‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 87 sur 125 · COMPTE DE LA VENTE DU LIVRET · texte numérisé non relu

COMPTE DE LA VENTE DU LIVRET

Recette.

La V' Hérissant Imprimeur, a fourni 5,000 exemplaires 5,000 exemp.

La C"' Deraet Imprimeur a fourni 6,000 exemplaires 6,000

Total 11,000

A déduire 1 02 exempl. distribués gratis ou invendus comme défectueux

Vendus a cent sols :

Reste 10,898

Total 54,490^

Dépense.

1° f jour complément. — Pour l’impression de 600 Reconnoissances relatives à l’exposition, suiv* quitt" 74^

2° P Vendémiaire. — Pour annonces dans les journaux suiv* quitf" 4°

3° zy Vendémiaire, — Pour le port des Livrets de la V’" Hérissant quitt 100

4° ay Vendémiaire. — Payé à la V” Hérissant pour 5,000 exempl. du Livret suivant sa quitt" 12,500

5° ly Brumaire, — Payé à la C“° Deraet, imprimeur pour 6,000 exemplaires du livret 19,400^ suiv* sa quitt" 19,400

6° ly Brumaire. — Remboursé au c" Picault l’un des conservateurs pour vernis par luy employé à plusieurs tableaux de l’exposition suivant sa quitt" 387

7° 23- Brumaire. — Payé au C'“ Renou, suivant l’intention de la commission exécutive. . . quitt. du C°“ Renou 3,000

A reporter 3

Heport 35.501**

8° Frimaire, — Payé au C" Angirani, Proie de la C“' Deraet, d’après différentes réclamations aux motifs desquels le conservatoire a crû devoir se rendre, pour remboursement de frais et dédomagemens,

la somme de 1,000** suivant sa quitt" 1,000

9° /J Frimaire. — Payé aux femmes des gardiens du Muséum pour avoir pendant la durée de l’exposition débité les Livrets, la somme de 2,000** suiv* leur quitt'* 2,000

Total de la Dépense 38,501

La recette est de 54,490**

La dépense est de 38,501

Reste net 1 5,989

Vérifié et certifié par le Conservatoire, fait en leur assemblé le i 5 frimaire an 4 de la repub.

et arreté pour la décharge du C"* Foubert secrétaire.

Foubert, S'‘.

Distribution Proposée par le conservatoire, de la somme de i 5,989*^ bénéfice net de la vente du Livret en gratifications, et indemnités aux ci-après nommés.

r Aux gardiens du Muséum, ensemble 3,500**

2" Le C'° Phlipot, concierge des écoles N'*’ a représenté au Conservatoire, que du tems des academies et, même depuis leur suppression, il avoit été chargé de surveiller la vente du Livret, de le distribuer aux femmes qui le débitent, et de compter du produit que cette commission lui procuroit une gratification qui lui seroit maintenant plus necessaire que jamais.

Le Conservatoire a remis cette surveillance au c*“ Phlipot qui s’en est acquité avec beaucoup de zèle et d’intelligence, pourquoi le Conservatoire propose de luy donner à titre de gratification la somme de . 3,200

3° Le C*° Lambert surveillant aux écoles du Modèle recevoit aussi une gratification sur les bénéfices du Livret, il fait valoir son service continué aux écoles, la modicité des salaires qu’il en retire, et les besoins qu’il éprouve. Le Conservatoire propose qu’il soit employé

pour la somme de 1,800

A reporter 8,500

Report 500^

4° Le O" Denyau commis aux écritures a tenu registre de tous les objets apportés pour l’exposition, en a remis des reconnoiss'" aux propriétaires. II doit observer le même ordre dans la remise de ces objets, jusqu’à ce qu’ils soient tous retirés.

