‹ Procès-verbaux et documents, Volume 4Chapitre 76 sur 123 · XXI LA PÈLERINE · texte numérisé non relu

XXI LA PÈLERINE

€ A tous ceulx qui ces présentes verront salut nous Jacques Dudard pbre cure de la Pèlerine au doyenne Dernee certifions que noble Guy du Boisberranger seigneul du Boul et noble François de la Gorbiniere seigneur de la Gorbiniere de la Porte et des Regnardieres lesquelz se disent telz et soy dissants exemps de tailles et gabelles sont manants et habitans en la dite paroisse de la Pèlerine scavoir led sieur du Boul au lieu de la Tourreliere et led sieur de la Gorbiniere au lieu de la Porte dans lad paroisse ou ils font leur continuelle demeure et ce que certifions estre vroy faict soubz noe seing cy mys le sixiesme jour de febvrier 1577. »

« J. Dudard. »

XXII LANDIVI

€ Monsieur le doyen pour responce a votre mandement et lettres envoyées paroisse de Landivy ny a que noble messire Guy Despeaux chevallier de Tordre du roy noe sire sieur des Peaux Bouchedusure Bouchampt Lisle

Tison les Graiiges Landivy et Mausson certifions quil est demeurant et résidant en son chasteau de Mauson vivant noblement et catholicquement reprenant tous malfaicteurs les faisant pugnir par justice selon leurs demeriz. Oultre y a noble Pierre Chupin s' des Breterys vivant noblement et catholiquement et le tout de ce que dessus certifye estre vroy tesmoing mon seing sy myns le quart jour de febvrier 1577. »

€ M. Léonard. »

Guy de Scépeaux, l'un des plus grands seigneurs et Tun des plus riches des quatre provinces du Maine, de Bretagne, d'Anjou et de Normandie, avait qualité de comte de Chemillé, baron de Mortagne, etc. A la mort de Jean de Laval, baron de Chateaubriand, Guy eut le privilège d'être l'un de ses héritiers et de dépecer avec le connétable Anne de Montmorency et madame d'Acigné, les grands biens qu'avaient réunis depuis des siècles les illustres seigneurs de Chateaubriand : il reçut pour sa part la châtellenie de Bain et les seigneuries de Beaumanoir, du Guildo, la Hardouinaye, les Huguetières en Retz, le Bodister, Saint-Launeuc, Pleugano, etc. Le château de Mausson, en Landivy, situé sur l'Airon, entre Pontmain et Pont-Dom-Guérin, conservé de nos jours encore, mais semblable aux loques d'un manteau usé par les siècles et déchiré, était une des résidences qu'affectionnait spécialement ce Guy de Scépeaux. Du moins on l'y trouve en permanence suivant nos titres, dès les années des premiers troubles. L'assise délicieuse de cette résidence des Landevi au penchant d'une colline avec tours et pont-levis ; le beau vallon de *verdure qui s'allonge en se courbant à ses pieds, l'Airon poissonneux qui l'arrose et fuit vers la Normandie, entre les plis et replis de deux rives dont l'une est bretonne et l'autre mancelle, enfin la forêt de Glenne, le plus gracieux ornement du Petit-

Maine avec son vieil ermitage de Saint-ttilles, faisaient de Mausson un séjour des plus agréables : Guy de Scépeaux, Robert le plus jeune de ses deux fils, seigneur de Beaumanoir et de Mausson, les de Rommilly, marquis de la Chesnelaye, la marquise de Belleforière qui l'entoura d'un parc, M. d'Alba, son dernier seigneur, l'ont tour à tour habité.

Au mois d'octobre 1560, Jacques, seigneur de Goué, fit écrire au marquis de Mayenne, par le procureur général du marquisat, une lettre de plaintes contre Guy de Scépeaux, seigneur de Mausson : il se plaignait à Monseigneur de Mayenne des forces violences commises en les chastellenies d'Emee et du Poulmain et mesmem£nt des degastz et embrasement faicts par le sieur de Mauson et ses complices des grosses forges et moulin du seigneur de Goue lesquelles il a faict bastir et construire sur le fonds et doum/iine de Monseigneur au Pontmain. Pour raison des dictes forces et violences y vos officiers du Poulmain ont abandonné par l'espace de deuœ ans et plus vostre juridiction et a este semblablement vostre bailly Dernée par lespace de demi-^tn oblige dabsenter sa maison^ au grand préjudice de vos pauvres sxibiects sur lesquels les aultheurs desdictes forces et violences ont vescujusques a prescrit a discrétion les pillans et excédants en plusieurs sortes sans que vostre justice y ayt peu encores donner ordre pourtant quelle nest la plus forte et que les dicts delinquans sont retires et recelés par gentilshommes riches et puissant et mesmement par led. sieur de Mauson vostre vassal et subiect ainsi quil est assez suffisamment informe.

