‹ Procès-verbaux des assemblées du juryChapitre 31 sur 46 · SÉANCE DU MARDI 22 MAI I · texte numérisé non relu

SÉANCE DU MARDI 22 MAI I

M. le président, à Touverture de la séance, appelle ceux des artistes exposans qui, ayant obtenu des travaux d’encouragement, avoient été invités à se rendre à l’assemblée du jour, et il délivre à chacun d’eux les extraits du procès-verbal qui concernent l’ouvrage dont ils sont chargés, et le prix qu’ils doivent en attendre.

M. Lemoine, second secrétaire, n’étant pas présent, on nomme d’office M. Taillasson pour donner les signatures nécessaires.

M. le président lit une lettre de M. le ministre de l’Intérieur qui l’instruit que M. David, ayant écrit à l’Assemblée nationale pour demander que le prix du maximum de peinture historique, dont il ne peut se charger, soit partagé entre trois artistes, il l’a obtenu avec mention honorable de cet abandon et qu’en conséquence, l’affaire lui étant renvoyée, les commissaires-juges sont invités à s’occuper au plus tôt de nommer les trois artistes qui doivent être chargés des travaux auxquels le prix de ce maximum de 7.000 liv. sera attribué.

Après la lecture de cette lettre, M. le président donne connaissance de celle de M. David à l’Assemblée nationale, et du décret qui en a été la suite.

76 PROCÈS-VERBAL DES SÉANCES ET DÉLIBÉRATIONS

Le secrétaire fait lecture du procès-verbal ; après quoi Ton propose la discussion sur le mode à choisir pour la répartition de la somme abandonnée par M. David, on convient qu'il y aura un ouvrage du prix de 3.000 liv. et les deux autres de 2.000 liv. chacun.

Ensuite on s'étend sur la question, savoir : les travaux à choisir pour l'objet dont il est question seront-ils du genre historique seulement, ou des divers genres de peinture ou de sculpture. Les opinions se multiplient sur cette question, deux membres en exposent chacun une auxquelles doit se réduire la discussion, savoir : la somme de 3.000 liv. sera pour la sculpture, et les deux sommes de 2.000 liv. pour la peinture historique.

L'autre opinant pense que le décret ainsi que les lettres de M. David et du ministre ne changent la disposition des règles que les commissaires se sont prescrites, qu'en ce que les 7.000 liv. seront divisées en trois. A l'égard de la destination de la dite somme, l'opinant veut qu'il n'y ait rien de changé aux arrêtés de l'assemblée des commissaires et que les 7.000 liv. restent à la peinture historique pour remplir les 35.000 liv. qui ont été réparties à ce genre de peinture.

Ces deux opinions ayant l'une et l’autre été fortement appuyées et excité avec un égal désir la priorité, M. le président propose la décision du fond de la question en ces termes : les trois nouveaux travaux à distribuer seront-ils donnés au seul genre historique ou non ?

L’assemblée ayant été aux voix sur cette question, la majorité se déclare pour l'affirmative.

Quelques membres observant que les lettres de convocation envoyées par le secrétaire n’étant pas, de son propre

DE l’assemblée Des commissaires au salon de 1791 77

aveu, parvenues exactement à leur destination, l’assemblée n’est complète, ni légale, l’assemblée consultée va aux voix, et se reconnoît légale et compétente.

On revient sur l’attribution de la somme de 7.000 liv., abandonnée par M. David, pour réclamer sur la forme par laquelle elle a été adjugée, et l’on veut que le mode rigoureux soit suivi en décidant d’abord la priorité des deux opinions détaillées cy-dessus et ensuite le fond de la question.

En conséquence M. le président propose laquelle des deux opinions, ou celle de M. Régnault aura la priorité, et l’assemblée l’accorde à M. Régnault. Ensuite le fond de la question, mis encore aux voix, est décidé de la même manière qu’en la première délibération, c’est-à-dire en faveur du genre historique.

L’assemblée prochaine est arrêtée pour jeudi prochain 24 du courant, 6 heures précises, et le secrétaire est chargé d’envoyer les lettres qui porteront cette disposition aux membres non présens à l’assemblée.

M. le président est autorisé à répondre à M. le ministre de l’Intérieur. La séance est levée à 9 heures. Le secrétaire ayant arrêté la liste de présence, compte onze absens, savoir: MM. Quatretnère, Régnault de Beaucaron et Lemoyne du département. MM. David, Pajou, Beauvallet, Bervic, Monot, académiciens, MM. Dardel, Broche, Sergent, non académiciens.

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