De ces années
Coustait soixante sols en la. . .
Le sel quatre francs le bousseau On faisoit nul travail en guerre Le foing une de ces années Fut vendu trente francs la chartée Lorsque fut commencé ce papier Tout devint meilleur marché. . . *
Dans le même temps, le même prêtre annotateur rappelle les désastres que la guerre avait faits, en ces termes affligeants :
€ Que les prostrés se cachoient dans les haies et au » milieu des épines et que là ils n*étoient pas en sûreté, » que ceux parmi les gens du monde qui ne portaient » pas les armes, alloient se cacher dans les trous de la > terre^, que des édifices sacrés furent b)*ulés3, et, enfin, » que le temps étoit si malheureux que les générations » futures ne pourroient pas s'en faire une idée juste*. >
1. Ce papier f qui est le plus ancien des registres, commençait à Pâques 1580 ; mais la pièce n'est plus qu'une copie, aux chroniques de Beaulieu, par M. Tabbé Dellière, curé, mort en 1844. Malheureusement il n'a point donné la pièce textuelle, et cette note si curieuse est aujourd'hui disparue de Fétat civil.
2. Les légendes de souterrains d'un château à l'autre ont été le plus souvent occasionnées par ces cachettes : on en a trouvé à Clivoy, au Plessis de Cosmes, etc.
3. Par exemple Gossé, Beaulieu, la Dorée, etc., brûlés ou ravagés. On attribue généralement, dans nos contrées, aux luttes de ce temps là, ce refrain populaire chanté par les enfants :
Bi baon baon La guerre est à Craon De Craon à Gossé Méral est brûlé Saint-Poix sauvé.
4. Chronique de M. Dellière : même reçret que précédemment pour l'absence du texte. Le récit de M. Dellière n'eu paraît être qu'une faible analyse. Il y a quelques raisons de penser que feu M. de la Beauluère a laissé parmi ses notes une fidèle copie de la feuille si malheureusement enlevée.
DOGUMBNTS 181
EXTRAIT D*UN MÉMOIRE COMPOSÉ PAR M® ROLLAND HER*- RIER, NOTAIRE A AHUILLÉ, SUR D*ANCIENS COMPTES DE FABRIQUE DE LA PAROISSE.
1562. — « Huguenots venus dans le pays. Guerre COMMENCÉE. > Ces mots sont des titres en marge, ou manchettes, yis-à-vis desquelles le scribe rend compte à la postérité des troubles des huguenots de Craon en 1562, et des dommages causés à l'occasion de leur révolte à la fabrique d'Ahuillé. C'est l'analyse du compte que rendit, en 1564, Jean Chemineau, procureur, à noble Jehan de Launay, écuyer, seigneur de la Compaignère, à messires Jean Touillon et Guillaume Boucher, vicaires, NicoUe Cleray, prêtre, et aux notables manants de la paroisse, des dépenses et mises qui avaient été faites à partir du 9 juin 1562 jusqu'au 27 juin 1564.
« Le seigneur de la Patrière ne vouloit plus payer son » coûterêt de vin^ Il en coûta à la fabrique 9 livres 15 » sols payés touchant l'émeute des Huguenots de Craon, » ou dépensés à faire des amendes, h oster et transporter
1. Le coûterêt était de 25 pots et Pyrrhus Lenfantje seigneur en question, devait aussi un coûterêt à Téglise de Oourbeveille. Il commença d'omettre sa double obligation en 4562. Nous avons donné sa notice dans la RcixKe du jfaine. Il possédait de grands biens aux environs de Laval, notamment Vauraimbault en Montigné, la Houssaie en THuisserie, les Scépeaux et plus récemment le château du Bourgeau en Astille, maison forte détruite il y a cinquante ans, battue vers 1592 par le canon d'un prince, des hauteurs du Haut-Ghêne (tradition), et enfin la Patrière, châtellenie étendue en Courbeveille et en Ahuillé. Suivant MM. Haag, ce fut réponse de Lenfant qui Tentraîna dans rhérésie. 11 y mourut quelque peu de temps avant la fin des troubles de 1598 et sa femme revint plus tard à la religion catholique. Assez longtemps après la mort de Pyrrhus, son corps dut être exhumé de terre sainte au grand scandale des protestants qui s'en plaignirent (MM. Haag, France Protestante), Pendant qu'A courait les aventures des guerres à son grand détriment, sa maison de la Patrière fut gouvernée par son valet de chambre devenu châtelain, Mathieu Le Meignan, de la