En conséquence de cette plainte, monsieur de Goué et le procureur général de Mayenne avaient obtenu au con-

1 . La maison du bailli d'Ernée au Pontmain existe probablement encore.

seil du roi, à rinstigation même de Monseigneur de Mayenne, qu'on décernât commission au sieur de la Rabodange, bailly dlAlençon, de faire et parfaire sans appel les procès criminels aucc dits délinquans fauteurs et alliés. Mais cependant il y avait une bien étrange prétention de la part des adversaires de M. de Mausson, de confier leurs intérêts au bailli d'Alençon : Louis de Rabodange était un huguenot, déguisé encore, mais habile, et le marquis de Mayenne était le grand duc de Guise, François de Lorraine. Aussi Rabodange avait ja commencé l'instruction desdicts procès, lorsque son zèle ralenti, sans doute par le marquis de Mayenne mieux informé, eut besoin de nouvelles commissions, que le procureur général de Mayenne, au nom du seigneur de Goué poursuivant à ses frais, sollicitait de Monseigneur par forme d'advertissement le 15 mars 1561 , cinq ou six mois après la première supplique : cette dernière dut être prise pour une remontrance plus que hardie, et il n'y a nulle apparence que François de Guise ait fortifié les ennemis de Guy de Scépeaux le plus puissant de ses sujects, en envoyant comme ils l'en suppliaient, une lectre de recommandation audict sieur de la Rabodange par laquelle il entende le désir que vous avez que punition soit faicte desdicts accuses....

Le certificat du clergé de Landivy de 1577, nous apprend que le sieur de Mausson lui-même et non pas Rabodange, reprenait tous malfaicteurs les faisant pugnir par justice selon leur demeriz. Et nous avons de graves indices contre l'orthodoxie des officiers de la juridiction de Pontmain et d'Ernée, dès l'origine des troubles. Guy de Scépeaux ne mourut qu'en 1605, très âgé^ Il avait eu la douleur de perdre Guy III, son fils atné, duc de Beaupreau, comte de Chemillé, etc., tué en 1597^, à la

i. Il mourut peut-être au château de Mausson : nos documents nous manquent aujourd'hui.

2. Ge dut être plus tôt de quelques années, que ne le dit Mo*

tête d'un corps de troupes qu'il commandait en Poitou pour le service du roi Henri IV contre la Ligue. Voici comment le marquis de Quatrebarbes raconte cette mort digne de la verve d'un poète tragique : « Jean Le » Cornu, chevalier de l'ordre du roi, connu sous le nom » de baron de la Courbe, seigneur de Brée, Sumeraine » et de Launay Peloquin.... mourut au temps de la Li- » gue, dans un combat qui se âst entre lui et le comte » de Chemillé du nom de Scépeaulx ou ils se tuèrent tous » deux sur le qui va la estans intimes amis auparavant » cette rencontre. »

xxiii MONTAUDAIN

« Monsieur le doyen je receu présentement vos lettres par voe messaiger quant aux gentilzhommes nous n'en avons en Montaudain auchuns presens ny résidons madame de Bourgon est pour ses enfians aux quelz est la terre de Montaudain et ce tient a présent en Aniou me recommande a voz bonnes grâces priant Dieu

« Monsieur vous donnez bonne et longue vie en bonne santé ses sainctes grâces

€ De Montaudain ce lundi quart jour de febvrier 1577

« Votre serviteur a jamays

« Jacques Guerin, « Vicaire a Montaudain. »

« A recepvoir les deniers des pardons

« A Monsieur

« Monsieur le doyen

« A Montenay. »

rëri, puisque Françoise de Montesson, qui avait épousé ce même Jehan Le Cornu de la Courbe de Brée, le 13 octobre 1586, se remaria à Lanceiot de Burat le 4 juin 1594. [Annuaire de la noblesse de France, par Borel d'Hauterive, année 1863, article Montesson).

Madame de Bourgon se nommait Claude des Haies de Fontenailles, qui avait épousé très haut et très puissant seigneur René de Montécler, chevalier de Tordre du roi, capitaine de cent hommes d'armes, seigneur de Bourgon et de Montaudain, rangé du côté des catholiques et tué à la bataille de Saint-Denis, le 10 novembre 1567 : il servait dans l'armée du connétable de Montmorency. Sa veuve, à laquelle il laissait deux filles, Madeleine et Catherine, encore enfants, nous parait s'être retirée au château de la Perrière en Anjou*. On sait que l'aînée épousa le maréchal du Boisdauphin qui devint par là seigneur de Bourgon et de Montaudain (1577), et la jeune Claude de Bueil, seigneur de Courcillon, qui rendit de grands services au roi Henri IV pendant les guerres de la Ligue, fut pris et blessé au combat de Craon, et mourut en 1596, laissant six enfants de Catherine de Montécler.

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