LE PETIT JOURNAL
Les accusateurs de M. Delamarche se faisaient fort de démontrer qu'il avait organisé une Cour martiale, présidé à des exécutions sommaires, commis enfin les plus basses atrocités.
Aucun des seize témoins cités par le Cri du
Peuple ne soutient de ses affirmations formelles les allégations du journal.
En revanche, une vingtaine de témoins assignés au nom de M. Delamarche, rendent à sa conduite un hommage éclatant.
UOPINION
Donne un compte-rendu exact de Tafifaire que nous résumons ainsi:
. MM. Mivielle et Boulabert qui avaient fait défaut Tautre jour, se sont présentés cette fois. Quand au docteur Guébhard, il ne comparaît pas. Il demande à être mis immédiatement hors de cause.
M. Kayl dépose qu'un amnistié aurait refusé de serrer la main à M. Delamarche en disant:
Je ne serre pas la main d'un homme qui m'a interrogé sur les pontons.
M'' Laguerre. — Il est certain que M. Delamarche n'est jaipais allé sur les pontons.
Au sujet de la prétendueVadiation de M. Delamarche du cercle républicain :
M* Ledru. — M. Delamarche n'a point été rayé du cercle républicain. 11 s'est retiré volontairement et l'individu qui l'avait faussement accusé s'est rétracté par écrit. J'ai la pièce dans mon dossier.
M™* Emion, marchande de vins, ne sait pas si M. Delamarche faisait partie de la Cour martiale.
M. Champetier a été amené par cinq soldats devant la Cour martiale. Il n'a pas vu M. Delamarche.
M. Camille Pelletan, député:
Je dois déclarer que j'ignorais même le nom de M. Delamarche. Je n'ai aucun détail sur lui.
Le même journal rend compte des dépositions des témoins de M. Delamarche :
M. Sébourque. — M. Delamarche a toujours été mon antagoniste. Mais je déclare que sa conduite n'a jamais cessé d'être très digne. Il a refusé de faire partie de la Commune. Dès qu'il a connu l'arrestation de plusieurs d'entre nous, il a fait des démarches pour obtenir leur, libération.
M. Gustave Faivre, dentiste, sait que M. Delamarche ne faisait pas partie de la Cour martiale du boulevard des Fourneaux. Le 22 mai, M. Delamarche est revenu de Versailles avec le témoin. Ils ont couché à l'École militaire.
M. Lemonnier a su que M. Delamarche, arrivé à Paris avec lui le lundi 22, avait fait sortir deux prisonniers.
M. Fribourg, journaliste, affirme que M. Delamarche a couché à Versailles le 21 mai. Il n'est revenu
à Paris que le lendemain, et il a. passé la nuit à l'École militaire avec le témoin.
Lé 23, M. Delamarche s'est rendu à la rue des Fourneaux; la prévôté fonctionnait déjà. Loin d'avoir la moindre autorité, nous étions tenus en suspicion par l'armée.
C'est alors que M. Delamarche a appris que deux de ses anciens volontaires avaient été arrêtés. Et il n'a pu les faire relâcher qu'après des démarches multiples.
M. Lespinasse n'a pas quitté M. Delamarche pendant les dernières journées de mai. Us se sont rendus à la prévôté pour demander la libération de certains gardes nationaux. M. Delamarche n'a jamais présidé aucune Cour martiale.
M. Alexandre Roggen, tailleur, avait été arrêté avec son fils et traduit devant la Cour martiale du boulevard des Fourneaux. C'est M. Delamarche qui a réclarhé et obtenu leur élargissement.
M* Laguerre. — Le témoin avait appartenu à la Commune?
Le Témoin. — Oui.
M. Pouyer a connu M. Delamarche en 1871 :
On m'avait pris pour un de mes homonymes qui avait joué un rôle dans l'insurrection, M. Delamarche a fait constater mon identité et m'a empêché d'être arrêté.
M. Byguière était pharmacien au coin de la rue de Vanves et de l'avenue du. Maine. 11 n'a pas vu M. Delamarche boulevard des Fourneaux.
M. Antoine Cyprien, relieur, rue d'Alésia, a été
gardien de Timmeuble- dans lequel se ^eàdtt.la-- Cour :martiale : .....
Je déclare sur Thonneur que je n*y ai -jamais vu M. Delamarche..
M. Haiteau affirme que c'est un lîeutemènt de gendarmerie qui présidait la Cour martiale.
M. Héligon, conservateur des entrepôts de Bercy: M. Delamarche, le 24 mai, a éteint l'incendie de l'établissement des Enfants- Assistés. Il a gardé une vieille église qu'on avait minée et pétrolée, et qui aurait fait sauter le quartier. Il n'a jamais fait partie d'aucune Cour martiale.
M. Ricard, chef de bureau à la miairie du XIV* arrondissement, a présenté à la signature du maire un grand nombre de pièces portant l'apostille de M i Delamarche. C'étaient des demandes de grâce.
M. Ancelet, opticien, était capitaine de la garde> nationale. M. Delamarche a essayé de faire le service avec le plus d'humanité possible et de rétablir l'ordre. Il n'a jamais fait ou commandé aucune arrestation.
M. Finsterwald a été secrétaire de M. Delamarche.
Un garde national était venu nous apporter une liste de dénonciations, M. Delamarche a renvoyé cet homme et jeté la liste au panier. J'ai vu M. Delamarche signer de nombreux certificats en faveur des gardes nationaux arrêtés. Notamment, M. Delamarche a signé un certificat pour mon concierge, et cetliomme ne lui a jamais pardonné d'avoir dit qu'ihne savait ni lire ni écrire. {Rires,)
M. Crochet; employé, témoigne dans le même sens,
M. Rouffiac, ébéniste:
M. Delamarche a dissuadé ses soldats de prendre parti poHr la Commune., Il leur a dit: Les Prussiens sont encore sur Je territoire.,, nous ne devons pas nous
battre entre nous.
L'audition des témoins terminée, M. Boulabert demande à faire une observation pour préciser le débat. Il ne prétend pas que M. Delamarche soit allé interroger les prisonniers sur les pontons. S'il Ta dit d'abord, c'est par suite d'une confusion qu'avait créée une presque similitude de noms.