‹ Procès de condamnation de Jeanne d'Arc. Texte, traduction et notes [par] Pierre ChampionChapitre 162 sur 183 · Le reste comme dans la délibération commune · texte numérisé non relu

Le reste comme dans la délibération commune

435. GuiLL.^UME DE LiVET, maître es arts et bachelier en décret, chanoine de Lisieux, reçu en 143 1 chanoine de l'église de Rouen en vertu de lettres du roi d'Angleterre.

Il fut, à diverses reprises, promoteur de l'archevêque, dès i4i4(Arch. de la Seine- Inférieure, G. 149) puis de 1436 à 1443 {Inventaire des archives de la Seine-Inférieure, série G, t. II, p. viii). On voit qu'en 1444 Guillaume de Livet fut nommé commissaire des chanoines pour un traité à conclure entre eux et l'archevêque ; on le retrouve député aux états de la province de Normandie en 1449. Il mourut à Rouen, très vieux sans doute, le 22 janvier 1465, portant également le titre de curé de Saint-Nicaise. En 1444 il avait été curé de Saint-Maclou (Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 62-63 ; l^enifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d'Arc, p. 28).

Cet homme de loi opina suivant la délibération de la Faculté de Décret de Paris ; dans la sentence définitive, il s'abrita derrière l'autorité de l'abbé de Fécamp. Guillaume de Livet n'a pas été cité parmi les témoins appelés lors de la réhabilitation.-

436. GuÉRQULD PouSTEL, PostelJi, n'était encore que bachelier es arts dans l'un et l'autre droit de l'Université de Paris en 1434 (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d'Arc, p. 28). Mais il est cité comme avocat en cour d'église à Rouen , dès 1424 (Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 100). On voit qu'il demeurait en l'hôtel de Saint-Antoine à Rouen, touchant le cloître, là où il reçut en garde l'abbé Richard (Arch. de la Seine-Inférieure, .G. 1276).

437. Jean Le T.wernier, Taberuarii, de Rouen, bachelier en droit canon à Paris en 1428 (Denifle et Châtelain, Le Procès de Jeanne d'Arc, p. 28). On le voit cité comme prêtre et frère de l'Hôpital du roi à Rouen en 1433 (Ch.de Beaurepaire, Notes, p. 100).

438. Pierre Cochon, notaire de Rouen. Clerc des testaments en 1426 (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 28), il se dit dans sa chronique, en 1425, prêtre et notaire. Il était déjà à Rouen en 1406 et résidait encore dans cette ville le 29 juillet 1450, où il assista à l'entrée du petit Henri VI (Voir Ch. de Beaurepaire, Notice sur Pierre Caucho?i dans l'Académie de Rouen, 1863, et l'introduction à la Chronique 7iorviande, 1870.)

Pierre Cochon naquit à Fontaine-le-Dun, dans la vicomte d'Arqués. Mais son père, Jean Cochon, était bourgeois de Rouen. En 1435, toujours à Rouen, Pierre prend part, en compagnie de Guillaume Manchon, à un tumulte soulevé par des clercs arrêtés par un sergent du roi et il fut arrêté de ce chef (Vallet de Viriville, Chronique de la Pucelle, 1859, p. 341 et s.). En 1435, avec G. Manchon, il authentique le testament de Bedford. En 1437, °° ^'°i^ 9"'il assiste à la bénédiction de la chapelle du Clos Saint-Marc, fondé par son confrère Guillaume Le Cras, et qu'il acquit de la confrérie des notaires, en 1438, 60 sous de rente sur une maison rue Fils-Guy : l'année suivante, Cochon transportait cette rente aux prévôt et frères notaires (Ibid., G. 9028). Le i" avril 1437, il est dit curé de Vitefleur et fondait son obit à la confrérie. Jacques Cochon, prêtre, curé de Grainville-la-Teinturière, son frère et héritier, approuvait cette fondation le 21 septembre 1440 (Ibid.). En 1446, Pierre Cochon est toujours clerc des testaments « soubz maistre Guillaume Du Désert », l'un des juges de la Pucelle (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 44), qui est dit lui, maître des intestats; en 1448, il est nommé comme son secrétaire {Ihid., G. 46). Pierre Cochon mourut le 22 février 1449 et fut inhumé dans le cimetière de Saint- Étienne-la-Grande, église attenant à la cathédrale (A. Sarrazin, Pierre Cauchonjuge de Jeanne d'Arc, p. 256 et n.). — Le chapitre de Rouen touchait une rente sur une maison de la rue du Grand-Clos-Saint-Marc qui est dite « joignant aux hoirs de messire Pierre Cochon » (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 3020).

