‹ Procès de condamnation de Jeanne d'ArcChapitre 53 sur 182 · Bibl. nat., ms. fr. 16259, p · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms. fr. 16259, p

Xcil Procès de conDaMnatIoN ùë Jeanne d^rc

Clovis, roi de France, est le premier roi chrétien; et il a combattu les Sarrasins. Ses armes, avec les fleurs de lis, lui furent apportées du ciel. Du ciel encore un ange amena la sainte ampoule qui reposait en l'abbaye de Saint-Remi, patron du village de Jeanne. La sainte bannière, l'oriflamme sont également venus du ciel '.

Dieu a fait au saint royaume les plus grands honneurs : Charles Martel a arrêté l'invasion des mécréants ; Pépin a ramené le pape à Rome ; Charlemagne, mis au nombre des neuf preux, a recouvré le domaine de l'Eglise; Godefroy de Bouillon a conquis Jérusalem.

La France est le pilier de sainte Église, la terre des merveilleux moûtiers, des abbayes mères, des universités et de clergie : c'est le pays des saintes reliques et des pèlerinages'.

Au nom de cette sainteté, de cette justice, parla toujours Jeanne, la « fllle au grand cœur ».

Le roi est, de droit, le régent du saint royaume : or Jeanne est « venue du Roy du ciel pour réclamer le sang royal ». Dans sa lettre aux a. gentils loyaux » Français de Tournai, Jeanne parlera de la « bonne querelle du royaume de France » ; dans la lettre aux habitants de Reims, elle mentionnera encore « la bonne querelle' qu'elle mayne pour le sang royal ». Elle dira aux Anglais : « Et n'aiez point

1 . « Regardes doncq le roy de France, prens l'espée et la prend sur l'autel, et de la main de l'archevesque de Rheinis » (Bibl. nat., fr. 16259, P- S^^). — « Car en signe que Dieu vouloit que le royaume vint à hoirs masles, et non mie femelles, et que il vouloit que il fust tenu de iuy et de Tépée seulement, il envola au roi Clovis, mon bon seigneur et maistre, les armes de l'escu d'asur à trois fleurs de lys d'or et la saincte ampoule et huilledont monseigneur sainct Remy, archevesque de Reims, le consacra. . . » (Ibid., p. 248.)

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