Hauréau, N. GalL Christ. , t. xiv, p
(1). Les Rayëreset les Véronnières sont situées entre Ballots et La Roê.
Les autres témoins, à Texception pourtant de Guillaume de Parthenay, que nous voyons figurer dans une charte relative au prieuré de Fontaines, au Bas-Poitou*, nous sont inconnus.
Remarquons, en passant, la présence, très ordinaire d'ailleurs à cette époque, d'enfants^ de Técole comme témoins, ce qui prouve qu'en dehors de son infirmerie, de sa maladrerie et de son aumônerie^ Tabbaye de la Roë avait son école dès le xii^ siècle.
Cependant, les chanoines de La Roë ne demeurèrent pas longtemps paisibles possesseurs de Barillé : trente ans après la donation de Maurice de Craon, un voisin nommé Chennart^ leur contesta la possession de la moitié du moulin. Un accord eut lieu dont les stipulations sont assez curieuses : il est dit, en effet, dans la charte qui nous apprend ces détails, que chaque propriétaire aura une clef des portes à Teau du moulin et que chacun partagera par égales portions la mouture et la pêche. Toutefois, il est fait réserve au profit des chanoines d'un droit de pêche quand ils recevront un évêque, ou un abbé, ou quelque autre personne de distinction^.
Il est à croire que, par la suite, les religieux purent jouir paisiblement de leur propriété, car nous voyons dans le chartrier de La Roé une longue suite de baux qui se succèdent jusqu'en 1676. A cette époque, l'abbé commendataire, Marie-Armand de Simiane de Gordes, œnseiller
1. Ce prieuré dépendait de Tabbaye de Marmoutiers. Cfr. Marchegay, Cartulaires du Bas-Poitou, page 92.
2. On ajoutait comme témoins des enfants auxquels on dounait des soufflets et on tordait Toreille pour leur graver mieux le fait dans la mémoire et en transmettre le souvenir à une génération destinée à une plus longue existence. [Lois d^s Ripuaires, titre 59 : Baluze, note sur les Capitulaires),
3. Chartrier de La Roé, vol. 43, folio 140. (La Chennardière est aujourd'hui une ferme en Livré).
4. Ibid. « Quod si magni hospites supervenerint canonicis, episcopi scilicet aut abbates aut barones, pro tam manifesta nccessitate, piscarentur canonici .... »
du Roy en tous ses conseils, comte de Lyon, premier aumônier de la Reyne, abbé de N. D. de La Roè et Aubes en Provence, évêque de Langres et pair de France, afferma, suivant bail emphytéotique reçu par Rigault, notaire royal à Château-Gontier, le moulin et la closerie de Barillé à un sieur Julien Bedier, de Ballots.
Témoin en 1795, pendant la tourmente révolutionnaire, d'une escarmouche* qu'il n'entre point dans notre plan de raconter, le moulin de Barillé a été complètement détruit en 1885.
Quant à Poiltrée, la chapelle de ce lieu resta à la présentation des seigneurs de Craon qui en augmentèrent peu à peu le temporel, sans oublier les autres établissements fondés par leurs ancêtres dans le voisinage''^ ; ainsi,
1. « Le H brumaire dernier (an iv), escortés d'un détachement de 297 hommes sous les ordres du capitaine Lemoyne, nous sommes partis de Craon pour réquisitionner des grains et des fourrages. A Livré et à Laubrières nous avons chargé dix à douze voitures : de là nous sommes venus coucher à La Roë. Le lendemain 12 brumaire (3 novembre 1795) après avoir fait un chargement à peu près pareil, nous avons été attaqués au retour par les « chouëns » gui tenaient la campagne en très grand nombre dans Tendroit le plus dangereux de la route qui est un chemin creux au-dessus du moulin de Barillé. Après avoir été bloqués et en détresse pendant plus de deux heures, nous avons fait brèche et mis l'ennemi en fuite avec une perte de 35 à 40 hommes, ayant eu de notre côté 5 soldats tués et deux blessés. J'ai reçu moi-même dans cette affaire une balle dans un pied dont j'ai boité et marché à la force d'un bâton pendant plus de six semaines. »
(Extrait aun livre de raison de M. F. P., propriétaire à Châtelais (Maine-et-Loire), alors attaché aux Magasins militaires de la place de Craon pour le service des fmin^ages et chauffages de ladite place, sous les ordres du commandant Loustean),
2. On nous saura gré de transcrire à ce sujet la très-curieuse charte ci-dessous :
« Universis Ohristi fidelibus ad quos littere iste pervenerint, » ego Amaurricus (sic) dominus de Credonio salutem in eo qui » est salus omnium.
» Universitati vestre notum fieri volo quod ego dedi pro sa- » lute anime mee et antecessorum meorumet heredum meorum » fratribus ordinis Grandimontis manentibus in foresta mea de » Credonio in puram et perpetuam elemosinam unam plateam » in Castro meo de Peletroia in qua habebam unum hominem
dès 1216, Amaury de Craon, héritier de notre Maurice, fit donation aux religieux de La Roë du four de Poiltrée en s'interdisant le droit d'en rétablir d'autres dans la région et en créant pour les habitants des villages voisins, notamment ceux de Montauban,de la Mahugeonnerie et delà Belorceraie l'obligation d'y aller cuire leur pain*.
Par la suite, les dons des particuliers augmentèrent les revenus de la chapelle qui fut érigée en prieuré : le 16 janvier 1444, André de la Motte, paroissien de la Roé, donna une pièce de terre « o toutes et chascunes ses » appartenances » sise sur le grand étang de Poiltrée, joignant notamment d'un bout à la chaussée de Saint- Georges et d'autre bout « au chemin qui vait (sic) de » Poiltrée à la Haye de Mauny. ...»
» Et fut faite cette présente donaison. . • pour être en- » sépulture et enterré le corps dud. de la Motte, après
> qu'il aura payé son débit à nature, en la grande eglize
> de la Roë 2, et seront tenus lesdicts religieux aller » quérir le corps dud. de la Motte à Poilletrée jusqu'à sa » maison, quand il aura passé de vie à trépas 3, »
Après d'assez longues contestations, le prieur de Poil-
» liberum et quietum per totam terram meam ab omni jur[is- » dicti]one, exactione et consuetudine.... ab omnibus rébus alis » (sic) que ad me et heredes meos pertinet et etiam home in » [donatione] predicte platée habebit feodum suum in foresta » mea superius nominata.
» Actum anno incarnationis Domi M° CC<^ X® VII*». »
Parchemin scellé sur queue, scel perdu.
Au dos on lit: « De Craon, du homme franc a Poilletrie, » cote du XIV® au xv° siècle. {Archives départementales^ fonds non classé des Bons-Hommes).