Le Conservatoire propose qu’il soit employé pour la somme de 4,000*^ à titre de gratification

5° Les vétérans cazernés au Muséum ont fait un service redoublé pendant la durée de l’exposition. La compagnie étant composée de 50 hommes le Conservatoire propose qu’il leur soit alloué a chacun 60 au total 3,000

6° Chouteau, balayeur; l’entretien du grand escalier pendant l’exposition a de beaucoup augmenté son travail journalier, ce cit” étant fort âgé et dans le besoin , le Conservatoire propose qu’il soit employé pour

la somme de 4^9

Total égal au Produit net du Livret cy i 5,989

Propositions arrêtées pour être présentées au Dir. Général, le 17 frimaire an 4 de la R. en l’assemblée du Conservatoire.

Foubert,

j” complémentaire . — 74^*

Imprimé pour les Citoyens Membres du Conservatoire du Muséum National des Arts par H. J. Jansen et C“.

Certificat de réception pour l’exposition qui aura lieu en Fructidor : de huit à la feuille tiré k 600.

Composition et tirage 50^

3 Mains de papier à 8^ 24

Total 74

Pour acquit, ce 5 Complémentaire an 3“®.

Jansen.

H, Qiiittances diverses.

Les dépenses portées au budget précédent sont représentées par des reçus dûment acquittés. Nous ne voulons pas les reproduire tous, mais quelques-uns seulement pour l’intérêt documentaire qu’ils présentent. Nous signalons spécialement les reçus des deux imprimeurs du livret de l’an iv, ceux des journaux qui avaient inséré la note du Conservatoire, du capitaine commandant les Vétérans, de Picault, chargé du vernissage, de Renou, rédacteur du livret, et enfin de Phlipault, cojicierge de la ci-devant Académie de Peinture.

Ce Plilipault était une manière de maître Jacques, chargé un peu de tout à l’ancienne Académie, et que nos Procès-Verbaux, les Archives Nationales et les Archives du Louvre nous permettent de suivre jusqu’à l’an vi. Il joue, d’ailleurs, le meme rôle à la Commune Générale des Arts, à la Société Populaire et Républicaine et au Muséum National des Arts. On paraît avoir en lui toute confiance, et il semble bien la mériter pleinement.

Voici, par exemple, un

Fixation du traitement

DE M. PHLIPAULT.

concierge.

Ap

Grat. . . .

1 nd

Extrait des Registres de la cy devant Académie de Peinture et Sculpture du 6 avril lyp

Le Secrétaire a raporté que le Comité des Comptes, tenu le matin du même jour, propose d’accorder à M. Phlipault premier huissier et concierge une somme de Cinq cens livres une fois payé, pour indemnité des peines que lui ont occasionnées nombre d’assemblées extraordinaires depuis plusieurs années, l’Académie a adopté la proposition du Comité, et autorise son trésorier a lui payer lad*'' somme de 500 1.

Le même Comité propose en outre d’acorder annuellement et provi-

soirement à M. Phlipault, pour lui tenir lieu du bénéfice, qui lui etoit alloué sur la vente des livrets du Sallon , lequel Bénéfice a toujours fait partie de son traitement la somme de six cens livres.

L’Academie a agréé cette proposition, mais pour donner aud‘ M. Phlipault les témoignages de sa satisfaction, de son zele et de ses services, elle a résolu de fixer son traitement d’une manière plus claire qu’elle ne l’a été jusqu’à présent. \

En conséquence l’Academie a arrêté qu’il sera donné par année à M. Phlipault i,4oo 1. d’apointemens, 200 1. de gratification et 600 1. provisoires pour indemnités de la vente des livrets du Sallon, formant en tout la somme de Deux mille deux cens livres. Ce traitement aura lieu k commencer du i janvier de cette année.

Extrait de la deliberation sera délivrée à M. Phlipault.

Certifié conforme ce 24 messidor l’an 2." de la Republique françoise une et indivisible hf

Renou.

cy d. secrétaiz'e de la cy d* Académie.

Les quittances suivent en conformité avec cette deliberation.

