PREMIÈRE SEANCE DE LA COMMISSION
CHARGÉE D’EXAMINER LES PRODUCTIONS NOUVELLES PRÉSENTÉES À L’EXPOSITION DE L’AN 7!^*.
Ce jourd’hui 1" fructidor l’an 8 de la Rép'*“® les Cit"’ Vieil, David, Vincent, Peintres, Rolland, Jullien Sculpteurs, et Chalgrin architecte et les membres de rAdm”" du iMusée Central des Arts, formant
du Louvre. Que M.Tiavinsky, chef du Secrétariat, et M. Morand, attaché aux Archives du Louvre, qui nous ont facilité notre travail, soient ici remerciés.
On a voulu évidemment écrire l’an 8.
Annotation marginale : cet arreté est inséré dans le procès-verbal du 1 8 Thermidor an 8 de la Rep'*'".
Nous avons copié ces procèsverbaux sur les minutes, trop souvent indéchiffrables, qui sont aux Archives
ensemble la Commission chargée par le Ministre d’examiner les productions apportées à l’exposition l’an 8, se sont assemblés dans la galerie d’Apollon pour examiner les dits objets.
Lecture faite de l’arrété du Ministre dont suit la teneur, les membres delà Commission s’occupent de la formation du Bureau; ils nomment par scrutin et à la majorité absolue des suffrages le C“ Vien president et le C*"" Lavallée secrétaire.
On fait lecture de plusieurs lettres adressées à la Commission.
Le Cit. Collignon, artiste écrivain, adresse la notice de deux ouvrages historico-geographique qu’il a exécutés et pour lesquels il demande une place parmi ceux des artistes vivants.
La Commission décide qu’il sera répondu a ce citoyen en lui envoyant copie de l’art. 7 de l’arreté du Ministre qui exclu de l’exposition les traits ou principes d’ecriture. On le préviendra de même que la Commission ne juge point sur des notices mais sur les objets qu’on lui soumet et que si les ouvrages ne sont pas compris dans l’art, de l’arrete sus cité, il peut les envoyer avant le 8 fructidor, terme de rigueur pour l’examen deffinitif.
Les citoyens Vafflard, Pallier, Castellan, Broc, Jousselin, Lafond, Moreau, Dufau, Bouchon, Mongin, Prévost, Casin et M”'' Emilie Bounieu demandent un délai pour terminer leurs ouvrages.
La Commission leur accorde jusqu’au 8 fructidor après lequel terme les ouvrages seront de nouveau examinés.
Le Cit™ Chancourtois, Peintre, ayant remporté le 30 juin 1782 le grand Prix de lacademie de Parme, demande s’il est soumis a l’examen de la Commission.
Le M^"" dans l’art. 3 de son arreté, n’ayant point compris dans les exceptions qu’il contient, les prix remportés dans les ecoles ou academies étrangères, la Com™ arrête qu’il sera répondu au C™ Chancourtois afin de le prévenir qu’elle ne croit sa demande admissible, et pour l’inviter a envoyer ses ouvrages avant le huict fructidor.
Le Cit. Belloni Mosaïciste, adresse un extrait du Procès Verbal du Jury nommé pour examiner les ouvrages de l’exposition de l’an 7 \un mot illisible'\ du 5 B’'® an 8 dans lequel le Jury invite le gouvernement a employer les talents du dit C™ Belloni pour la décoration des monuments publics, il demande si d’après ce certificat il est soumis à l’examen.
La Commission considérant que le but du Jury en délivrant ce certificat au Citoyen Belloni etoit plutôt d’inviter le gouvernement a encourager par des travaux publics ce genre de peinture qu’une attestation
autentique des talents du C'" Belloni, arrête qu’il lui sera répondu quelle j)ense qu’il ne se trouve pas exempt de l’examen.
Le citoyen Piranèsi soumet à la Commission plusieurs gravures de la collection gravée d’après les édifices et monuments antiques de Rome. Les unes exécutées j)ar son j)ère , d’autres })ar lui, il demande leur exposition.
La Commission arrête qu’il lui sera répondu que les j)ièces gravées par son père .J. B. Piranèsi étant dans tous les Cabinets et dans les portefeuilles de tous les artistes elle ne croit pas pouvoir les admettre a l’exposition, mais qu’elle recevrait volontiers quelques unes des dernières planches de cette belle collection gravées par lui et qui toutefois n’auroit pas eu une trop grande publicité.
Le Conseil s’ajourne pour la continuation de ses opérations au 7 fructidor, à 5 heures très précises.