DEUXIÈME PARTIE
L'ÉeUSB ET LB8 CHAPELLES — LES PLAQUES GOMMÉHORA- TIVB8 — LES PIERRES TOMBALES — LES BANCS SEI- GNEURIAUX — LES CLOCHES — LES CIMETIÈRES — LES CURES — RÔLE DU CLERGÉ DE SAINT-DENIS-D*AN- JOU PENDANT LA RÉVOLUTION.
L'église de Saint-Denis-d* Anjou , construite au xii® siècle en forme de croix latine, avec trois absides et une tour centrale de haute proportion, peut être classée parmi les plus intéressantes de nos vingt églises romanes ayant trois absides. Quatre grosses colonnes au milieu du transept supportent la tour. Sa longueur dans son œuvre, de Test à l'ouest, est de 39 mètres, et sa largueur sous la croisée, du nord au midi, est de 18 mètres. Le portail occidental reconstruit, avec le pignon, au xvi* siècle, n'a rien qui mérite d'attirer l'attention des archéologues ; celui du côté méridional de la nef, quoique détérioré, est l'un des plus beaux modèles d'architecture de son temps : quatre jambages en retraite supportent quatre rangs de claveaux symétriques ornés de dents de scie.
Ce monument perdit sa régularité primitive par l'addition malencontreuse, au xvi® siècle, d'un bas côté ridicule,
au nord de sa nef, et par Térection d'une chapelle du Rosaire, qui remplaçait l'abside septentrionale.
Cette chapelle, qu'éclairent deux fenêtres à meneaux ayant encore deux panneaux en verre peint, représentant Saint-Jean-Baptiste et Saint-Jacques le Majeur, patrons des donateurs, est voûtée aux armes de France et du Chapitre de Saint-Maurice d'Angers. Une autre chapelle, de moindre dimension et sans intérêt artistique, remplace, au midi du chœur, l'abside romane.
En résumé, l'église de Saint-Denis-d'Anjou, remarquable par son architecture et régulière pendant quatre cents ans, fut privée de ces précieux avantages vers la première moitié du xvi® siècle.- Presque toutes les fenêtres, en y comprenant la rosace qui a conservé quelques fragments de vitraux, appartiennent aux différents types du style gothique, rayonnant ou flamboyant, quelquesunes sont en plein cintre.
Il serait à souhaiter que les administrations religieuse et civile de Saint-Denis-d'Anjou s'entendissent pour faire exécuter, par un architecte habile et érudit, tous les travaux nécessaires à la restauration de cette intéressante église. On rendrait au monument sa régularité première et son style ancien, on l'agrandirait également par des bas côtés. Un plan d'ensemble serait dressé par une commission archéologique appelée sur les lieux avec la personne chargée de diriger ces importants travaux.
Il aurait trois divisions : 1® la partie du chœur jusqu'au transept ; 2*^ la partie méridionale, où se trouve la grande porte romane ; 3*^ la reconstruction du bas côté nord-est. Dans la première partie, dite du chœur, on comprend le rétablissement des deux absides supprimées et la fenêtre du chœur*.
i. Ces vœux sont exprimés dans un manuscrit des Archives communales, rédigé par M. J.-G. Fautrat, ancien secrétaire, pendant dix-huit ans, de la mairie de Saint-Denis-d'Anjou.
D'après les indications fournies par divers manuscrits, des vitraux placés au-dessus du maître autel représentaient Saint-Denis et d'autres personnages célèbres par leur piété. D'autres vitraux éclairaient l'autel de la Vierge. Ils retraçaient la naissance, la vie, la passion et la mort de N. S. Jésus-Christ Les armoiries de France et celles du Chapitre de Saint-Maurice d'Angers y étaient également figurées. La grêle a anéanti, dans la première partie de ce siècle, ces curieux souvenirs du passé.
Le 2 décembre 1861, en procédant à la démolition de Tautel de l'église, pour le remplacer par celui qui existe actuellement au fond de la principale abside, la seule qui ait été respectée dans cet édifice, on découvrit une boite renfermant des reliques, plusieurs autres objets et une ardoise, sur laquelle était gravée l'inscription suivante :
< Le 23 janvier 1797, en démolissant l'ancien autel, « on a trouvé au millieu de la masse de l'autel une boite « de bois contenant cinq à six morceaux d'os, reliques de € saints, celée du sceau de Saint-Maurice d'Angers, € avec six espèces de burettes de plomb. J'ai remis, le « 25 du même mois, les mêmes reliques, avec lesdittes « burettes, dans l'autel nouveau, parce que l'ancien avoit € presque été tout détruit, ainsi que l'église, par la troupe € républicaine pendant les guerres dos Chouans. »
€ 25 janvier 1797 (6 pluviôse l'an v de la Rép.). »
JAMEAUX,