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La petite église de Varennes-Bourreau, couverte d'ardoise, dresse son clocher pointu sur les bords de la Sarthe. Elle semble avoir été construite à deux époques diflFérentes. La première partie, qui date du xi® siècle et forme le corps principal de l'édifice, est percée de plusieurs fenêtres ogivales, pratiquées de chaque côté et au-dessus de la porte d'entrée. La seconde partie, qui sert de chœur et a été ajoutée au xv« siècle, est éclairée par deux fenè-
très de style gothique. Le bénitier est en marbre noir. Les fonts baptismaux paraissent dater du même temps. Les fresques représentaient jadis des saints en pied tenant en main des phylactères ou rouleaux chargés d'inscriptions et de sentences pieuses. On y dit la messe deux fois par an à la Saint-Sébastien et aux Rogations. Les statues et les autels n'offrent rien d'intéressant, mais on admire les huit anciennes stalles en chêne qui remontent au xv^ siècle. Les miséricordes ou patiences sont ornées de feuilles de chardon ou de mauve frisée et d'autres motifs fort bien rendus. Entre les parcloses so|t figurés des animaux fantastiques et des personnages fabuleux. La série de ces boiseries présente un bon modèle de cette époque. On y remarque un boulanger, coiffé d'une toque, qui se prépare à enfourner. Cette église a été récemment restaurée. Deux portes donnent accès à l'intérieur. La voûte est boisée. Le 28 février 1534, Hector de Chivré, seigneur du Plessis-Chivré, près Etriché, et Jehan de Chivré, sieur de la Fontaine, présentaient le prêtre Etienne Rousseau, de la paroisse de Morannes, pour chapelain de la chapelle vulgairement appelée la Fauchardière et chapelle de la Fontaine, desservie en l'église paroissiale de Varennes-Bourreau*.
Le 26 août 1729, René Sailland, curé de Varennes- Bourreau, adressait la lettre suivante à Monsieur le Pelletier, « abbé commendattaire de l'abbaye roialle de Saint-Âubin d'Angers. »
€ Suplie très humblement René Sailland, curé de Varennes-Boureau, et remontre à Votre Grandeur qu'il y a environ six mois qu'il est curé de la paroisse de Varennes-Boureau-sur-Sarthe, lui aiant été résigné par M*'* René Oger, p*'«, son prédécesseur, étant âgé de 84 ans, et ne pouvant plus veiller à son troupeau ni à ses pro-
1. Voir notre volume sur les Chivré, marquis de la Barre de Biemé (xvi-xvin« siècles), p. 9.
près intérest, de sorte que les dismiers de vos fermiers et ceux de M. le prieur de Pinsé ont enlevés sur prêt (prés) de 200 boisselées de terre les dismes appartenantes audit curé de Varenne, ainsi que plusieurs particuliers qui les doivent l'en ont averti ; c'est ce qu'il fait qu'ils sont en possession d'an et jour de prendre à présent la disme appartenante, selon la bonne foy, au sieur curé de Varenne, tant en bled menuage que vin ; c'est ce qui cause que comme la cure est de peu de revenu, elle seroit bientôt sans aucun ; et même le curé de Varenne, à présent titulaire, comme aiant été instruit que partie d'une pièce de terre nommée la Coulée étoit novalle, il se transporta sur ladite pièce et p'rit les dismes qui étoient sur la partie novalle, mais le sieur le Moteux, votre fermier, oonjoinctement avec M' le prieur de Pinsé, ont fait assigner, sous votre nom, ledit Sailland, curé, pour être condamné raporter trois gerbes qu'ils prétendent avoir été par lui enlevées sur l'autre partie où vous avés droit, le poursuivant vivement, quoy qu'il leur ait dit qu'il ne vouloit point d'autres juges que vous. Monsieur. Il a recours à vos lumières, équité et justice ordinaire pour mettre fin à tous procès qui pouroient lui être intenté sous votre nom, et afin de pouvoir connoltre où chacun a droit de disme. Ce qu'il attend avec consolation et principallement par raport aux fruits de vigne, dont la récolte aproche. n'entendant contester vos droits, sachant trop ce qu'il vous doit et l'oblige de dresser ses prières à Dieu pour la conservation de votre santé.