439. Simon Davy, Simo Davus, et non Danus comme je l'imprime t. I, p. 295, notaire de Rouen, prévôt et gouverneur de la confrérie des notaires de Rouen en 1433 (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 4314). — Un Girard Davy de Bayeux est restauré dans ses biens et héritages par le roi d'Angleterre en 14 19 (Bibl. nat., fr. 26042, p. 5541); un certain Robin Davy est sergent de Pavilly, en 1 441 (Bibl. nat., fr. 26068, p. 4409).

440. Guillaume Lecras, prêtre de Rouen, notaire public de la cour archiépiscopale et auditeur des témoins. On voit que le i^r aoûf 143 1, « meu de dévocion en son couraige... à la louenge et gloire de notre Sauveur Jhesu Crist », il avait résolu de rétablir et de doter une chapelle dans une place vide au clos Saint-Marc dépendant de Saint-Maclou, et où jadis on célébrait la messe (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 4314). Le 8 août 1433, son neveu et héritier, Jean Le Cras, réalisait cette fondation : parmi les témoins, on remarqué Robinet Guéroult, Guillaume Colles, Guillaume Manchon, Pierre Cochon : tous notaires de la confrérie et qui prirent part au procès de Jeanne. On voit qu'en 1436, cette chapelle était à l'usage des notaires de la cour de Rouen (IHd., G. 4514 ; cf. notice, Ihid., G. 9982, 9009, 9028). Guillaume Manchon jouit de la première collation de cette chapelle qui fut consacrée le 25 avril 1437 (n. st.) par Pasquier de Vaux, évêque de Meaux, un des juges de la Pucelle (Jbid., G. 9028).

441 . Philibert de Montjeu, noble bourguignon, chanoine d'Amiens, puis évêque

de Coutances par la protection des ducs de Bourgogne et de Bedford (en 1424 l'évêque de Coutances prête serment de fidélité à l'église de Rouen. Arch. de la Seine-Inférieure, G. 2124). Le 4 juin 1427, on trouve une supplique de Philibert aux gens des Comptes pour lui faire délivrer la rente servie à l'évêché sur la baronnie de Saint-Sauveur-Lendelin (Bibl. nat., fr. 26054, no 1608). A lafin de l'année 1451, Philibert se rendit au concile de Bâle où il joua un rôle très important. Dès 1433, il avait été convoqué en Bohême où il séjourna trois ans, pour travailler à la réunion de ce pays à l'Église. Il présida la 6= session qui proclama le pape contumace (Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 121-122).

Anglo-Bourguignon fort zélé (le 29 juin 1428, Henri VI ordonnait de lui faire payer les frais de son voyage du pays de Cotentin à Paris vers le duc de Bedford et le conseil « pour le bien et proufit et utilité du pays à l'expulsion des brigans et ennemis dudit seigneur estant en ycellui » : le 14 juillet, Philibert de Montjeuet Enguerrand de Champrond donnaient quittance à Pierre Surreau, receveur général de Normandie, de la somme de 225 1. sur les 450 1. qui devaient leur revenir pour cette mission de 47 jours (Bibl. nat., ms. lat. 17025); l'avis qu'il adressa de Coutances sur la Pucelle est motivé dans les termes les plus durs. On sait encore que Philibert de Montjeu était procédurier et qu'il se montra fort rigoureux, avec Jean Gravèrent, dans la poursuite de Jean Le Couvreur, bourgeois de Saint-Lô, suspect d'hérésie, qui avait demandé apdtres pour porter sa cause devant le pape (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 1162). En 1440, empêché par la maladie de conduire un procès, on voit qu'il commit à sa place Pierre Cauchon, évêque de Lisieux, André Marguerie, archidiacre de Petit-Caux, Robert Le Barbier, chanoine de Rouen, tous juges de la Pucelle, ses bons amis (IMJ., G. 1 164).

Il est intéressant de constater que le siège de l'évêché de Coutances fut le dernier rempart religieux des fanatiques Anglo-Bourguignons, plus encore que Lisieux. C'est ainsi qu'à Philibert de Montjeu succéda le dur Gilles de Duremort, autre juge de la Pucelle (1439-1444), puis le lettré méprisant Zanon de Castiglione (1444- 1453). Richard de Longueil succédera à tous ces ennemis de Jeanne et du roi de France et travaillera, lui, à la réhabilitation de la Pucelle (Gii/Zin C/?m//aw(, t. XI, col. 891-893).

442. Sans doute Philibert de Montjeu estimait qu'il y avait encore d'autres charges contre Jeanne.

443. Ce texte de saint Grégoire est également invoqué par Gerson dans son traité de Distinct ione venir uni visionuvi (Voir l'Introduction).

