D'ARMAGNAC
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Noble et prudent seigneur, le chevalier Thibauld d'Armagnac*, sire de Termes, bailli de Chartres, âgé de cinquante ans, interrogé à Paris, fit une déposition où se trouvent bien indiquées les impressions des hommes de guerre sur la Pucelle. Voici ce qu'il dit:
Je n*ai connu Jeanne que quand elle vint à Orléans pour lever le siège fait par les Anglais. J*étais dans cette ville parmi ceux qui la défendaient, en compagnie de monseigneur de Dunois.
A la nouvelle de l'arrivée de Jeanne, le comte de Dunois et plusieurs dont j'étais, nous passâmes la Loire et allâmes chercher Jeanne, qui se trouvait du
i, « Theohaldus d*Armignac » Théobald (Thibauld) cTArma" gnac. Dans tous les documents français, notamment dans la chronique du siège d'Orléans et dans la clironique du hêrault Berri, le sire de Termes est appelé Thibault,
282 PROCÈS DE RÉIlABILlTATIOxN DE JEANNE
côté de Sainl-Jean-le- Blanc. Elle fut amenée par nous dans la ville.
Je Fai vue ensuite aux assauts faits contre les bastilles de Saint-Loup, des Augustins, de Saint-Jean-le- BlanCy et du Pont. Dans tous ces assauts elle fut si valeureuse et se comporta de telle sorte qu'il ne serait pas possible à homme quelconque d*avoir meilleure attitude dans le fait de la guerre. Tous les capitaines s'émerveillaient de sa vaillance et de son activité, et des peines et labeurs qu'elle supportait.
Je crois que c'était une bonne et honnête créature, et que les choses qu'elle faisait étaient plutôt divines qu'humaines. Elle reprenait souvent les hommes d'armes de leurs vices. Quant à elle (et c'est ce que j'ai entendu dire par maître Robert Baignarl, professeur de théologie de l'ordre des frères prêcheurs, qui l'avait plusieurs fois entendue en confession), elle était une femme de Dieu * et ce qu'elle faisait était de Dieu. U n'y avait en elle que bonne âme et bonne conscience.
Après la levée du siège d'Orléans j'allai, avec plusieurs autres hommes d'armes de la compagnie de Jeanne, à Beaugency, où étaient les Anglais.
Le jour où lesdits Anglais perdirent la bataille de Patay, feu La Hire et moi, sachant les ennemis réunis et prêts au combat, nous dîmes à Jeanne : « Les Anglais viennent; ils sont en ordre de bataille et prêts à