‹ Procès-verbaux et documents, Volume 4Chapitre 64 sur 123 · G. AUBERT · texte numérisé non relu

G. AUBERT

Guy Aubert, curé de Chailland, nommé aussi Dau- BERT et d'Aubert, signe tantôt sous Tune et tantôt sous l'autre de ces trois formes, les nombreux actes qui sont restés de lui^ Sa famille était de Chailland et il y a de l'apparence qu'elle tirait son origine et son nom du château d' Aubert dans la forêt de Mayenne. On en cite des

1. Les d' Aubert do Laval, originaires aussi de la forêt de Mayenne, portent leur nom dans les vieux titres sous les trois ortnograpnes : ils s'allièrent avec les maisons de Couasnon, de Chalus, oie la Barre, de la Dinaye, des Buards, de Courtoux, de Oaillun, de Houllière, de Biragues, du Buat, Davv, etc. L'un d'eux Pierre d' Aubert, sieur de la Criblerie, de Lauuay en Beaulieu, etc., nous apparaît avec distinction à Tépoque des guerres de religion . « Par lettres du roy Henri III, en date du > 24 octobre 1575, sa Majesté accorda à son amé et féal (Pierre » Aubert), sieur de la Criblerie, écuyer de son écurie, la charge » et conduite de cent hommes à cheval armés à la légère sous » la charge du siour de la Courbe, maréchal de camp en Tar- » mée du Poitou et au siège de la Grenache. Autres lettres du » même roi en date du 9 septembre 1587, portant exemption en » faveur de Pierre Haulbert, sieur de la Clerberie, Tartoul et » Boisbriand aux pays de Bretagne et du Maine, du fait et con- » tribution au ban et arrière-ban. »

membres dans la chevalerie du même pays, dès le temps des guerres de Juhel III, baron de Mayenne, avecle roi Jean-Sans-Terre, 1200.

François d'Orceysses (on prononce d'Orcéisses), fils d'Yves, seigneur de la Monésière, et de Jeanne Rabault, tenait de sa mère la terre de Villeneuve.

François de Fbillet, d'une famille noble et ancienne originaire du Perche.

Thomas Guérin. Il y a de nombreux actes de cette maison aux registres de Chailland qui sont anciens : celui-ci avait épousé damoiselle Jeanne de Porcon. Guérin du Plessis originaires du Maine, portaient de giieules à trois écussons d'or. Devise : Stemmata rutilent auro. (Nob. de Bretagne).

Jean de Goué, écuyer, seigneur de Clivoy et de Montigné, était fils d'autre Jean de Goué, écuyer, seigneur du Pontaubrée, et de Jeanne de Mégaudais : Jean de Goué, époux de celle-ci, 1510, fils cadet de Thomas, seigneur de Goué, et de Mathurine du Boisgaraas, vivait encore en 1529, et dès 1533, sa veuve était remariée à Guillaume de Hercé, dont deux filles qui s'allièrent dans les maisons Le Porc du Gué de Charné et Achard de Beauregard. Les secondes noces de la mère, très fréquentes alors dans les grandes familles, nuisirent souvent à l'avenir des mineurs d'un premier lit ; mais plus encore les guerres lointaines et la vie de la jeune noblesse au milieu des bandes. Le jeune Jean de Goué les suivit, de société avec son cousin Jacques, seigneur de Goué : ils y prirent un caractère impétueux et indépendant qui pouvait exalter leur courage et en faire de bons guerriers, mais aux dépens d'une plus saine raison qui leur aurait évité certaines violences regrettables et les influences fâcheuses des

prédicants de la religion nouvelle, qui occasionnèrent à leurs maisons de cruels chagrins et de graves préjudices*. Le fils aîné de Jacques fut une des victimes de la Saint- Barthélémy ; le sieur de Clivoy et Guy de Goué son fils aîné, malgré leurs exploits et de belles dignités, ne jouirent pas du collier de Saint-Michel, tant de fois accordé cependant à cette époque aux gentilshommes de leur distinction.

Quelque peu de temps avant 1557, Jean de Goué avait pris en mariage Jeanne Rabault, fille du seigneur d'Ivoy et de Clivoy ; Charlotte Rabault, sœur de Jeanne, eut Ivoy et le porta à Ambroise de Goué son mari. Clivoy, une des belles terres seigneuriales de Chailland, promise en mariage à Jeanne, ne tarda guère à revenir à Jean de Goué, après la mort de Guy et d'Antoine Rabault, ceuxci très catholiques^. Jean de Goué servit le roi dans la

i. Jacques de Goué. n'eut que le temps de faire une fin catholique, grâce à sa femme et aux enfants qui lui restaient, 1574. Le sieur de Clivoy mourut très vieux, beaucoup plus tard : c'est tout ce qu'on en sait.

