‹ Procès-verbaux et documents, Volume 5Chapitre 75 sur 106 · DOYENNÉ DE SABLÉ · texte numérisé non relu

DOYENNÉ DE SABLÉ

« Certifie Gilles Jardin, doyen de Sablé que suyvant certain commandement a luy adresse par vénérable et discrept maistre Francoys Jourdan vicaire gênerai de monseigneur levesque du Mans en dabte le 28 janvier 1577, contenant que en toulte diligence, ayons a nous informer des nobles de la nouvelle opinion qui se seroit élevés ou absente leurs logis puys quelque temps, après avoir faicte toulte diligence et deues inquisition navons trouve et nest auchun bruict ni mentions daulchuns et vivent tous pacifiquement et est le refert de nos curez et de nous. En saing de quoy avons signe ses présentes de notre seing cy mys le neufiesme jour de febvrier mil V*' septente sept. >

4c Jardin. »

La lettre du doyen de Sablé révèle naïvement pourquoi les certificats de sa juridiction ne sont pas au dossier : il garda devers lui le refert de ses curez. Cette omission nous prive de renseignements qui seraient pleins d*inté* rét sur plus de soixante paroisses de la Mayenne à partir de Saint- Yénérand de Laval jusqu'à Martigné, Chammes

1. Etude sur les misères d* Anjou, par André Joubert, 400, 401.

Célestin Port, en son Dictionnaire de l'Anjou^ t. II, p. 363, rappelle avec éloge l'œuvre de La Vallée : «.... curieuse chan- » son, dit-il, de plus de cent stances, chacune de six vers, avec » lerefraint7n'€Sf<ji<e(i'a//er, longtemps populaire eu Anjou... »

et Saint-Brice. Cependant la réserve de maître Gilles Jardin peut être regardée comme intentionnelle par les historiens qui voudront se souvenir de Tanimositi réciproque des deuK partis contraires, et de leur lutte acharnée entre Sarthe et Mayenne pendant tout le temps des guerres du commencement à la fin ; au commencement, de la part de Huguenots forcenés qui ne tardèrent pas à être payés de leur propre monnaie par Jean de Champagne et les deux de Boisjourdan* ; et à la fin, de la part des Ligueurs catholiques qui revendiquèrent, pour adhérer en sûreté de conscience aux prérogatives prétendues par les rois, des garanties inviolables contre les rescousses des hérétiques. Pour le doyen de Sablé les circonstances sont délicates, et son certificat est Tattestation modérée d'un confident qui parle tout bas pour ne pas réveiller. Des nobles, dit-il « il nest auchun « bruici ni ^nentions dauchun mais vivent tous paci- € fiquement. » Les Huguenots de ce pays, réduits au silence ou dispersés, auraient eu encore toutefois de Taudace et de la puissance : la maison de Bressault n'est pas éteinte ; celle de la Champagne du Hommet ou de Verdelles en impose par son voisinage, et la minorité des quatre enfants d'une veuve oblige à des ménagements pour les ramener ; François de Juigné, seigneur de la Broissinière et de Mollières, si mal à propos confondu avec cette famille Le Clerc de Verdelles et de Juigné, ne tient pas moins aux mêmes errements et de plusest un valeureux capitaine et hardi compagnon. Les trois du Bouchet de Villiers-Charlemagne valent à peu près feu Bressault, mais ils ont gagné le Poitou : l'un d'eux, Joachim du Bouchet, seigneur dudit Villiers, a fondé un prêche dans son château tout près du bourg et son nom parait dans les fastes militaires de Poi-

1. Avec quelque justice et moins de barbarie qu'on ne Ta voulu persuader : >/oir Les capitaines manceaux pendant tes guen-es de retigion (Revue du Maine).

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tou, du Maine et de Bretagne ; le baron de Poligné est aussi fondateur d'un prêche ; la maison de la Roussardière de Parreneau n'est pas moins fixée dans l'hérésie ; et le sieur du Brodieux des Courants de Longuefuie a laissé un nom sinistre si nos souvenirs de lecture sont fidèles. Tels étaient les principaux Huguenots qui durent être référés au doyen de Sablé. Pour les catholiques de son ressort ils y étaient en très grande majorité comme dans le reste du Bas-Maine ; par exemple monsieur d'Espinay, seigneur de Bouëre, gendre du feu maréchal de Vieilleville, Jean de Thévalles, seigneur de Thévalles etSaulges, Robert des Retours, seigneur de la Bazouge et de Chemeré, la maison d'Arquenay, Francisque de Biragues seigneur d'Entrammes, etc. Mais les catholiques ardents qui déjà s'aiguisaient pour le service de la Ligue y étaient peut-être encore plus nombreux et s'y firent un nom. Il faut mentionner : Boiçdauphin, les deux Gilbert du Puy du Fou, seigneurs barons de la Champagne de Parce, de Commeronde, Pied-du-Fou,Brée,Trancaloup, etc., Jean de Boisjourdan et Joachim de Boisjourdan, son frère^ Pierre de Goubis de Saint-Michel-de-Feins, Anselme du Buat seigneur du Teillay et de Saint-Gault, Robert Vachereau seigneur des Chenets, Boissay, etc., le seigneur de Ballée, Jean Girard et ses fils, aïeux des Girard de Charnacé, René de Saint-Remy, seigneur du Pin, de Préaux, etc., René Le Cornu seigneur de la Courbe de Brée, Launay-Peloquin, Sumeraine, etc.

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