‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 1 sur 125 · Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry Lapauze · texte numérisé non relu

Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry Lapauze

Les Procès-Verbaux que nous publions sont inédits, sauf pour une partie sur laquelle nous nous expliquerons. Ces Procès-Verbaux sont entrés dans un établissement public seulement depuis quelques années. C’est, en effet , en i que le Registre qui les conserve fut acquis pour le compte des Archives Départementales de la Seine. D’où venait-il, et comment avait-il échoué chez le marchand où un fonctionnaire vigilant le découvrit! Questions sans- réponse possible, ainsi qu’il arrive trop souvent. Contentons-nous de louer le sort qui assura enfin à ces Procès-Verbaux une destinée digne d’eux.

M. Marius Barroux, archiviste adjoint, les décrit ainsi, dès idçC, dans son état sommaire de /"Accroissement des séries anciennes :

(liv) id. (Sociétés). — / registre.

ly y j-an //[/]. Commune (générale) des Arts ou Société (populaire et) républicaine des Arts : procès-verbaux des séances (2J0 f. in-folio et 2 pièces )^^\

»-«•( VI )•e^

C’est tout. Les Procès-Verbaux n ont été signalés dans aucune publicatioii spéciale, et ils ont échappé à la sagacité de M. Alexandre Tuetey, dont tous les travailleurs connaissent les précieuses indications'^^\

Le Registre des Archives de la Seine est un in-folio cartonné, de 2yo feuillets et 2 pièces. Les Procès-Verbaux jr sont rédigés au recto et au verso, et ils nous renseignent exactement sur i po séances, dont la division peut être ainsi indiquée :

Commune Générale des Arts (^18 ju‘illet-6 septembre

Commune des Arts (t 0 septembre- 2^ octobre i ppq). . 2 ^

Société Populaire et Républicaine des Arts (p nivôse an //

\j7pf-2. P foréal an II) py

Société Républicaine des Arts (j prairial an ii\iy pf\- 28 foréal an iii [lyp/]) /7

Il convient Procès-Verbaux des i p 0 séances,

les brouillons de iS séances de la Commune Générale des Arts, et d’une séance de la Société Républicaine des Arts, soit en tout ip brouillons qu’on trouvera aux Annexes,

Les Procès-Verbaux de la Commune Générale des Arts et de la Société Populaire et Républicaine des Arts sont , sans conteste , un des documents les plus précieux pour l’histoire de l’art sous la Révolution.

Tels que les garde le Registre des Archives de la Seine ,

Répertoire général des sources manuscrites de l’Histoire de Paris pendant la Révolution Française, j vol.

et tels que nous les publions , ils sont malheureusement incomplets. Dans quelle mesure! Nous allons essayer de le dire.

Avant même que V Académie Royale fût supprimée , un certain nombre d’artistes ^ parmi lesquels des académiciens dissidents ^ avaient constitué une Société qui s’appelait la Commune des Arts.

La Bibliographie de l’Histoire de Paris pendant la Révolution Française, de M. Maurice Tourneux, signale son existence dans les deux notes suivantes :

1^862. — Pétition motivée de la Commune des arts a l Assemblée nationale , pour en obtenir la plus entière liberté de génie par Rétablissement de concours dans tout ce qui intéresse la nation^ les sciences et les arts , pour réclamer contre l’existence des Académies et autres corps privilégiés et contre la création d’un corps des ponts et chaussées, Guilhematj S. d., in-8°, 16 p. \^R.AD. VIlIj

Signée ; Restout ^ président; Turcaty, secrétaire; Dufourny.

I p8 6 y — Adresse a la Convention nationale par la Société des arts réunis de peinture , sculpture ^ architecture , gravure , séante au Louvre j salle des Arts. Paris, 12 juin i/ÿy Lmp. Pain, S. d. , in-qP, qp. \R.AD. VIII, 12].

Signée : Dupré, Lebrun, Allais , P etit-Coupret , Souflot, Lesueur, Baltard, Pajou , Ducreux , Thiérard, Gérard, etc.

Au sujet du décret du p mai, mettant au concours un plan de terrains nationaux compris depuis la place du Carrousel jusqu’à celle de la Révolution, Les soussignés protestent contre cette division et réclament l’ achèvement du Louvre, abandonné depuis un siècle.

La Commune des Arts avait-elle changé de titre! En tous cas la première fois quil est officiellement question de cette Société , on ne lui donne pas le titre de Commune des Arts. Le décret du 4- juillet parle expressément

de <-^ six artistes nommés par la Société des Arts tenant ses séances au Louvre La Société se réunit le i d juillet et prend le titre de Commune Générale des Arts.