2. La gracieuse communication des archives de Clivoy, par M. le comte des Nos, propriétaire actuel, issu de cette ancienne alliance, nous permet de rédiger ici une notice qui ne sera peut-être pas sans intérêt.

Guillaume Rabault épousa la sœur de Philippe d'Ivoy : il en eut deux fils qui se partagèrent, par acte du 2 octobre 1433, les héritages à eux advenus aes successions de leur dit père, de la dame de Villeneuve leur aïeule, et de messire Philippe d'Ivoy leur oncle : en conséquence, Guy Rabault, Vaîné des deux, donna en partage à Guillaume Rabault son frère puîné, la terre et dépendances de Villeneuve, paroisse de Chailland. Mais il fut stipulé et accordé par ledit Guy que, si la femme de Jean de Chailland adressait quelque réclame audit Guillaume, pour aulchun droict que la dame de Villeneuve lui fit autrefois, Guy et Guillaume en partageraient les frais à égalité. Ce dut être cette alliance qui réunit dans la maison Rabault les seigneuries d'Ivoy et de Clivoy, et à cause d'elle également que les Rabault de Clivoy avaient droit d'armoiries dans l'église de Chailland. En 1608, à la demande d'Abraham de Goué, procureur général et spécial de damoyselle Jeanne Rabault sa mère, dame do Clivoy, veuve de Jean de Goué, escuyer, seigneur de Montigné et de Clivoy, les principaux habitants de Chailland et à leur tête vénérable et discret Guy Dauber leur curé, réunis dans l'église

compagnie des gens d'armes de Martin du Bellay, sieur de Langey, jusqu'à la mort de celui-ci en 1559, puis continua sous d'autres capitaines les aventures des camps. Il déclarait, dans un acte de partage du 19 avril 1570, sollicité par lui en cour de Mortain, des aSnés de la maison de Goué, n'avoir pu s'occuper jusqu'alors de cette affaire, t parce qu'il avait tousjours vacqué à la guerre > pour le service du roy tant soubz la charge du seigneur » de Langey que aultre capitaine. » Il eût été intéressant de voir nommé dans ce titre de famille*, cet aultre capitaine auquel Jean de Goué attacha sa fortune pendant les dix premières années des guerres de religion : on rencontre de fait aux archives de la Sarthe, qu'il s'était compromis avec les religionnaires lors de la prise et

« virent a lantour du dedans des murailles de ladite églisse » plusieurs escussons paings et figurez contre la pareil et mu- » raille de ladite églisse la plupard desquelz escussons et ar- » moiries il napparoit aucune figure ny marques a raison de

> leur antiquité et vestuste fors et excepte au nombre de sept » ou huit escussons plus de demye effasses a cause de leur » trop grande antiquité dans lesquelz il apparoist encore la fi- » gure de troys espees noires dans les aultres il estoit repreu sente la figure de quintefeiUe semblable a quatre ou cinq V escussons qui sont restés en leur entier contre la pareil de la

> dite esglisse et semblable a ung escusson qui est encore en » une vitre au grand aultel derrière lymayge de Sainct Estien- » ne. * Et dans leur déposition les dits habitants ajoutèrent : « quilz avoist tousiours ouy dire estre les escussons de la mai- » son d'Ivoy et Clivoy et armoiries des Rabaus ancestres et pre- » decesseurs desd. maisons au susdit seigneur d'Ivoy et Cli- » voy. » En conséquence, le 45 février 1609, madame de Clivoy assigna les manants et habitants de Chailland dans la personne de Tristan Daubert leur procureur syndic pour avoir à remettre et repeindre deux écussons et armoiries qui étaient de temps immémorial contre un côté de la muraille de Téglise lung trois espées noires et ung aultre estant peinte contre la masse de laultel ou il y avoit la ûaure de quinte feuilles. Les habitants, qui les avaient effacés à roccasion de réparations firent vainement intervenir Gilles de Grasmenil, seigneur de Chailland à cause de dame Marie des Vaux son épouse, ils furent condamnés à les remettre. Rabault portait : a argent à trois épées de sable ; l'écusson au quintefeuille était donc aux d'Ivoy ?

