant, déclarait qu'il avait été ordonné « maistre des grammairiens du collège de Navarre ». En 1429, Guillaume Erart avait été envoyé par le roi d'Angleterre en Champagne, ainsi que Pierre Cauchon ; Geoffroy prétendait que ce n'était pas son fait d'instruire les enfants, « et se doit emploier à preschier » ; il déclare en outre qu'il a plus de 30 1. de revenu, une cure en Normandie de 80 francs, qu'il est chanoine de Laon, chanoine et sacriste de Langres. Erart fait encore allusion à un voyage qu'il avait déjà fait en Allemagne, à Bàle (Ibid., p, 505). On le trouve à Paris, au mois de septembre 143 1, parmi les maître régents (/^^W., p. 5 30); et, le 25 janvier 1452, il présidait à Paris l'examen de la licence {Ibid., p. 537)01) Tliomas de Courcelles fut reçu le premier. Nicolas Loiseleur fut son élève à Paris en 1431- 1432 (Ibid., p. 543). Et l'on trouve que Guillaume Bonnel, abbé de Cormeilles, doyen de la Faculté de Décret, lui intenta une action car, « à la dernière licence [1432], il avait ouvert le rôle des licenciés que lui baillèrent les maîtres « (Ibid., 549). En 1433, il est dit vice-chancelier de Notre-Dame (Ibid., p. 550). Au mois d'août, au nom de l'Université de Paris, il fait devant le Parlement de Paris

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« o-rief complainte » au sujet de l'ordonnance royale sur le rachat des rentes des églises et des collèges de Paris (Ibid., p. 555). Guillaume Erart est mentionné pour la dernière fois parmi les maîtres régents au mois de septembre 1455 (Ibid., p. 555). Désormais il passera en Normandie. Il était entré au chapitre de Rouen depuis le 17 juillet 1432. Puis on le trouve à Paris où il s'était rendu « pour la poursuite des libertés de l'église » (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 34). Nommé archidiacre de Grand-Caux (1433), il remplit tour à tour les charges de chancelier, de chantre, de vicaire général. Le 7 février 1434, il est dit professeur en théologie et était reçu à un canonicat à Notre-Dame de Paris par recommandation de l'évêque de Paris, Jacques du Châtelier, le prélat mondain, porté à l'épiscopat par la faveur de Bedford et de Philippe le Bon (Arch. nat., LL. 241). Exécuteur du testament de Hugues des Orges, l'archevêque de Rouen en 1434 (Arch, de la Seine -Inférieure, G. 285), il se disputa avec les chanoines de Notre-Dame de Rouen au sujet de la succession du riche Alespée, et ceux-ci l'éloignèrent du chapitre (Ibid., G. 1194) : ce dont il fit appel au pape (Ibid., G. 5652).

Ami de Louis de Luxembourg, Guillaume Erart alla en Angleterre prêter serment en son nom au roi Henri VI pour l'administration perpétuelle de l'église d'EIy. Le roi anglais le chargea de se rendre à Arras, en compagnie de Raoul Roussel et de Jean de Rinel, en 1435, pour traiter, de la paix : et il répondit fort sèchement aux beaux et pacifiques discours de Thomas de Courcelles. Le 12 novembre 1436, Guillaume Erart préside une assemblée de prélats «pour certaine besogne touchant la chose publique et la venue de certains seigneurs anglais » en Normandie (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 1369); en 1437,11 est dit chapelain du roi et recevait une rente annuelle de 20 1. st. pour services rendus à la couronne. Guillaume Erart demeura dès lors en Angleterre et l'on voit les chanoines de Rouen le charger de réclamer les legs faits à leur église par Bedford et Henri V. Nommé doyen de la cathédrale en remplacement de Gilles Deschamps décédé, Guillaume Erart ne prit pas possession de cette dignité qu'il accepta cependant, et qui montre tout l'espoir que les chanoines mettaient dans son crédit près de la cour d'Angleterre. Il mourut en Angleterre en 1439, laissant de grosses sommes à la cathédrale de Rouen et au collège de la commune, et un calice émaillé d'argent au chapitre ; il fit également un legs de 40 1. en faveur de l'Université de Paris. Son exécuteur testamentaire fut le rigoureux Pasquier de Vaux, évêque d'Évreux, qui fonda un service religieux à son intention. Et sa maison canoniale fut reprise par le cardinal de Luxembourg (Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 34-38).

Sorboniste fanatique (Erart s'opposa à la création projetée d'une Université à Caen, novembre 143 3) ; Anglais de cœur, comme son patron Louis de Luxembourg, fort actif et sans scrupule, tel nous apparaît l'un des juges les plus passionnés contre Jeanne qu'il prêcha violemment le jour de l'abjuration.

499. Bernard Gui et Nicolas Eymeric {Directorium Inquisitorum, p. 639 et ss.) reconnaissent à l'inquisiteur le droit d'employer la torture ; mais Bernard Gui conseille de prendre auparavant l'avis des experts. La torture est employée lorsqu'on constate des variations dans les aveux de l'inculpé, ou quand ses dépositions sont en contradiction avec les dires des témoins. En fait la torture est de règle envers les sorciers que le diable empêche de parler (Jean Marx, L'inquisition en Dauphinè, p. iio). La torture de ce temps était la question par l'eau et la traction des membres avec des cordes serrées.

500. Le 5 mai, jour de hi fcte de l'iaveiuion de la sainte Croix.

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