J. JOUSSE
Ambroise de Montchoveau, écuyer, sgr dudit lieu, épousa Tannée suivante Louise Moreau, sœur de M. de la Béraudière, si malheureusement tué en 1590 à Mayenne par le sire de Torchamp, son ennemi personnel.
Mademoiselle de la Béraudière se nommait Louise de Feschal et avait pour frères messieurs de Thuré Louis et Jean de Feschal. Leur aïeule Jeanne Cornilleau, dame de la Béraudière en Ceaulcé, de Valleray en Saint-Ouèndes-Toits, de la Vieucourt en Ahuillé, fut mariée deux fois, une première avec messire René de Feschal, chevalier, seigneur dudit lieu et de Thuré, et une seconde avec noble Raoul de Saint-Melaine, écuyer, seigneur dudit lieu et de Bourglevesque en Simple. Valleray resta le partage de ses enfants du nom de Saint-Melaine ; Jean de Feschal son fils aîné, sgr de Thuré, garda la Vieucourt et la Béraudière. Louise de Feschal, fille de Jean et deCathe-
1. Jean Lesné, sieur de Torchamp, et ses deux âls Guillaume, sieur de Varennes et Jonas de Champeaux, noms sinistres dans rhistoire de ces temps malheureux. (Voir Le Paige, art. Ceaulcé et le récit de la Bataille de Mayenne par M. Le Fizelier. Bulletin de l'industrie de la Mayenne, III ^ pages 91 à 103). — Josias Lesné fut seigneur de Torchamp au commencement du XVII« siècle et on trouve aussi dans les titres, comme seigneurs de la même terre : Henri Lesné, époux de noble dame Anne Germond, 1707, messire Hector Lesné, 1709, François- Louis-Hector-Madeleine Lesné, époux par contrat du 8 juin 1741, de Marie-Françoise-Elisabeth de Villette, père et mère de Marie- Madeleine Lesné de Torchamp, épouse en 1713 de René-François-Jean Doisnel delà Saucerie, comte Doisnel (d'Hozier Rég.v. art VUette).
rine de la Roussière, porta cette dernière terre en mariage à François Moreau, s^ de la Poissonnière, 1545, et comme elle affectionnait beaucoup Jean Moreau, sou fils cadet, jeune homme qui s'avançait dans le parti des armes, elle fit passer sur sa tète la seigneurie de la Béraudière en faveur d'un mariage avantageux.
En 1588, au rapport de le Paige, le roi donna à Jean Moreau, seigneur de la Béraudière,une compagnie de 200 hommes de guerre à pied, que commandait auparavant le sieur de Vauluisant*. Comme à cette époque les mémoires et lettres de particuliers qui mentionnaient les faits notables défiguraient communément les noms propres, nous prenons le sieur de Vauhiisant pour le même personnage que le sieur de Villeluisant dont parle en ces termes M. le Marquis de Beauchesne : « Une commission royale « du 29 avril 1587 avait commis le château et ville de € Lassay à la garde de Louis Hurault, sieur de Villuisant, € gentilhomme du roi et mestre de camp d'infanterie. Il € était gendre de Roland de Chauvigny, seigneur de < Boisfroult, dont il avait épousé Judith, la fille aînée 2. » Or la Villeluisant avait pour oncle un des plus grands personnages de la cour, le comte de Chiverny, auquel le roi fit commandement en 1588 de se retirer dans sa maison 3, diègrâce qui lui advint à cause de ses liaisons avec les Ligueurs*. Il est permis de penser que Villeluisant eut à subir pour sa part le discrédit de son oncle. Mais comme Villeluisant n'était rien moins que Ligueur et que les oncles de sa femme, MM. de Chauvigné, avaient la confiance du roi, il rentra en faveur, du moins le peuton croire, puisqu'il était encore chargé de la défense de
i. Le Paige : Art. Oeaulcé.
2. Recherches sur le château de Lassay par M. le Marquis de BeauchesQC.