Si les Procès-Verbaux de la première Commune nous font défaut, il n en est pas de même de ceux de la Commune Générale des Arts, qui forment la première partie de notre publication.

Mais, à son tour, la Commune Générale des Arts devait soulever les plus vives animosités et accumider contre elle les rancunes les plus violentes. Elle était destinée â mourir de la même mort que /^Académie Royale, par un décret de la Convention.

C’est la Société Populaire et Républicaine des Arts qui remplaça la Commune Générale des Arts, et les Procès-Verbaux marquent ici une lacune : entre la séance du tridi de la décade du 2^ mois de l’an II (24 octobre jypj) de la Commune des Arts, qui est la dernière que donne le Registre, et la séance du j» nivôse (2^ décembre) de la Société Populaire et Républicaine, qui lui fait suite , il y eut évidemment plusieurs séances dont le compte rendu n’est pas arrivé jusqu’à nous.

La plus grave lacune des Procès-Verbaux est accusée par l’absence, dans ce Registre, des séances de Thermidor et de Fructidor an II , qui ont toutes disparu. Les séances de Thermidor surtout durent présenter un certain caractère ,

et V arrestation de David, dictateur des arts , notamment, ne put pas ne point être Vohjet de communications à la. Société Républicaine des Arts, où sa toute-pinssance n avait cessé de s’exercer. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’on ne trouve plus le nom de David dans les Procès- Verbaux.

Enfin des lacunes doivent exister vers la fin du Registre. Il est vrai que le zèle des sociétaires s’est ralenti, et que , soit timidité , soit crainte , pour ne pas dire terreur, on y regarde à deux fois avant de prendre les allures frondeuses d’ avant Ehermidor : les délibérations s’en ressentent visiblement. A la fin, on parle encore de changer le titre , de revenir à la Commune Générale des Arts, et surtout de faire appel aux anciens membres de /^Académie Royale qui se sont tenus éloignés de la Société Populaire et Républicaine et de la Société Républicaine des Arts! On ne pouvait pas avouer plus ingénument son impuissance , ni ajouter plus d’ amertume à la situation de David.

Les Procès-Verbaux de la Société Populaire et Républicaine des Arts et de la Société Républicaine vont du y nivôse an U au 2 d floréal an ///. Une partie des Procès- Verbaux la Société Populaire et Républicaine des Arts, du y pluviôse au 2 y floréal an II , est connue par le Journal de Détournelle. Nous ne les avons pas moins reproduits ici intégralement, d’abord parce quils diffèrent sur plus d’un point de la publication qu’en fit Détournelle , et parce qu’il nous a paru que la publication du Registre des Archives de la Seine devait d’autant plus se présenter

dans son ensemble, que son Journal est absolument introuvable.

Le Journal de Détoumelle est connu. M. Jules Renquvier le signalait dès i S 6^^ 1^1, les Concourt le citaient en / et M. Eugène Despois , en i S M. Cotirajod s’y reportait en J S y et le comte H. Delaborde en i dp i^\ Enfin M. Maurice Toîimeux^^ le décrit ainsi :

F. Société Républicaine des Arts.

tp86 f. — Aux armes et aux arts! Peinture, sculpture , architecture , gravure. Journal de la Société républicaine des Arts , séante au Louvre, salle du Laocoon. Rédigé par Détoumelle , architecte. Première partie. Du t" ventôse au prairial an II ( i p février- 20 mai t y pq). A Paris,

che-^ le citoyen Détoumelle , rédacteur de ce journal , au coin de la rue de la Vieille-Draperie et de la Juiverie , maison du limonadier, section de la Cité. S. d. , in-8° , 2 f. et p p2 p.\N. hiv. V. q.2yn\

Le premier trimestre, précédé de ce titre, comporte cinq numéros et p 2 0 p. ; le sixième, qui continue la pagination du premier trimestre, renferme, entre autres articles , le résumé des séances de la Société républicaine , jusqu’au 2p foré al an ii ji 8 mars typj^''i) et de celles du Club révolutionnaire des arts , des q. et iq foré al (2 p avril et p mai t y pq^^^).

Les couvertures imprimées des cinq premiers numéros contiennent la liste des artistes affiliés à la Société , « leurs demeures et le genre d’art qu’ils professent , par ordre d’épuration et de récefition». Cette liste comporte cent noms ( en comptant Garnerey, omis à son rang et rétabli plus tard ).