Une lettre de Phlipault, qui est aux Archives du Louvre, le montre préoccupé de sa situation. Cette lettre n’est pas datée, mais sans doute elle a trait au Salon de l’an n.

Aux citoyens composant Lé Conservatoire du Adusœum.

Citoyens,

Le C“ Phlipault Représente qu’il a toujours été chargé du détail du Livret du Salon, Lorsqu’il apartenoità la ci devant Académie, et même en 1 79 1 , Lorsqu’il a regardé Le Département. Il demande que les Soins de ce détail lui soient continués cette année. Il espère que le Conservatoire composé de presque tous membres de la ci-devant Academie, qui ont été a même de juger du degré de confiance qu’il peut mériter de leur part, accueillera favorablement Sa demande.

Elle est fondée 1° Sur ce qu’il est jaloux de ne pas paroître avoir perdu une confiance qu’il a toujours cherché à mériter, et qu’il croit

Arch. nat., io64-

lui avoir été unanimement accordée depuis longtems. 2” Sur le besoin pressant qu’il a, de ne |)as perdre dans un tems aussi critique que celuici, Le produit de la gratification qui lui étoit accordée sur cet objet, non seulement en raison de ce travail, mais a titre d’indemnité de la modicité de son traitement annuel.

Fhupault.

Enfin le 3 floréal an vi, Phlipault exprime le vœu qu’on lui laisse la jouissance intégrale de son logement au Louvre.

Voici ce qu’il écrit :

PHLIPAULT,

concierge. Citoyens composant l’ Administration du Adusée Central

des Arts Le é?" Phlipault, concierge des Écoles JV“ de Demande de n’être pas . ®

privé d’une chamore Peinture et Sculpture. de son logem.

Citoyens,

Le Ministre de l’interieur, par une lettre en datte du 29 Germinal, an 6, m’annonce que. Le Placement des Statues antiques au Palais N*' des Arts, l’ayant obligé a faire quelques changemens dans la distribution des Logemens quy occupent divers particuliers, il a disposé d’une chambre qui avoit été ajoutée a mon apartement, et qu’il a eu d’autant moins de peine a la distraire de mon logement, qu’il sait quelle ne m’est point nécessaire.

Les circonstances du moment ne me paroissant la rendre de quelque utilité qu’a l’administration du Musée, j’ai lieu de présumer que c’est sur sa demande que le .Ministre me la retire, après six ans environ de jouissance. Si cela est ainsi, je vous prie. Citoyens de me permettre, de vous observer que sans doute quelques personnes mal instruites vous ont induits a erreur sur le plus ou le moins de nécessité dont m’est cette chambre, et que par suite, sans croire me faire un tort réel, vous y avez vous-même, par votre raport, induit le Ministre, qui ne s’est déterminé que dans la persuasion que cette chambre ne m’étoit point nécessaire.

Je vous supplie donc. Citoyens, de prendre connoissance par vous même de mon Local, il vous sera alors aisé de juger si la chambre dont il est question ne m’est pas de la plus absolue nécessité, eu égard au

nombre de 9 personnes qui composent actuellement ma famille, et que pour la pluspart les malheurs des circonstances présentes m’ont fait un devoir sacré de retirer avec moi, eux et leurs meubles.

Si vous voulez bien prendre cette peine, convaincu, comme je le suis, de vos bonnes intentions, je ne doute point que vous ne vous portiez volontiers à retirer votre demande, mais même que je ne trouve en vous autant de deffenseurs de ma cause auprès du Ministre; Daignez à l’apuy, lui présenter en ma faveur 45 aiis de services, entre mon Pere et moi dans une place ou nous n’avons travaillé l’un et l’autre que pour acquérir la confiance , l’estime , et j’ose le dire , la considération de nos Supérieurs, j’ai le bonheur d’en retrouver plusieurs parmi vous, au témoignage desquelz je puis en appeler sur la vérité de mon exposé.

Salut et respect.

Paris ce 3 floréal an 6.

PhLIPAULT*!*.

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