LE RÉQUISITOIRE DU PROMOTEUR
servi qu'à faite constater la virginité de Jeanne ; enfin les partis pris du tribunal, partis pris dont l'aveu implicite se trouve dans les lettres de garantie que les condamnateurs de Jeanne se firent donner plus tard, en vue d'éviter qu'on ne pût les punir de leurs procédés illégaux..
» Dans le procès en lui-même, je signalerai : le rejet de la double demande que fit Jeanne, au début du procès, quand elle requit qu'on lui donnât un tribunal composé de clercs des deux partis et qu'on lui permit d'ouïr la messe; l'incompétence de l'évêque visà-vis d'une accusée qui n'était point née dans son diocèse, ni n'y avait point commis les crimes qu'on lui imputait; l'instruction initiale du procès faite sans le concours indispensable du vicaire inquisiteur; la substitution intéressée des interrogatoires secrets de la prison aux interrogatoires publics ; les menaces adressées aux docteurs qui osaient faire montre de bonne foi et de justice; la fin de non-recevoir qui accueillit l'appel de Jeanne au pape devant lequel elle demandait formellement à être envoyée; les fraudes des douze articles où sont omises à dessein des réponse^ qui justifient Jeanne, et où sont introduites de fausses allégations tendant à la faire condamner ; le mensonge d'une abjuration obtenue moitié par tromperie, moitié par force; les épreuves odieuses imposées à la pudeur de Jeanne ei la contrainte employée pour lui faire reprendre l'habit d'homme; l'illégitimité du jugement qui a frappé Jeanne comme relapse; l'irrégularité du
supplice de Jeanne menée au bûcher sans qu'aucun jugement séculier ait été prononcé.
» J'ajoute qu'il me paraît utile de faire une enquête sur la vie et les mœurs de Jeanne, et sur la manière dont elle a entrepris le recouvrance de son pays *• Le présent procès y gagnera. »
1. « Utile facere quamdam inquestam super vità et moribus îpsius Johannœ, modoqne aggrediendi patriam »uam. »
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