444. Saintigny, secrétaire de Philibert de Montjeu, évêque de Coutances.

445. Zaxox de Castiglione, Milanais, succéda en 1424 à l'évêché de Lisieux à son oncle Branda de Castiglione, le célèbre jurisconsulte et professeur de Paris, que l'on trouve si souvent chargé d'ambassade en France, en Bohême, et qui avait reçu cet évêché en commande de Martin V : cette année-là Zanon prêtait serment de fidélité à l'église de Rouen (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 2124).

Dès le 28 janvier 1430, Zanon avait obtenu l'expectative de l'évêché de Baveux auquel il fut transféré en 1432. En 1434, il fut député par Henri VI au concile de Bàle ; il partit avec une commission du duc de Gloucester pour lui acheter tous les livres qu'il pourrait, surtout ceux de Guarino de Fcrrare et de Leouardo

Bruni. Il passa une année à Florence, en chantant les louanges de son maître parmi les lettrés italiens qui entretinrent désormais des relations avec son patron anglais (K. Vickers, Humphrey diike of Gloucester, p. 5 5 1 et s.). Le ler juillet 1441 , Zanon assista avec Pierre Cauchon à l'entrée du duc d'York dans la cathédrale de Rouen. Il remplaça Cauchon au conseil du roi en 1443 et il dit la messe de requiem pour le cardinal de Luxembourg (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 2130). L'année suivante, on le voit parcourir la Basse-Normandie, avec plusieurs autres membres du conseil, afin de pourvoir aux nécessités du pays, « au bien et honneur du roi et de sa justice ». En 1445, Zanon se rendit auprès de Charles VII pour traiter du mariage projeté entre Edouard d'York et Jeanne de France et, cette année-là, comme doyen des suffragants, il était chargé de transmettre aux autres évêques les ordres pour la convocation du concile (Arch. de la Seine-Inférieure, G. 19 10) ; l'année suivante, il était envoyé en mission par Henri VI vers le souverain pontife au sujet de la dispense de commandes et il faisait un voyage en Normandie avec des commissaires du roi d'Angleterre pour réunir les gens des États v pour avoir leur advis au fait, entretenement et conduite des affaires de la seigneurie du roy » (Bibl. nat., ms. lat. 17025); en 144S, il inspectait les places et forteresses des bailliages de Cotentin et d'Alençon et il obtenait du roi d'Angleterre des délais pour le recensement des biens de son évêché (Bibl. nat., ms. lat. 17025). Quand la cause de Henri VI fut perdue, Zanon se rallia sans difficulté à celle de Charles VII à qui il prêta serment de fidélité, le 5 novembre 1449. Nommé à l'évêché de Pavie en 1455, envoyé par Callixte III au concile de Ratisbonne vers l'empereur, Zanon fut fait cardinal en 1456, puis créé par Pie II légat de la Marche d'Ancône. Il mourut subitement d'une fièvre, en 1459, à Macerata, et son corps fut transporté au tombeau de sa noble famille à Milan où est son épitaphe. On y célèbre le ferme législateur et le chef courageux qu'il était (Gallia Qiristiana, t. XI, col. 892-893 ; Ch. de Beaurepaire, Notes, p. 124).

Italien de nation, anglais de cœur, surtout humaniste (il posséda de beaux livres et il offrit à Humphrey, duc de Gloucester, les Lettres de Cicéron. Bibl. nat., ms. lat. 8537), l'avis qu'il adressa sur Jeanne, daté de Bayeux, est plein de mépris. Cet évêque politique n'était pas chrétien. Mais il était très lettré ; et il devait être fort respecté par tous les clercs normands le neveu de ce Branda qui fonda à Pavie, en souvenir des bienfaits qu'il avait reçus en France, un collège pour les étudiants de Lisieux, de Bayeux et d'Evreux. Zanon fut lui-même le premier conservateur des privilèges universitaires de Caen. L'obit des Branda était célébré à Lisieux le 7 février.

446. Anglicus, Langlois, secrétaire de Zanon de Castiglione, évêque de Lisieux.

447. Cor. II, 14. Animalis autevi honio non percipit ea qiix sunt spiritiis Dei : sttiJtitia enim est illi, et non potest intelligere, quia spiritualiter exaininatur. Spiritualis autein judicat omnia : et ipse a neinine judicatur. Quis enim cognovit sensum Domini qui instruat euni ? Nos autein sensum Christi habemus. Cf. Rom., XI, 34 : Aut quis ej'us consiliarius ejus fuit ?

448. Décrétale de Grégoire IX. N. Eymeric, DïV^c/ornwi inquisitorum, 1585, p. 104 : « Non sufficit cuiquam nude tantum asserere quod ipse sit missus a Deo, cum hoc quilibet hxreticus asseueret : sed oportet quod astruat illam invisibilem missionem per operationem miraculi, vel scripturx testimoniwn spéciale. »

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