‹ Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle: Témoignages des chroniqueurs et historiens du xve siècle. Volume 4Chapitre 118 sur 139 · IV. Stbylla francica · texte numérisé non relu

IV. Stbylla francica

Melchior Goldast publia cet ouvrage en tête du recueil cité dans l'article précédent. Il le mit sous un titre contenant tout ce qu'il savait de l'auteur et de la provenance : Laudajrani cujusdam anonymi clerici^ de Sibylla fran^ciœ rotuli duOj quos Goldasto communicauit B. P. Johannes My ntzenbergius ^ prior monasterii CarmeUtarum apud Francojardianos . Son édition est très-fautive. Un texte manuscrit, non moins corrompu, existe parmi les manus^ dits de Christine au Vatican (n® 607). Ce dernier est distribué non plus en deux parties , mais en quatre. Il n'a ni titre, ninom d'auteur^ mais il est porté au catalogue sous celte indication : De Paella Aurelianensi seu Sibylla Gallica disputatio duplex , una cum votis theologorum. Le manuscrit Supplément latin n^ 1033 de notre Bibliothèque nationale renferme une copie exécutée en 1787 du texte de la Vaticane.

Les deux parties du Sibylla francica (car il n’y en a que deux) furent écrites à peu d’intervalle Tune de l'autre.

(1) Opéra Gersonii, l. IV, col. 859.

476 NOTICE DES PIÈCES DE LA RÉHABILITATION

et la seconde porte la date du 27 septembre 1429. Les faits allégués dans la première sont mis sous la garantie d’un chevalier qui avait combattu en France au siège d’une ville dont le nom est resté en blanc dans les manuscrits (l). L’auteur cite encore le témoignage d’un religieux français de l’ordre de Prémontré , avec qui il s’était entretenu à Laudi^a (2). Cette circonstance est ce qui a porté Goldast à appeler anonymus Loiidayanus l’auteur du Sibylla francica.

La seconde dissertation ( secundus mtülus ) est le résultat d’une conférence que l’anonyme eut , dans un château qu’il ne nomme point, avec un docteur en droit qui reve-^ nait d’Angleterre (3). Comme ce docteur avait donné des raisons contre la Pucelle, notre écrivain s’efforce de le réfuter. Il dédie son ouvrage à Pierre de Grumbach, contre de Saint-Germain de Spire et vicaire-général du diocèse , qui avait reçu également l’hommage de la première dissertation.

Quoique les deux livres du Sibjrlla francica soient pleins de divagations et d’une obscurité extrême à cause du mauvais état des textes, je les ai reproduits en entier, comme un monument curieux de l’opinion qu’on avait pu $e faire de notre Jeanne à l’étranger. Pour l’ecclésiastique allemand, c’était une sibylle , sibylle agréée de Dieu , comme ses devancières de l’antiquité. Aussi s’enquiert-il bien moins de ses exploits que de ses prédictions ou de la manière dont elle regardait le ciel pendant la nuit.

(1) T. lit, p. 422.

(2) Lauda ou Landau ? Voy. t. III, p. 433.

(3) T. ni,p. 43».

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