A Angers, ce 26 aoust 1729.
René SAILLAND, curé de Varennes-Boureau. »
L'original de cette supplique, dont nous avons respecté l'orthographe défectueuse, est classé dans le registre II® de la paroisse, en tête de l'année 1729. Les
Ursulin^s d'Angers avaient des propriétés importantes à Varennes-Bourreau au xviii® siècle. Lemarcbçind, cu^é de Varennes, prêta le serment constitutionnel sans restriction. Le pays fut le théâtre de divers combat pendant la Chouannerie ^
Le château de Varennes-Bourreau, situé prèsf de Téglise et parallèlement à la Sarthe, se compose d'un porps de bâtiment rectangulaire de 23 à 24 mètres de long sur 7 à 8 mètres de large, flanqué d'une tourelle octogonale qui fait saillie sur la façade. Les lucs^rr nés du logis étaient autrefois décorées de sculptures. La chapelle, qui a été détruite, renfermait jadis, dit-on, un retable représentant le Christ entre les deux larrons ; au pied de la croix, on remarquait un groupe de personnages levant les bras vers le ciel. On coffre gothique.
i\ Au mois de juillet 1800, François Clairbeau, militaire en convalescence, fut assassiné dans la commune de Varennes- Bourreau. Il fut tué d'un coup de fusil par Joseph Langlais, journalier de Saint-Denis-d'Aniou, accompagné d'André Chesniau, Jean et Pierre Trottier, frères, laboureurs à Morannes, qui prétendirent avoir perpétré le crime par les ordres d'un ecclésiastique nommé Joseph Clairbeau» oncle de la victime, prêtre non assermenté, qui demeurait à Saint-Denis-d'Anjou. Ils soutenaient que celui-ci les avait engagés à tuer son neveu « parce que, disait-il, il avait trop longtemps servi la République ; que c'était un gueux, un scélérat. . . qu'il fallait l'exterminer. . . » Malgré sa dénégation, Joseph Clairbeau, qui était certainement innocent, fut condamné à mort ainsi que Joseph Langlais, par jugement du tribunal de la Mayenne, le 30 juin 1801. L'exécution eut lieu le 18 juillet. Les autres accusés furent condamnés à vingt ans de fers. Les deux condamnés furent conduits à l'écharaud par des prêtres catholiques attachés à Téglise des Cordeliers de Laval. Le jugement fut imprimé tout entier et tiré à douze cents exemplaires. Le Préfet publia une lettre adressée au ministre de la police dans laquelle la mort de François Clairbeau est dépeinte comme le fait du fanatisme du clergé catholique et du royalisme. Il fit même réimprimer cette lettre et l'envoya à toutes les communes du département de la Sarthe où elle fut publiée et affichée. Les constitutionnels la reproduisirent dans leur journal (Annales de la Reliqion, t. xni,p. 179-184. — Le R, P. dom Paul. Vioïm.V Eglise du Mans durant la Révolution^ t. iv, p. 104-106).
sur lequel on avait sculpté les douze apôtres, y était également conservé.
Cette habitation appartient aujourd'hui à M. Pasquiet- Vauvilliers, ingénieur en chef de la marine et des coVonies. Des arrachements, que l'on remarque dans la face sud de la tourelle, indiquent qu'elle a été construite dans un angle rentrant et que l'aile sud actu.«lle, qui semble dater du siècle dernier, remplace un corp s de bâtiment qui devait s'avancer dans la direction de Isi rivière. A l'intérieur de la tourelle règne un escalier tournant, à noyau plein, qui monte jusqu'à l'étage supérieur. Tous les planchers ont été déplacés, de telle sorte cju'il ne subsiste rien ou à peu près rien de l'état ancien *.