I. — L'INDIFFERENCE DU ROI CHARLES VII
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Tandis que Jeanne était jugée, condamnée, brûlée, calomniée parle tribunal ecclésiastique de Rouen, sous la pression des Anglais, le roi Charles VII s*était tu.
Admettons qu'il ait été impossible au roi de France de racheter la Pucelle ou de la délivrer par les armes. Du moins aurait-il pu faire des démarches en sa faveur auprès du Pape et auprès du concile général réuni à Bàle, pour prévenir sa condamnation.
Mais non ; Charles VII ne fit rien pour sauver celle qui avait sauvé son royaume. Bien plus, gêné par les bienfaits reçus^ il affecta de les oublier.
Son ingratitude était encouragée par ses conseillers, notamment par Tarchevêque Regnault de Chartres et
par le grand chambellan la Trémouille. Ces hommes de cour ne pouvaient pardonner à la plébéienne de Domremy d'avoir dédaigné leur tutelle et effacé leur prestige. Il la poursuivirent des mêmes hostilités dont fut plus tard enveloppé le plébéien Jacques Cœur, à qui on fît un crime de son génie comme à Jeanne de son héroïsme.
Le parti pris du silence fut tel, que lorsque, aux États de Blois, Jean Jouvenel des Ursins rappela, dans une apologie solennelle, les merveilleux succès du roi, il les attribua à ses vertus et au « courage d'une petite compagnie d'hommes », sans dire un mot de la grande libératrice.
C'est seulement en 1450, au lendemain de la soumission de la ville de Rouen, que Charles VII songea à une revision du procès inique dont Jeanne avait été la victime. Il y songea non à cause d'elle, mais à cause de lui-même; non par sentiment de reconnaissance, mais par calcul de politique. Le but visé était d'établir que le roi de France 'n'avait pas dû son sacre à une hérétique*.
4. Dans le second volume de sa savante histoire de Charles VIT, M. du Fresne de Beaucourl, caractérisant le j^oi de Bourges après avoir caractérisé le dauphin y combat, à côté des accusations accréditées contre les mœurs de Charles, l'opinion qui a prévalu sur son ingratitude envers Jeanne d'Arc. Les quelques citations alléguées par le marquis de Beau court et les ingénieuses déductions qu'il en tire ne prouvent rien contre les faits. Ceux-ci parlent si haut que l'historien finit par reconnaître qu'il y a eu de la part de Charles méconnaissance ou tout au moins oubli de ses devoirs. Mais il veut que cet oubli ait été purement momentané.
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