DÉMARCHES PRÈS DU PAPE
» Il nous a été présenté dernièrement, de la part de Pierre et de Jean d'Arc, ainsi que d'Isabelle d'Arc, leur mère, et de quelques-uns de leurs parents, une pétition portant que leur sœur, fille et parente, Jeanne d'Arc, aujourd'hui décédée, avait été injustement accusée, jugée en dehors des règles du droit et condamnée comme coupable du crime d'hérésie et d'autres crimes contraires à la foi, sur les faux rapports faits par feu Guillaume (Jean) d'Estivet*, alors promoteur de la cour épiscopale de Beauvais, à Pierre de bonne mémoire ', alors évèque de Beauvais, et à feu Jean Lemaître, alors délégué de l'inquisiteur.
» D'après eux, la nullité de ce procès d'inquisition et l'innocence de Jeanne sont clairement établies par les documenta de la cause et par les preuves les plus irrécusables.
» En conséquence, les frères, la mère et les parentsde Jeanne, agissant surtout pour la recouvrance de leur honneur et de celui de Jeanne *, et voulant abolir la note d'infamie dont ce procès les a indûment chargés,
4. D'Estivet, appelé « Johannes » JeaUj au procès de condamnation, est appelé « Guillelmus » Guillaume ^ au procès de réhabilitation.
2. « Quondam Guillelmo de Estiveto referente bons memoria: (/) Petro episcopo Belvacensi. » — Il y a à remarquer le soin qu'on prend d'attribuer la principale responsabilité au promoteur Jean d'Estivet qui était mort peu de temps après le supplice de Jeanne et sur qui on pouvait dauber sans crainte d'éveiller aucune susceptibilité.