» ce qui estoit dans leglise et autres lieux et pour des » messaigers qui estoient allés audit Craou porter et
> rapporter plusieurs lettres, touchant la composition
> que Ton avoit de leur bailler argent, mesmes pour les
> dépens et journées de ceux qui avoient porté ledit ar- » gent lequel ne fut baillé. Huit sols au messaiger qui
> apporta lettres que le seigneur de Thuré dépescha
> touchant lesdits huguenots de Craon, mesme pour en- » voyer a Vienne*. Trente trois sols furent payés a » Martin et à Guillaume Rouillet pour transport à Laval, » au sujet de Tassignation touchant la garde des portes
> dudit Laval. Quinze sols pour les peines de ceux qui
> rapportèrent les meubles et imaiges de leglise. » Rolland Herrier fait commencer la guerre « à l'époque ou Ion envoya des gardes pour les portes de Laval ^. >
maison, par sa femme Anne Domin, des derniers châtelains de Courbeveille, et qui fut enveloppé dans la disgrâce, paraît-il, de ces ardents partisans de la Ligue, avec les Durand d'Astillé, châtelains du Bourgeau. Les Meignan, famille bourgeoise du Craonnais, ont quelque idée d'être sortis de la Meignennerie de THuisserie, vieille et intéressante maison près du château de la Houssaie. Notre Lenfant, seigneur de la Houssaie, n'aurait-il point amené de là son châtelain de la Patrière, qui plus tard à la seconde Ligue (1589), disgracié, sans doute pour ses opinions, quitta la Patrière, se rangea aux Ligueurs de Oraon, et prit
g art en 1591 à l'expédition de Pierre Le Cornu contre Criqueœuf et le château de Montjean ? Il eut de nombreux enfants et dut s'habituer au Craonnais.
1. Est-ce Vienne? Le sieur de Thuré d'alors était Louis de Feschal, seiçneur dudit lieu en Chérencé, de Thuré en la Bazouge-des- Alleux, de la Ville et de Choigné en Beaulieu, de la Vieucour en Ahuillé et autres lieux. Il devait garde à la Porte- Beucheresse à cause de la Vieux-Cour. Il dut se marier, mais n'eut pas d'enfants : son frère Jean lui succéda en 1567 et n'eut qu'une fille, mariée à Brandelis de Champagne, marquis de Villaines. Louis de Feschal s'était distingué dans les troupes du maréchal de Vieilleville. Les de Saint-Melaine étaient proches parents des sieurs de Thuré à cause d'une çrand'mère commune, Jeanne de Cornilleau, femme en secondes noces de Raoul de Saint-Melaine, seigneur du Bourglévêque.
2. Il est pour nous indubitable .que ces faits se passèrent de juin à septembre 1562 : on sait que Puygaillard, venu à Craon, régla ces bandes qui se répandaient jusqu'aux portes de Laval.
Malheureusement, la chronique d*Âhuillé ne donne plus rien depuis 1564 jusqu'en 1584, attendu que maitre Herrier trouva les feuilles de ces années pourries, elles tombèrent en poussière dans ses mains, et il n'avait pu lire que très diflScilement sur les premières ce qu'on vient de voir.
1584. — « Recours a monsieur de Criquebeuf. » € Reddition de compte de la part du procureur de fabri- » que à messire Michel Touillon, curé, aux prêtres et » aux habitants, de ce qu'il en coûta aux messaigers qui
> étoient allés en différentes paroisses découvrir les gens
> de guerre, même trente sols pour le transport des » sieurs curé et notaire au château de Montjean pour
> avoir lettres de monsieur de Cricquebeuf, a défaut d'un
> capitaine de la compaignere qui estoit à Launay^ et » pour le port de ladite lettre. ...»
1585. — Contagion, au mois de janvier-.
1587. — Guerre. Présents faits au gouverneur et échevins de Laval en l'année 1587-1 Jean Bardoul, le procureur fabricier, expose la dépense faite, pour ceux qui allèrent au devant des gensdarmes pour les décourvrir et détourner^,
1587. — Jean Hacquin, le procureur suivant, demanda à messire César de Launay, seigneur de la Compaignere, en présence de messire Michel Touillon, curé, Jean Moreau, prêtre segretain et les notables paroissiens, qu*on lui tint compte de la dépense faite a cause des susdits