Histoire de l’art pendant la Révolution .

Histoire de la société française pendant la Révolution.

Le vandalisme révolutionnaire.

L’Ecole royale des élèves protégés.

L’Académie de Beaux-Arts.

Bibliographie de /'Histoire de Paris, etc.

On a imprimé par erreur cette date.

C’est 18 mai qu’il faut lire.

Le iq. floréal correspond au q mai et non pas au j mai comme il est dit ici par suite d’une erreur typographique.

La couverture du sixième numéro porte au premier verso cet avis ;

« Les souscripteurs de ce journal sont priés de ne renouveler leur ah on nement que lorsqu’ils recevront le }i° y.

« Qiioique trop faible pour lutter dans les concours avec les grands talents J le devoir exige que je m’occupe de diférents projets dont le travail m’empêche de déterminer l’époque où paraîtra le prochain numéro ». La publication ne fut pas reprise

Sur cette dernière couverture, on trouve encore un Avis aux artistes du jour où ils doivent exposer leurs esquisses et des couplets / anonymes) intitulés la Critique, sur l’air du menuet d’Exaudet.

Si V existence du Journal 11 a point passé inaperçue, il ne semble pas qu on l’ait lu de très près. Tous ceux qui se sont occupés de la publication de Détournelle lui accordent un crédit auquel elle ne prétendit jamais , et contre quoi le rédacteur dut lui-même s’élever, en présence des discussions auxquelles son titre donna lieu Enfin on a trop cru, et on a trop dit, que le Journal reproduisait tous les Procès- Verbaux de la Société Populaire et Républicaine des Arts.

Fondé le z®'’ ventôse , le Journal devait disparaître trois mois plus tard, le i^'' prairial. La presque totalité est consacrée à l’analyse des procès-verbaux , discours , pétitions , etc., de la Société Populaire et Républicaine des Arts (y plu-

Le dernier numéro du Journal, malgré sa date, est postérieur de quelques jours au i" prairial, puisque Détournelle y donne cette nouvelle, aux Mélanges : «La Société populaire et républicaine des Arts a arrêté , dans sa séance du y prairial, qu'elle quittait le nom de populaire^ et gardoit seulement celui de républicaine»^ p.jÿi.

Ad. Guillaume écrit très justement que le Journal « n’était pas , coiwne son titre pourrait le faire croire , l’organe officiel de la Société républicaine des arts, mais une publication particulière dont le rédacteur était seul responsable». Procès-Verbaux du Comité d’instruction Publique de. la Convention Nationale,

t. ni, p, q-yp.

xii ^•e^ —

viose-2ÿ Jîoréal an II) , du Jury National des Arts ( 1 7 pluviôse-1 j ventôse) et du Club Révolutionnaire des Arts (il ventôse- 1 4 floréal an II).

Pour ce qui est des Procès-Verbaux de la Société Populaire et Républicaine des Arts, Détoumelle s’est borné aux P y séances qui eurent lieu pendant que se publiait son Journal. Il n’a rien dit des 4^ séances delà Commune Générale des Arts (18 juillet i yp q-tridi de la décade du deuxième mois de l’an II), non plus que des 1 0 premières séances de la Société Populaire et Républicaine des Arts (p nivôse an II- pluviôse). Enfln, son Journal ayant cessé de paraître , on ne savait rien de la Société, à partir du q prairial an II. Les J y Procès-Verbaux qui vont du q prainal an II au 28 floréal an /// combleront les lacunes.

Est-ce à dire que le Journal de Détoumelle doive désormais être négligé! En aucune façon. Sur plus d’un point , on le verra, nous nous sommes servi du Journal pour compléter lesVxoQh%^ç.x\i2i\sy.. onginaux que nous publions d’après les textes. Il arrive , en effet, que Détoumelle , journaliste , est parfois plus complet que le secrétaire , même quand c’est lui, Détoumelle , qui remplit ces fonctions. Il y met quelquefois de la malice , le frondeur Détoumelle , et on le voit bien aux critiques qu ’il décoche à ses camarades de la Société , trop académiques encore à son gré. Un jour on lui donne l’ordre de changer le titre de son Journal, par peur des confusions ; il hausse les épaules , et je ne suis pas bien sûr qu’il ne s’écrie pas avec ironie : << Académiciens! C’est un terrible homme que Détoumelle., et on n’aime guère ses coups de boutoir, Eantôt archiviste adjoint , tantôt secrétaire de la

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