INTRODUCTION XI
postérité. Telle est la force, et telle est la faiblesse, de ce grand monument dont les arguments juridiques et théologiques reposent sur de vaines substructions. On pense aux monuments de cet âge, si logiques et si fragiles tout ensemble. Ici apparaît la tare d'une époque par ailleurs pleine de sève et d'exubérance : l'abus de la k)gique, de la scolastique, du formalisjii£^Ré^u Jarité n'est pas vérité; droit n'est pas justice; penser en groupe, conformément à la tradition, n'est pas penser; juger en politiques unhaires et autoritaires, suivant la loi du pTusTort,^ juger en conventionnels, ce n'est pas [uger. Les paroles de Vlmitation nous viennent à la mémoire : « Quand même tu connaîtrais toute la Bible et les sentences des philosophes, à quoi cela te servirait-il si tu n'as pas la grâce et l'amour? »
Alors ce sont les juges de Jeanne qu'à notre tour nous jugerons; de leur apologie la postérité fait un acte d'accusation.