PROVINCE. DE QUÉBEC
Québec, le 23 février 1891.
Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettre par laquelle vous me dites que: Vos trouvez insuflisante la promesse d’un paiement de trente mille
me NE
. piastres ($30,000.00) dan six mois, en acompte sur le contrat, et
vous me demandez dé doublor le montant.
Je regrette d’avoir à vous dire que je re puis me rendre à votre demande. Dans mon opinion, cette somme de trente mille piastres serait suffisante pour acquitter ce que vous auriez alors fourni au gouvernement. Je n'ai pas d’objection, cependant, à vous dire que
le gouvernement paiera, à vous ou à votre ordre, une somme addition-
cuter fidèlement votre contrat, je vous prie de me croire
nelle de trente mille piastres ($30,000.00), dans un an, à compter du premier mars prochain. “a Dans l’espéranse que cici sera suffisant pour vous | ermettre d’exé-
EE
Votre tout dévoué,
Hoxcré Mercier Premier ministre.
Munis de ces deux lettres, Langlais et Pacaud partirent. Langlais dit à ce dernier : “ Je ne voudrais pas que le gouvernement se remboursât tout d’un coup de ces 869,000 sur les premiers articles livrés. Je voudrais que le gouvernement se remkvursât en ne gardant que 20 pour cent sur le montant de chaque cumpte.” Pacaud dit qu'il allait voir M. Mercier et, revenant, dit à Langiais que c'était coxrect.
Langlais et Pacaud se rendent alors à la Caisse d'Economie. Le président, M. Robitaille, n'y était pas. Ils se rendent à sa résidence. Pacaud reste dans la voiture et Langlais entre chez M. Robiiaille. Il er sort avec un ordre au caissier. de faire l’escompte. De là, ils se readent à la Caisse d'Economie, Langlais présente l’ordre du président et l'escompte est fait, Il produit $56,77 2.33. Langlais et Pacaud partent avec un chèque pour ce montant.
Bien que ce chèque fût sur la Banque Mationale, Pacaud suggère à Langiais Ge le changer à la Banque Tnion., On entre à la Banqne Union. Langlais retire au guichet les $56,772.33. Il se retire avez son argent à un pupitre au milieu de l’eppartement, remet 650,000 ‘à M. Pacaud, puis s'en va avec la balance, J'oubliais de dire qu'avant d: donner les 850,000, Langlais demande à Pacaud combien il voulait, Pacaud répondit: “ Donnez tout ce que vous
rrez, Car novs sommes dans le besoin.” Pacaud ajouta : Vous Le me donner #50,000.” Et c’est sur cela que Langlais lui remit les $50,000. ue sais
Il sera établi que M. Pacaud garda 8500 déposa #24,500 à son Se à la banque et remit $25,000 au caissiér prur être placé au
de l'honorable M. Mercier à la Banque Jacques-Cartier à II sera aussi établi que M. Merrier à retiré les $25,000.
On commence alors l'enquête.
M. PrarTex, député greffier de la. paix est assermenté et produit le dossier de l'enquête préliminaire faite devant le magistrat Chauveau.
M. Jos. Boïvin, sous-secrétaire provincial, identifie certaines pièces comme étant des copies d’originaux à son département. Il à examiné ce dossier at le considère cemplet. :
Les originaux des lettres de M. Langlais s’ÿ trouvent. Il connaît la signature de Langlais.
Il y à aussi uue lettre originale de l’honorable M. Garneau. Les autres documents sont des copies.
Le témoin lit la lettre de M. Garneau transmettant au secrétaire :
provincial le contrat fait par le gouvernement avec Langlais pour y
être gardé de record. L’honorable M. Garnean priait en même temps
le secrétaire provinciai de s’y soumettre. Voici cette lettre :