J. GOUIN
Jehanne de la Tousche, dame de la Massardière en Poitou, fille de Lancelot de la Tousche, seigneur des Roches-Tranche-Lyon, et de Charlotte de Maillé-Brezé,
somme de 45.000 livres (1632). Il s'y Ûxa, puis après lui Paul de la Saugère son fils, II** du nom. Celui-ci y eut de nombreux enfants oe Marguerite de Cuillé, son épouse, dont les baptêmes se firent avec des difficultés, de 1632 à 1662 : le père n'apparaît aux registres qu'en 1659. Il semble bien aue ce soit à lui au'il faille rapporter ce singulier passage d'un livre protestant, Histoire de VécUt de Nantes...., imprimé à Delften 1695, tome m. Persécutés dans tout le royaume, 1685 : c Dame de la Saugère » sauve elle et son père : qui était revenu à la religion après 35 9 ans de profession catholique. » Un de ses fils, Charles de la Saugère, fut curé d'Argentre-sous-Vitré. André, père de Paul II, avait vécu et était mort catholique, et son corps fut rapporté de Paris à Bouchamps.
avait une sœur cadette, Isabeau de la Tousche, épouse en 1549 de Gabriel de Montgommery, comte de Lorges, qui eut- le malheur de tuer le roi Henri II et de se vouer opiniâtrement à tous les errements religieux et politiques des partisans de Calvin. Jeanne était mariée dès 1547 à Jean Le Porc, seigneur d'Hémenard, fils de Jean Le Porc aussi seigneur d*Hémenard, et de Jeanne de la Vairie, celle-ci veuve dès 1527. Le château d'Hémenard* appartenait à un autre Jean Le Porc dès 1464, et il était venu à cette famille de l'héritage des anciens de Gorram de la Tannière dont elle était issue. L'épitaphe de Jeanne de la Tousche, burinée autour d*une intéressante pierre tombale, dans l'église de la Tannière, en partie effacée et même altérée en ce qui concerne la date de son décès ^, avait été relevée pour un procès des seigneurs d'Hémenard avec ceux de Lévaré : < Cy gist le corps de » damoyselle lanne de la tousche en son vivant fem- » me de defunct lan le porc s dhemenard dame de la » Tannière, 15803. »
François des Nos, seigneur de Tourande et d'Hémenard, chevalier de Tordre du roi et gentilhomme de sa
1. Hémenard en la Tannière, est nommé Haia Mainardi au Cartulaire du Mont-Saint-Michel : Bibliothèque d'Avranches.
2. La pierre tombale en granit de Jeanne de la Tousche, de nos jours arasée au sol, est jusqu'au haut du sanctuaire, entre le bout de Tautel côté de l'évangile et la muraille. L'effigie de la dame y est sculptée en relief: elle est en pied, la tête eotre deux écussons en losange chargés chacun d*un lion cantonné de guatre besants ; les pieds sont appuyés sur un chien, les mams jointes sur la poitrine et le bout des doigts dirigés vers le menton ; collerette montante à plis, robe peu décolletée, très serrée sur tout le corps, manches étroites depuis le poignet jusqu'à l'épaule ; en pardessus, du cou aux hanches, une cotte ou manteau étroit.
3. Archives d'Hémenard. Sur la pierre tombale une main inhabile a changé la date, en burinant un 6 sur le 5, et donnant une date qui n'est plus historique, 1680 au lieu de i580, date maintenue aux titres.
chambre, était le petit gendre de Jeanne de la Tousche, pour avoir épousé, par contrat du 17 novembre 1568, Charlotte de Jousson, fllle de Marie Le Porc'. C'est par elle que la Tannière et Hémenard vinrent aux des Nos, après André Le Porc, seigneur d'Hémenard, époux de Marguerite de Chalus^. Un mémoire des archives d*Hémenard rapporte que « les seigneurs et les habitants de
> la Tannteve s'étant donnés à la Religion Prétendue
> Réformée, obligèrent les autorités catholiques à ne
> pas continuer l'office paroissial dans l'église de la
> Tannière. > S'il y a de l'exagération et de l'inexactitude dans cette pièce, écrite pour le succès d'un procès, on peut en induire cependant qu'à l'origine des guerres, pendant peu de temps, les protestants s'emparèrent de la chapelle, église actuelle de la Tannière. Les des Nos, tous catholiques, s'y firent enterrer, mais aucun des Le Porc n'y a de sépulture marquée. Avaient-ils été protestants ? Il est constant, que Charlotte de Jousson leur héritière, adhéra au calvinisme, avec non moins d'attachement que les de Montgommery ses proches parents, et faillit mourir dans l'hérésie : témoin son acte de sépulture : « Le lundi quatriesme jour d'octobre an susdit » (1610) enterrement de damoiselle Charlotte de Jous-
> son en son vivant dame de Tourande et d'Hémenard
> laquelle sestoit rendu catholique le vendredy prece-
> dent. »
Le premier mari de Charlotte de Jousson, Fançois de Moustiers^, l'avait laissée veuve avec un fils qui vécut ; François des Nos le second, catholique très ferme et d'une piété éprouvée, demandait par son testament qvLe des prières fussent faites potir la disposition de sa femme y et il y rappelait à ses filles Françoise^ et /?<-
1. Les Chevaliers de Saint-Michel, de M. de Carné. Registres de Saiût-Berthevin.
S. Registres de Larchamp.