1. Très beau cahier en parchemin d'une magnifique écriture grande ronde.

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du sac du Mans par eux, depuis le 3 avril 1562 jusqu'au 11 juillet de la même année : du moins le nom du sieur de Clivoy fut-il un de ceux indiqués aux chanoines du Mans pour les poursuites, une douzaine d'années après le pillage de leur cathédrale. Mais comme cette désignation a quelque vague, et qu'il n'y eut pas contre le seigneur de Clivoy plus ample information, la mémoire de Jean de Goué reste dégagée sous ce rapport de très-graves responsabilités. Le certificat de 1577 nous révèle toutefois qu'il faisait profession ouverte de calvinisme dans son manoir de Clivoy. La secte n'y eut jamais que peu d'adhérents, n'y dura qu'un demi-siècle, et ce fut un petit-fils de Jean de Goué qui restitua au culte catholique l'antique chapelle rurale de la Trinité que ses parents calvinistes avaient affectée à leur sépulture ^

1. Cette chapelle de la Trinit-é, au village de ce nom, n'est que peu ëroigaée du château de Clivoy. Elle avait ses attaches à rëglise paroissiale, et l'on ne voit pas bien comment nos de Clivoy purent la détourner à leur profit de son institution originelle, autrement que par Tarbitraire. La chose, toutefois, n'est pas douteuse puisqu'on a inséré aux registres de Chailland l'acte de sa réhabilitation qui en assure : <r Le dix septiesme jour » dapveril lan mil six cenz vingt et cinq futbenistee la chapelle

* de la Trinité ez de Clevoy laquelle estoit polleue a cause des » sieurs de Clevoy qui estoint de la religion qui estoint en- » terres en lad chapelle et la bénédiction de lad chapelle a este

> faicte de par vénérable et discret Jehan de Megaudays pbre

* doyen et cure de Charne et ont assiste à la bénédiction M" » Symon Jenou pbre cure de la Bacconniere M®» Jean Le Mayeu

> pore M" Guillaume Rochereul pbre et noble Jean de Goue » ecuier s*" de Clivoy et plusieurs autres. »

La chapelle réhabilitée qui existe encore a dû être reconstruite beaucoup plus petite que l'ancienne et au centre de celleci : on est, du reste, assuré de cette circonstance par les vestiges de l'ancienne, restés tout autour et à distance de la nouvelle et par les traditions locales qui ne se gênent pas pour dire guo l'ancienne église de la Trmité do Chailland primait d'ancienneté la Trinité de Laval. Quant à Jean de Goué, le sei-

§neur de Clivoy remarqué ci-dessus dans l'acte, c'était le fils e Guy et de Suzanne cie Rabory, lequel pour réussir à réhabiliter la chapelle sans violer la sépulture do ses parents, aura obtenu de ruiner l'ancienne et en taire construire une nouvelle plus petite en laissant au dehors les tombeaux, entre les murs

Les mémoires généalogiques de la famille sont élogieux pour ce sire de Clivoy : « Jean de Goué, disent^ » ils, seigneur de Montigni, espousa Jeanne Rabault.. » fille du seigneur dlvoy et Clivoy, seur de la femme » d'Ambroise de Goué sieur d'Audray et eut en mariage » la terre de Clivoy, ce Jean de Goué ici sieur de Mon- > tigni estoit un valeureux guerrier et estoit lieutenant » général des armées du roi contre la Ligue et eut un » bras emporté d'un coup de cannon dou vint qu'on Tap- » peloit vulgairement le Brave Manchot'. » Il ne laissa pas moins de quatre fils ; Guy^, Jacques^, Louis* et Abraham, lesquels, à l'exception de Louis, ont eu longue postérité.

Guy de Goué, écuyer, seigneur de Clivoy, servit le roi dans ses armées, ainsi que tous ses frères, et ne fut pas moins remarqué que son père dans le parti des royaux

neufs et les vieilles fondations exprès respectées. Dernièrement, tous les ossements d'un cadavre, ceux d'une femme, ont été découverts sous le gazon de cette espèce d'enceinte, chevet de l'ancienne église côté de Pépitre.

1. Mémoires qénéalogiques de la maison de Goué, manuscrits : Cabinets de MM. Le Blanc, député de la Mayenne, de Crozé, Laval ; Albert de Goué, maire de Saint-Sulpice-de-Verdon, château de la Ghaboterie, Vendée.

2. « Die penultima mensis junii anno ut supra (1557) baptisa- » tus fuit filius nobilis viri Jobannis de Qoue et domicelle

> Johanne Rabault eius uxoris comçatres commaterque fuere » nobiles viri Johannes et Anthonius Rabault et Guydona » Rabault uxor Quidonis Rabault quod attester esse verum. » Signature illisible. Guy Rabault et Guyenne Rabault son épouse, étaient alors seigneurs de Clivoy.

3. Les actes de baptême de Jacques et d'Abraham ne sont pas aux registres de Ghallland.

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